Observatoire indépendant d'information et de réflexion sur le communautarisme, la laïcité, les discriminations et le racisme
|
Delanoë ne supporte plus les tentesLa veille de l'ouverture de Paris-Plage, le maire de Paris a décidé de déloger les SDF des bords de Seine.
Il est interdit de camper sur la plage municipale (DR)
On ne le sait pas assez, mais l'été est une période difficile pour les SDF qui pâtissent à la fois d'une moindre attention envers leur situation dramatique et de la fermeture de nombreuses structures où ils sont accueillis pendant les périodes de grand froid.
Cette année, à Paris, cette indifférence estivale a fait place à une attitude brutale à leur égard. En effet, ceux qui avaient pris l'habitude de survivre dans des tentes distribuées par l'association Médecins du Monde ont été vertement priés d'aller se faire voir ailleurs par le maire de Paris. A la veille de l'ouverture de Paris-Plage, Bertrand Delanoë a annoncé qu'il allait les déloger dans un communiqué qui est un modèle d'hypocrisie (voir ci-dessous). Il ne manquerait plus en effet que tous ces gueux viennent gâcher un événement qui est depuis 2002 le point d'orgue des festivités municipales (et de la communication qui en découle...). Pas question que ces clodos empêchent les gentils bobos de déambuler sur les quais à roller ou en vélo. Mais, attention, en cédant aux injonctions des riverains, le maire de Paris ne veut pas pour autant passer pour un édile réactionnaire et cynique. C'est pourquoi il insiste bien sur le fait que cette opération de nettoyage des plages sera "humaine et ferme". Un humanisme que les SDF concernés apprécieront sans doute. Pour le maire c'est tout bénéf : il se fait bien voir de l'électorat de droite (sur les bords de Seine, le prix de l'immobilier dépasse 10.000 euros le mètre carré) sur le dos des SDF qui, de toutes façons, ne votent pas. En tous cas, les sans-abri délogés se souviendront longtemps de l'été 2006 car, quelques jours après avoir été stigmatisés par le maire de Paris, certains d'entre eux ont vu leur tente incendiée dans le 10ème arrondissement. Vae Victis... On ne peut pas nier à ce point la réalité : malgré un maire socialiste, Paris n'est pas "poor-friendly" et il faut regarder en face ce que révèle la multiplication des tentes sous les ponts de Paris et sur les quais. La difficulté de régler la question des sans-abri à laquelle Lionel Jospin, l'idole de Delanoë, ne répondait que par un slogan inepte ("Zéro SDF en 2007") et le caractère intenable de l'immigration clandestine célébrée de façon irresponsable par les alliés écolos et comunistes du maire de Paris. On ne peut pas gagner sur tous les tableaux : virer les pauvres pour éviter qu'ils gâchent la fête avec leur misère et leur saleté tout en se présentant comme un maire de gauche exemplaire et compatissant devant la détresse sociale. Comme quoi cette affaire, qui écorne sérieusement l'image du maire, a quelque chose de moral. --------------------------------
19/07/2006
Communiqué de Bertrand Delanoë, Maire de Paris Par M. Bertrand DELANOË De longue date, la Mairie de Paris se préoccupe de l'accroissement du nombre de sans abri dans la capitale. Ces personnes ont tendance, depuis quelques mois, à se regrouper sous des tentes, ce qui les rend plus visibles aux yeux de tous et crée souvent une gêne objective pour les riverains. Le problème, on le sait, résulte de la précarité qui s'accentue depuis 2003, comme l'a mesuré l'Observatoire national de la pauvreté, partout en France et notamment à Paris où convergent de très nombreux migrants en quête d'un sort meilleur. A plusieurs reprises, le maire de Paris a alerté les autorités de l'Etat, dont c'est la compétence, sur le besoin urgent de combler l'insuffisance criante des réponses sociales apportées aux personnes sans domicile. Le déficit est estimé à quelque 5.000 places d'hébergement en Ile de France. La moitié de la capacité existante dans la région est concentrée à Paris : il est temps qu'un plan volontariste permette de créer en grand nombre, en les répartissant sur le territoire régional, à la fois des places d'hébergement au long cours pour des personnes très désocialisées, et des places d'hébergement à plus court terme. Par ailleurs, il est impératif que l'Etat fasse respecter partout en banlieue les obligations de construction de logement social prévues par la loi, car trop de résidents de centres d'hébergement sont contraints d'y rester faute de logements sociaux. Le maire de Paris est convaincu qu'il faut améliorer aussi la qualité de l'offre d'hébergement, ouvrir des centres dans la journée pour permettre un accompagnement social efficace, et les faire fonctionner toute l'année. Au-delà du plan d'humanisation des centres d'hébergement en cours, auquel la Ville participe, la municipalité est prête à poursuivre ses efforts en ce sens pour que les personnes sans abri acceptent mieux les solutions d'hébergement disponibles. La canicule qui sévit à Paris depuis quelques jours accroît les risques sanitaires encourus par les sans abri, notamment sous des tentes dressées en plein soleil. Par ailleurs, elle met davantage en évidence le fait que l'espace public doit être accessible à tous, dans un partage aussi harmonieux que possible, et qu'il convient de restreindre les comportements contraires à cet objectif. Pour ces deux raisons, la Mairie de Paris a décidé de conjuguer les efforts de ses services, notamment l'Unité d'Aide aux Sans Abris de la Direction de la protection et de la prévention, et ceux des associations humanitaires, de façon à engager, sur des sites de regroupements importants de personnes sans abri, une démarche à la fois humaine et ferme pour les convaincre de se déplacer et notamment d'accepter des solutions concrètes d'hébergement. Lundi 24 Juillet 2006
Lu 13181 fois
Nouveau commentaire :
Dans la même rubrique :
La République en danger - 04/03/2008Paris est-il toujours Paris ? - 04/01/2008Thomas Dutronc : 'J'aime plus Paris' - 03/01/2008La conquête de l'Ouest - 27/11/2007Les transsexuels parisiens exclu(e)s de la politique sanitaire et sociale de la Ville ? - 04/11/2007Quand le maire fait sa pub - 03/10/2007L'emploi à Paris: Fluctuat et mergitur - 27/09/2007|1| >> Perroquet : quès aco? | Le Perroquet Masqué | La vie à Paris | Paris roule-t-il ? | Bêtisier | Plumes acérées | Citoyens actifs | Scoops | Législatives 2007 | Communiqué |
Un site bilan du mandat Delanoë
|
|
Nous écrire : contact@leperroquetlibere.com - depuis septembre 2002 - La newsletter impertinente sur l'actualité parisienne la plus lue sur le web - Articles en copyleft sous réserve de mention de la source et du lien www.leperroquetlibere.com
|
||




Le multiculturalisme, ou le cheval de Troie de l'islamisme




