Le Perroquet Libéré

"Je vous demande d'être des citoyens actifs et de nous dire ce qui ne va pas" (Bertrand Delanoë)

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Débat sur la circulation à Paris : 3ème round

Personnellement mis en cause par la réponse d'Yves Boutry, le lecteur du Perroquet Libéré qui avait témoigné de son calvaire quotidien en tant qu'automobiliste (voir "L'enfer vert"), a demandé à se défendre. Quand les élus affronteront-ils l'épineuse question des difficultés de circulation qui dresse les Parisiens les uns contre les autres ?



Réponse à M. Boutry

Ah le brave garçon que voilà ! Merci M. Boutry de votre réponse. Vous dites : administrateur à la RATP (« Rentre Avec Tes Pieds » ou « Reste Assis T'es Payé » en jours de grève… tiens ça me rappelle l'actualité) et membre du Conseil de quartier. Je le vois plutôt membre d'un Comité de Salut impublic pro-révolutionnaire, tant les propos désaxés de M. Boutry traduisent sans ambages son ancrage politique d'extrême-gauche. A un article technique, factuel, voici la réponse d'un illuminé de la lutte des classes : "Faut assumer l'avenue Foch, cher Directeur financier", "notre directeur financier du 16ème", "poser mes fesses sur MON coussin de cuir"…écrit-il etc… ref, une réponse à côté de la plaque, caricaturale, d'un autre temps… Ce style n'est pas anodin : ce serait une erreur de penser que derrière l'élu écologiste il y a une jolie fleur bleue qui pousse et un vrai souci environnemental : derrière l'idéologisme forcené et dogmatique de MM. Baupin et consorts, il y a bien la résurgence d'une haine profonde, la mise en exergue de la lutte des classes, la violence totalitaire d'une minorité post soixante huitarde qui veut imposer sa loi et sa conception de la société. Je vais donc lui répondre point par point.

Le stationnement résident, le vélo

(droits réservés)
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Tout d'abord, parlons du stationnement résident et du vélo.

Cher M. Boutry, contrairement à ce que vous avancez, je songe bien au vélo pour me rendre à mon bureau. Pas toujours évident, car j'emporte souvent du travail chez moi (vous devez sûrement ignorer ce genre d'inconvénient en tant qu'administrateur de la RATP), mais bref…pourquoi pas, sur un vélo avec en bandoulière l'ordinateur et les classeurs... C'est oublier que M. Delanoë pratique une politique de stationnement résident absolument débile. Effectivement, pour 10 Euros par mois, je laisserais volontiers mon véhicule en bas de chez moi, mais je ne peux pas car il est immatriculé 92, le véhicule étant immatriculé au nom de l'entreprise. Achhh Gross malheur !! Me voici avec un véhicule d'entreprise…sale canaille capitaliste que je suis, à brûler immédiatement sur le bûcher social du moment… ! Pauvres débiles ! Les entreprises préfèrent aujourd'hui rémunérer leurs cadres avec ce type de véhicule (avec une participation aux frais des salariés règlementée très strictement par la loi). Je serais curieux de savoir ce que notre maire et ses adjoints payent effectivement de leur poche pour leurs voitures de fonction... Il y a d'ailleurs régulièrement dans le périmètre de la rue Lalo/Marbeau, des véhicules de fonction d'une association liée à la mairie de Paris-dont je tairai le nom- qui ne stationnent pas vraiment au parking municipal et prennent les places des riverains (ça s'appelle pas vraiment donner l'exemple !).

Bref, M. Boutry, agissons d'abord pour que le stationnement résident soit ouvert à tous ceux qui « habitent » Paris, payent les impôts locaux et parmi ceux-ci la taxe d'habitation… J'en fais partie. On parle bien de stationnement « résident »oui ou non ? Paris fait figure d'exception en n'accordant ce statut qu'aux véhicules immatriculés 75 au lieu de l'accorder aux véhicules des résidents ! Sinon, à 2 Euros de l'heure, oui c'est bel et bien du racket !

Les transports en commun

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Pas de problème non plus pour les transports en commun. J'ai pratiqué et je pratique encore. Vos propos sont tout à fait déplacés quand vous écrivez "Je suis directeur financier, moi, les enquêtes ont bien montré qu'avec mes revenus, et même si mes lieux d'origine et de destination sont tres bien desservis par le métro, le bus, ou le RER (il y a tout ça Porte Dauphine), je n'utilise pas, mossieur, les transports en commun..."

