Parmi tous les commentaires à deux balles lus ces derniers temps dans la presse, on peut citer celui de la sociologue Monique Pinçon-Charlot dans le magazine
Elle.
"(...) Aujourd'hui, le vélo va aussi de pair avec la volonté de s'approprier la ville et de cultiver une certaine convivialité : les cyclistes se retrouvent aux feux, discutent, s'entraident. Il y aura sûrement des coups de foudre à Vélib' et Bertrand Delanoë mariera les couples."
On pourrait objecter qu'il n'y a là riend de spécifique au vélo. Dans le métro aussi, les usagers de retrouvent (serrés de près), discutent (le plus souvent pour s'engueuler, les cyclistes connaissent ça aussi) et s'entraident (du moins quand les voyageurs avachis daignent se lever pour céder la place à une femme enceinte ou un papi bien amorti). Quant aux coups de foudre, qui n'a jamais lu dans Libé une petite annonce du genre :
"Ligne 4, mardi 16h00, toi, brune vêtue d'un pull à col roulé beige, moi, lisant Libé. Malgré la forte odeur de transpi du type assis à côté, j'ai aimé ton parfum. Envie de le sentir à nouveau".
En attendant de voir si, comme le pressent Monique Pinçon-Charlot, le Vélib fera de la concurrence à Meetic, force est de constater qu'il favorise les discussions et les rencontres. Un exemple de cette nouvelle forme de convivialité, le site internet
Velib-pourri, qui permet d'échanger les expériences et de se faire des potes de galère. Une façon comme une autre de créer du lien social et de sortir de la solitude dans laquelle l'environnement urbain cantonne souvent les individus à l'ère post-industrielle.
Alors, vive Vélib !