Dans votre article en ligne en date du 1er août,
Quand certains citoyens sont plus égaux que les autres..., vous commentez le billet d'humeur posté sur notre blog en date du 3 juillet,
Rencontre avec la municipalité parisienne. Nous vous remercions de votre intérêt. Pouvons-nous revenir sur quelques passages de votre commentaire ?
1. VOTRE ARTICLE, ASSEZ BREF, COMMENCE PAR LA PHRASE SUIVANTE :
«Un blog associatif gay évoque les coulisses du soutien systématique apporté par la mairie de Paris au mouvement associatif homosexuel».
1.1. C'est quoi, un
«blog gay» ? Pour notre part, nous nous définissons comme un
«mouvement civique pour l'action & la réflexion sur les questions noires, métisses & LGBT en France ultramarine & hexagonale» (LGBT : lesbiennes, gaies, bi & trans). Pas (seulement) comme un mouvement gay ou LGBT. Et puis, est-il besoin d'être noirE, métisSE ou LGBT pour s'intéresser aux questions noires, métisses ou LGBT ?
1.2. L'expression de
«soutien systématique», que vous employez, relève en réalité de votre liberté d'appréciation et il nous serait agréable que vous reconnaissiez qu'elle ne correspond ni à la lettre, ni à l'esprit de notre billet du 3 juillet. Notre blog lui-même que vous citez, plus largement nos communications, formulent assez de reproches au maire de Paris (qu'il inaugure une place Jean-Paul-II ou qu'il garde le silence sur les propos homophobes, religieux et populistes, de son homologue Raymond Occolier, maire socialiste du Vauclin). En outre, notre billet du 3 juillet rapporte cette donnée statistique fournie par Madame de la Gontrie, indiquant que seuls les deux tiers des demandes de subvention déposées en 2006 par les associations LGBT parisiennes sont, en tout ou partie, satisfaits : les deux tiers, ce ne sont pas les 100% qui ressortiraient d'un soutien
«systématique». Encore cette donnée ne porte-t-elle que sur un ensemble de trente ou quelque demandes, à comparer aux quelque 5.000 demandes de subvention déposées en 2006 par l'ensemble des associations parisiennes ; trente sur 5.000, c'est 0,6%, c'est largement moins que les quelque 10% de personnes LGBT qui habitent selon nous Paris : on est loin d'un
«système» pro-LGBT.
2. VOTRE ARTICLE SE POURSUIT AINSI :
«Réception en grande pompe aux frais du contribuable de militants venus souhaiter à la municipalité un vote heureux pour 2008, satisfaction devant le taux de subventions accordées aux associations gay (2 sur 3, contre 1 sur 2 pour l'ensemble des associations), promesses d'appartements attribués selon des critères pour le moins flous...»
2.1.
«Réception en grande pompe» ? Si vous tirez cela de notre billet du 3 juillet, vous en faites une lecture bien poussée qui, de nouveau, ne correspond ni à son esprit, ni à sa lettre. Nous parlons uniquement, sur un ton badin, d'un «très bon coquetel». Nous n'évoquons rien de somptuaire : juste l'ordinaire, agréable il est vrai mais guère luxueux, d'une réception d'associations dans une mairie française. Auriez-vous souhaité qu'on nous reçoive sans civilité ?
2.2.
«Satisfaction devant le taux de subventions» accordées aux associations LGBT ? 66% de satisfaction sur un échantillon de 30, contre 50% sur un échantillon de 5.000 : n'importe quel statisticien vous dira que ces échantillons sont trop disparates pour qu'il soit légitime de conclure, sur la seule base de ces données, à l'inégalité de traitement que vous pointez implicitement. Vous pourriez tout aussi bien, à ce compte, et de manière tout aussi illégitime, considérer que les dossiers des associations LGBT sont tout simplement d'une meilleure qualité que les autres.
2.3.
«Promesses d'appartements attribués selon des critères pour le moins flous» ? Vous devez confondre avec les années Chirac ! De nouveau, ce jugement relève de votre liberté d'appréciation et il nous paraît étrange que vous le présentiez comme s'appuyant, en toute objectivité, sur notre billet du 3 juillet, alors qu'il ne correspond ni à sa lettre, ni à son esprit. Bien au contraire, notre billet du 3 juillet reprend explicitement le propos de Madame de la Gontrie qui visait
«les jeunes LGBT à la rue et en danger de recourir à la prostitution» (soit quatre critères parfaitement clairs et précis, parfaitement opportuns, puisque les jeunes LGBT mis à la porte par leurs parents doivent souvent se débrouiller seulEs et sont, parfois, dans une situation qui les conduit à choisir entre la rue, avec la violence que cela suppose, ou la prostitution, avec les risques que cela implique, quand ils ne doivent pas subir les deux). Ce propos répond parfaitement à notre expérience de terrain : notre association n'existe pas depuis quatre mois qu'elle doit déjà nourrir, loger et blanchir, sur ses deniers propres, deux jeunes en situation de rupture familiale pour lesquels aucune structure publique ou associative n'existe à ce jour. Nous avons certes des désaccords avec la marie de Paris, exprimés, dans le billet d'humeur que vous commentez, sur le ton propre à un billet d'humeur ; pour autant, nous devons à la vérité de reconnaître que globalement, depuis 2001, les personnes LGBT parisiennes sont passées de l'ombre à la lumière et ont, enfin, accédé à une dignité et à une reconnaissance qui leur avaient été trop longtemps déniées.
3. AU TERME DE CE RETOUR SUR VOTRE COMMENTAIRE DE NOTRE BILLET DU 3 JUILLET, il nous paraît nécessaire d'interroger le titre même de votre article :
«Quand certains citoyens sont plus égaux que les autres...» Parlez-vous des citoyenNEs hétérosexuelLEs qui ont le droit de se marier ? d'adopter des enfants ? qui ne sont jamais jetéEs à la rue, en pleine jeunesse, par leurs parents, pour motif d'orientation sexuelle ou d'identité de genre non conforme ? Votre ton, parfois revigorant quand il alimente cet art bien français de la polémique, devient attristant quand vous nous prêtez abusivement les jugements qui sont les vôtres pour mieux leur donner une apparence d'objectivité. Vous vous présentez comme une
«newsletter impertinente sur l'actualité parisienne» : l'impertinence, ce n'est pas le manque de pertinence.
Sincèrement,
Pour la commission politique de Tjenbé Rèd,
le secrétaire général,
David Auerbach Chiffrin