Ce que vous ignorez, c'est qu'aux heures où je sors du bureau (20h30 -21h00), je mets environ 1 heure pour rejoindre mon domicile si je prends les transports en commun. Ah, ça ne doit pas vous arriver souvent en tant qu'administrateur de la RATP… Je vous imagine volontiers dès 17 heures l'œil hagard rivé sur la pendule et vers 17 heures 30 déjà dans vos pantoufles ...

Vous voyez M. Boutry, c'est cela la différence entre les fonctionnaires aux 35 heures (voire moins) (j'ai travaillé en audit de service public et je sais de quoi je parle) et les personnes qui travaillent. Au lieu d'exciter votre chiffon rouge socialo-communiste d'un autre âge, vous oubliez tout simplement que les 35 heures ont créé dans les entreprises une vraie fracture : il y a ceux qui peuvent faire 35 heures et ceux (les cadres notamment, mais pas seulement) qui ne peuvent pas et qui compensent. Et qui dit compenser dit rentrer tard... et plus de temps pour les enfants…

L'analyse de la réduction du temps de travail faite au niveau des services n'a très souvent pas permis de libérer la création d'un poste supplémentaire. Résultat : additionnez ces cas service par service et vous constaterez que les cadres paient le prix fort en termes de temps de travail et rentrent à des heures indues. Vous comprendrez alors seulement la différence entre rentrer vers 18h – 18h30 et rentrer vers 21 heures. Avec ma voiture, à cette heure-ci, je mets 20 minutes…où plutôt, je mettais 20 minutes. De quoi ménager encore un peu de temps pour ses enfants… Grâce à la politique de Delanoë (un autre jour, je vous parlerais des aides à l'enfance et de leur évolution), je tourne entre 30 et 40 minutes en plus du trajet normal…et je devrais fermer ma gueule ?

Le civisme

Oui je suis contre ceux qui stationnent sur les places pour handicapés. Oui je suis contre ceux qui bloquent les sorties d'écoles… Oui je suis contre les 4x4 pollueurs et qui souvent se croient tout permis …et je vous rejoins sur ce point, mais de grâce, M. Boutry, rengainez vos caricatures sociales grotesques quand vous scribouillez "Qui encombre tous les jours les entrées et sorties des écoles de l'arrondissement avec des monstres haut perchés sur 4 roues ?", car je n'appartiens pas à cette catégorie. Ne dénigrez pas le civisme avec votre air d'enfant modèle écolo-naturiste quand vous raillez "Oh mais si, je vais lui répondre à ce pauvre directeur financier, si honnête, qui n'a jamais perdu un seul point de permis de conduire, qui ne se gare jamais, au grand jamais, sur une place handicapé…" Le civisme est la base de notre société.

Quand à la problématique du Boulevard Marbeau (et de bien d'autres rues qui sont maintenant condamnées pour la circulation), là où j'avais garé mon véhicule (voie auparavant ouverte au stationnement), il faut ici mentionner la dernière trouvaille de l'administration en termes d'inadéquation des services publics par rapport aux besoins. La fermeture de ces voies au stationnement est tout simplement liée au passage des camions pompiers aux nouvelles normes, normes qui ont bien sût été définies au niveau national, sans prendre en compte bien évidemment les spécificités des villes, notamment dans les quartier anciens…

D'autre part, pour le cas de Boulevard Marbeau, un véhicule pompier peut tout à fait passer par le terre-plein qui est parallèle. Enfin et pour conclure, de toute façon cette rue est trop étroite, même avec un stationnement interdit pour laisser passer ces camions d'un nouveau genre. Le civisme est une règle pour les citoyens, mais qu'en est-il quand la collectivité fait n'importe quoi ? Pour être respecté, il faut être respectable !

Je terminerai avec les stationnements longitudinaux. Voilà de l'idéologie pure, du pur dogmatisme bon teint. Là où vous pouviez garer (même avec l'existence d'une piste cyclable) 3 voitures et rendre ainsi la coexistence vélo/voiture possible, rendre obligatoire le stationnement longitudinal divise par 3 le nombre de places pour se garer.

Utilité : aucune, mais ça leur fait tellement plaisir …à nos amis écologistes !

