Le Perroquet Libéré

"Je vous demande d'être des citoyens actifs et de nous dire ce qui ne va pas" (Bertrand Delanoë)

Accueil Accueil    Envoyer à un ami Envoyer à un ami    Version imprimable Version imprimable    Augmenter la taille du texte Augmenter la taille du texte    Diminuer la taille du texte Diminuer la taille du texte

Beaucoup de candidates, mais combien d'élues ?

Les femmes n'ont jamais été aussi nombreuses à se présenter aux élections législatives à Paris. Mais, la plupart des 52 candidates présentées par les partis politiques ont été envoyées dans des circonscriptions difficilement gagnables...



DR
DR
La parité est à la mode à Paris.

D'habitude peu enclins à appliquer les quotas qu'ils ont imposé par la loi, les partis politiques ont cette fois fait un effort pour faire une place aux femmes.

Preuve sans doute que les temps changent et que leur présence se banalise, on trouve en effet des femmes sous à peu près toutes les bannières. Beaucoup dans les petites formations, bien sûr, car elles n'ont pas les moyens de payer les amendes imposées aux partis politiques qui ne se conforment pas à la loi sur la parité : aussi les candidats de Génération Ecologie, du Parti Humaniste, du Parti des Travailleurs ou de la Gauche Alternative sont-ils souvent des candidates. Mais pas seulement puisque le Modem de Bayrou présente 12 femmes pour 21 circonscriptions, devant les Verts et le PCF qui avancent 11 candidates et le PS et l'UMP qui ont chacun investi 9 candidatures féminines.

Dans certaines circonscriptions, ces dames sont d'ailleurs en majorité. C'est le cas dans la 10ème circonscription où pas moins de neuf candidates sont en lice. L'UMP Véronique Vasseur sera ainsi opposée à la candidate du Front National, Monique Raison, à celle des Verts, Florence Lamblin, à celle du Modem, l'ex-Verte Danièle Auffray, et aussi à la représentante de la Gauche Alternative, Elodie Vieille Blanchard, à Odile Bonnivard -qui s'est fait connaître cet hiver pour ses talents de cantinière avec sa soupe au cochon-, qui se présente sous l'étiquette du Bloc Identitaire, à la communiste Clara Mariette et à la candidate "humaniste" Thérèse Néroud.

Mais, s'il y a sans doute matière à se réjouir que les femmes aspirent davantage à des mandats électifs, il convient de ne pas se laisser tromper par les apparences. En effet, les grands partis ont certes fini par se laisser convaincre de donner l'investiture à des femmes mais ils ont une fâcheuse tendance à les envoyer au casse-pipe en les présentant dans les circonscriptions les plus difficilement gagnables. Etiquetées "minorités visibles" par l'UMP, Lynda Asmani et Jeannette Bougrab ont en effet peu de chances de l'emporter dans les 5ème et 18ème circonscription, ancrées à gauche, dont les électeurs ont massivement voté pour Ségolène Royal à l'élection présidentielle. De même, dans la 4ème circonscription, la socialiste Corine Barlis n'a guère d'espoir de battre le sortant UMP, Pierre Lellouche. La palme du désintéressement revenant sans aucun doute à Ghislaine Salmat, candidate du parti socialiste face à Bernard Debré dans la 15ème circonscription, située dans le nord du 16ème, un arrondissement qui a voté à plus de 80% pour Nicolas Sarkozy le 6 mai dernier...

Au final, un petit quart seulement des 21 circonscriptions parisiennes devraient envoyer une femme au Palais-Bourbon. De quoi s'interroger sur la méthode de la parité qui consiste à introduire un quota pour parvenir au renouvellement de la classe politique au lieu de mettre en oeuvre un système de mandat unique qui aboutirait mécaniquement à l'émergence de nouveaux profils sans renier la promotion au mérite et à la compétence. On réfléchira donc à deux fois avant de dire, comme Ségolène Royal avant son naufrage présidentiel, que "le temps des femmes est venu à Paris".

A moins qu'il faille attendre 2008...

Mercredi 23 Mai 2007
Lu 3694 fois


Dans la même rubrique :

Perroquet : quès aco? | Le Perroquet Masqué | La vie à Paris | Paris roule-t-il ? | Bêtisier | Plumes acérées | Citoyens actifs | Scoops | Législatives 2007 | Communiqué