Le Perroquet Libéré

"Je vous demande d'être des citoyens actifs et de nous dire ce qui ne va pas" (Bertrand Delanoë)

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Croix Catelan : épilogue d'une mascarade politico-financière

En offrant à son grand ami du CAC40 - le milliardaire Lagardère -, le site sportif de la Croix Catelan, jusqu'alors occupé par l'un des plus célèbres clubs omnisports européens – l'association Racing Club de France -, Bertrand Delanoë pensait peut-être servir l'intérêt général. Si les Parisiens en doutaient, ils en ont aujourd'hui la confirmation, puisque la possible mise sur le carreau de la centaine d'employés des 17 sections sportives du Racing se précise.



5000 enfants sacrifiés sur l'autel d'une connivence politico-financière ?
5000 enfants sacrifiés sur l'autel d'une connivence politico-financière ?
En effet, définitivement privé de sa principale source de financement, les cotisations des membres de la Croix Catelan, qui dégageaient 7 millions d'euros de bénéfices annuels affectés aux sections sportives, le Racing vient d'annoncer ce qu'il a toujours dit qu'il serait contraint de faire : fermer les sections sportives. Les 5000 enfants de la région parisienne qui profitaient de cet encadrement exceptionnel seraient donc, avec cette charrette de licenciements, les grandes victimes de ce petit arrangement.

Pour mémoire, lors du renouvellement de la concession, au cours d'une procédure qui n'avait de transparente que le nom, Lagardère s'était engagé à reprendre l'ensemble des sections, selon plusieurs témoins dont Pascal Cherki, l'adjoint aux sports. Heureusement pour lui, son ami Bertrand n'a rendu public aucun des documents qui pourraient en attester formellement : ni son dossier de candidature, ni la retranscription de son audition devant la commission des élus en charge de se prononcer sur les candidatures, ni même le document administratif d'évaluation des ces candidatures (Lire notre article Le Perroquet réclame à la mairie le document manquant). Malheureusement, quelques interviews accordées à la presse (comme le Monde du 1er juin) rappellent cet engagement. Mais depuis, le Goliath des médias n'a cessé de faire gonfler les conditions de cette reprise auprès du petit Racing, jusqu'à demander la mainmise sur son patrimoine immobilier – deux immeubles parisiens de la rue Eblé et de la rue de Saussure - sur une durée de 20 à 40 ans.

Mais l'attitude conjuguée de la Mairie de Paris et de Lagardère, opportunément relayés par des présidents de sections sportives qui ont un pistolet sur la tempe et dont les positions ont varié dans des proportions telles qu'ils en deviennent inaudibles (lire les déclarations contradictoires de Marc Fortier Beaulieu ; lire le courrier de soutien de l'ensemble des présidents), est proprement sidérante. A les entendre, c'est aujourd'hui le Racing qui est accusé de prendre des enfants en otage ! Dépouillé de sa source de financement, contraint de se couper de ce qui a été sa raison d'être pendant des décennies, le Racing devrait en plus brader son patrimoine et dire merci !

En effet, l'équipe Lagardère a soumis au Racing un document « non négociable » intitulé « projet du RCF sur l'avenir de ses sections sportives » qui non seulement ne donne aucune garantie aux sections sportives sur la durée mais en plus « met à la disposition des SASP du groupe Lagardère, les sites parisiens du Racing ». En d'autres termes, un chèque en blanc assorti d'une OPA, soit deux pratiques qui n'étonnent guère de la part d'un grand groupe privé. Et encore, dans une OPA, il faut payer le prix. Mais quand on a des copains, c'est autre chose.

C'est aujourd'hui à l'adjoint aux sports de la ville de Paris, M. Cherki, à Bertrand Delanoë et à l'ensemble de la droite parisienne, qui a unanimement soutenu le projet de celui qui se trouve être aussi un bon ami de Nicolas Sarkozy, d'expliquer aux parisiens en quoi le sport et la moralité publique sortent grandis de cette nouvelle mascarade politico-financière.

Lundi 23 Octobre 2006
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