M. Boutry et la lutte des classes

(droits réservés)
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Je suis surpris que M. Boutry habite le 16ème et vienne aux comités de quartier, quand on voit sa vision caricaturale grotesque des habitants du 16ème. Je lui retourne la réplique comme il l'écrit que "la place que prend son véhicule n'est pas un dû, qu'il a bien de la chance d'habiter à Paris et d'avoir en bas de chez lui des alternatives à l'utilisation de son véhicule,
que bien des lointains banlieusards qui, eux, n'ont pas la chance d'être si bien desservis l'envient…"
Mais c'est bien pourtant un habitant du 16ème avec voiture quand il écrit "signé : un habitant du 16ème, qui possède ses 12 points et une voiture (petite : une clio!)", une Clio petite, ça c'est un argument, t'as raison mon pote, ça ça fait bien social et pauvre...

Je pense plutôt que M. Boutry est doté d'un parking et qu'il ne connaît donc pas les problèmes de ceux qui n'en ont pas, ou qu'il rentre très tôt (pas de pb pour trouver une place à 18 heures) ou qu'il a une botte secrète…

Faute d'argument technique, on invoque la haine sociale…on s'étonne ensuite que les banlieues flambent… . M. Boutry ne répond pas, il excite la mouche, il polémique, il agresse, il manipule l'ironie sociale écrivant "quand je rentre chaque soir chez moi, dans mon quartier déshérité de l'avenue Foch". Au fait, M. Boutry, vous habitez le quartier déshérité de Passy ou la banlieue misérable d'Auteuil… ? L'argument écologique est dévoyé en argument social-sectaire.

Là où vous errez dans l'ignorance de la réalité la plus simple, c'est dans votre esprit communiste (au fait, si on doutait encore de la couleur de l'administration de la RATP… c'est chose faite) : la politique abusive de suppression du stationnement aboutit à faire partir les familles de Paris …. au profit de qui … ? des plus riches bien sûr, ceux qui ont un parking. Je ne vous raconte pas l'explosion du prix des parkings dans les environs depuis quelques mois. Paris sera bientôt une ville sans familles. Au fait vos enfants ont quel âge ? Parce qu'avec une poussette, un lit pliant et tout le nécessaire des parents, c'est pas top dans le métro…je vous l'assure. Paris sera bientôt réservé à ceux qui ont l'argent pour avoir des parkings grâce à la politique pseudo-sociale de nos élus vert-rouge. Un comble !

Pour conclure...

Votre politique pue, M. Boutry.

Elle pue l'insolence, elle transpire la lutte des classes, l'agit-prop si chère à vos amis d'extrême-gauche, de l'irrespect, de la volonté forcenée de nuire aux familles, bref d'une conception post-soixante-huitarde d'un autre âge. Nul ne remet en cause la nécessité d'un espace partagé par tous.

Vous voyez, il y a des points sur lesquels nous sommes d'accord : le vélo, les pistes cyclables, lutter contre le stationnement sauvage qui empêche les services publics de passer, l'irrespect… mais je suis fondamentalement contre vos méthodes de fasciste rose-vert qui consiste à tout inverser d'un seul coup, au détriment de ceux qui n'ont pas les moyens (c'est mon cas) de s'offrir des parkings. Il n'y a pas que des "vilains bourgeois très riches et très méchants et très capitalistes" dans le 16ème… il y a aussi des jeunes parents, qui ne sont pas des fils à papa, endettés comme beaucoup de Français pour l'acquisition de leur résidence principale. Mon grand-père était paysan, mon père professeur, et je les respecte infiniment. Je ne suis pas la caricature du bourge que vous décrivez… Je souhaite seulement pouvoir consacrer un peu de temps à mes enfants.

Oui, M. Boutry, j'ai le respect de l'environnement, j'ai le souci de laisser une planète plus propre à ma fille, du civisme, mais je crois aussi aux vertus de la tolérance. Au "tout-voiture" pratiqué auparavant, on ne peut pas substituer un "zéro voiture" tout aussi idéologique et confiscatoire. Vos idées sont aussi l'expression même d'une illusion sociale, celle des magnifiques 35 heures, de l'ère des loisirs, des lois Aubry, du Paris/Palavas-les-flots au détriment de la France qui bosse, des cadres qui tiennent les entreprises à bout de bras. Mais, pouvez-vous entendre et comprendre cette réalité…

J'en doute.

Mardi 22 Novembre 2005
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