L'économie des marchés couverts résulte d'une alchimie fragile. Il est souhaitable d'y installer un commerce généraliste de référence, comme une supérette, dont l'attrait génèrera du passage susceptible de profiter aux autres commerces plus spécialisés (poissonnier, boucher, marchands de fruits et légumes) qui, invisibles de l'extérieur, ont un besoin vital de flux passant à l'intérieur du marché.
Fin 2003, la Ville de Paris avait ainsi passé une convention avec la société Premier Club Entreprise afin de lui concéder l'exploitation de la supérette du marché Riquet pour assurer la mission de
"service public" (!) consistant à approvisionner les Parisiens en produits frais. Or, loin de relancer l'activité, ce choix a au contraire précipité le déclin du site.
En effet, la chaîne Premier Club a la particularité d'être une enseigne casher (
cliquer ici). Conformément au rite juif, ses magasins sont fermés le samedi. Or, c'est justement le samedi que les petits commerces comme ceux qui sont installés dans le marché couvert de la rue Riquet réalisent une part importante de leur chiffre d'affaires. Un détail qui semble avoir échappé aux responsables municipaux qui ont négocié la convention... Pour les clients juifs religieux, c'est super :
"on a l'impression de faire ses courses comme en Israël" comme le dit un spot publicitaire diffusé sur
Radio J (
cliquer ici). Mais pour les autres, mieux valait chercher un autre endroit pour les courses du samedi... Avec une supérette fermée le jour où les commerces traditionnels de proximité ont le plus besoin d'attirer le chaland, l'activité du marché couvert de la rue Riquet s'est dégradée au point de menacer la survie de ce pôle commercial.