Le Perroquet Libéré

"Je vous demande d'être des citoyens actifs et de nous dire ce qui ne va pas" (Bertrand Delanoë)

Accueil Accueil    Envoyer à un ami Envoyer à un ami    Version imprimable Version imprimable    Augmenter la taille du texte Augmenter la taille du texte    Diminuer la taille du texte Diminuer la taille du texte

Du casher qui revient cher

Pour relancer l'activité d'un marché couvert, la Ville de Paris n'a rien trouvé de mieux que d'installer une supérette casher fermée le samedi, principal jour de marché. Du coup, pour réparer sa bévue, la municipalité a du résilier la convention passée avec la supérette. Moyennant la bagatelle de 600.000 euros...



Fermé le samedi... (DR)
Fermé le samedi... (DR)
L'économie des marchés couverts résulte d'une alchimie fragile. Il est souhaitable d'y installer un commerce généraliste de référence, comme une supérette, dont l'attrait génèrera du passage susceptible de profiter aux autres commerces plus spécialisés (poissonnier, boucher, marchands de fruits et légumes) qui, invisibles de l'extérieur, ont un besoin vital de flux passant à l'intérieur du marché.

Fin 2003, la Ville de Paris avait ainsi passé une convention avec la société Premier Club Entreprise afin de lui concéder l'exploitation de la supérette du marché Riquet pour assurer la mission de "service public" (!) consistant à approvisionner les Parisiens en produits frais. Or, loin de relancer l'activité, ce choix a au contraire précipité le déclin du site.

En effet, la chaîne Premier Club a la particularité d'être une enseigne casher (cliquer ici). Conformément au rite juif, ses magasins sont fermés le samedi. Or, c'est justement le samedi que les petits commerces comme ceux qui sont installés dans le marché couvert de la rue Riquet réalisent une part importante de leur chiffre d'affaires. Un détail qui semble avoir échappé aux responsables municipaux qui ont négocié la convention... Pour les clients juifs religieux, c'est super : "on a l'impression de faire ses courses comme en Israël" comme le dit un spot publicitaire diffusé sur Radio J (cliquer ici). Mais pour les autres, mieux valait chercher un autre endroit pour les courses du samedi... Avec une supérette fermée le jour où les commerces traditionnels de proximité ont le plus besoin d'attirer le chaland, l'activité du marché couvert de la rue Riquet s'est dégradée au point de menacer la survie de ce pôle commercial.

600.000 euros !
600.000 euros !
Les responsables de la Ville de Paris auraient pu s'interroger davantage sur la question des horaires d'ouverture avant de signer avec Premier Club... Cette légèreté a placé la Ville dans une situation délicate en la contraignant à rompre la convention pour limiter les dégâts et libérer l'espace pour permettre l'exploitation de la supérette dans un cadre plus conforme avec le principe de continuité du service public.

Comme souvent dans ce type de situation, c'est avec l'argent public que l'on paie les pots cassés : en effet, la résiliation de la convention à l'initiative de la Ville de Paris se traduit par une indemnité de 600.000 euros en faveur de Premier Club qui s'en sort plutôt bien (voir le protocole voté par le Conseil de Paris).

Moralité : quand on confond communautarisme et service public, c'est toujours le contribuable qui trinque.

Dimanche 21 Janvier 2007
Lu 17331 fois


Dans la même rubrique :

L'esprit Vélib - 22/10/2007

|1| >>

Perroquet : quès aco? | Le Perroquet Masqué | La vie à Paris | Paris roule-t-il ? | Bêtisier | Plumes acérées | Citoyens actifs | Scoops | Législatives 2007 | Communiqué