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Face à la crise des banlieues, les caïds du statu quo
Grand Paris : sens interdit !
Depuis l'éclatement de la révolte des banlieues, pudiquement baptisée « violences urbaines », chacun y est allé de sa petite phrase ou de son petit commentaire.
Ceux qui ne voient jamais très loin y auront vu la conséquence de la réduction des effectifs de la police de proximité ou de la baisse des crédits alloués à ces quartiers. D'autres s'en tiennent à l'effet des provocations verbales de Nicolas Sarkozy et préfèrent polémiquer sur la forme au lieu de débattre sur le fond. Seuls devraient interpeller nos hommes politiques l'important écart de moyens entre les communes françaises et la concentration, en certains endroits, de lourds handicaps économiques, sociaux, culturels, sur fond de profond décalage démographique. Cette fameuse fracture si bien diagnostiquée il y a plus de dix ans par un vieux politicien qui a eu besoin de chausser ses vieilles lunettes pour découvrir sa persistance… Ce constat est particulièrement vrai en Ile-de-France, où l'écart de moyens varie de 1 (Clichy-sous-Bois, Sevran,…) à 4 (Puteaux, Neuilly,…), l'est ne cessant de s'appauvrir et l'ouest, par retour de balancier, de s'enrichir. Les entreprises et les pavillons résidentiels d'un côté, les entrepôts et les HLM de l'autre. Le système issu de la décentralisation est ainsi fait que les élus locaux, ces nouveaux féodaux, ne sont pas incités à défendre les intérêts de l'agglo. Les évènements récents l'ont cruellement rappelé : - Patrick Braouezec (PC) a demandé plus d'argent à la région et à l'Etat, pour mieux saupoudrer son électorat, en se faisant discret sur le contrôle accru des dépenses qui devrait logiquement en résulter ; - Eric Raoult (UMP), après avoir prêché le retour au calme dans la mosquée de sa commune (quel rapport entre l'islam et les casseurs ?) a conseillé aux voyous de sa commune d'aller s'amuser dans le 16ème arrondissement, comme si cela était plus légitime chez les autres ; - Bertrand Delanoë , quant à lui, s'est payé le luxe intellectuel d'être opposé au couvre-feu, ce qui est relativement facile dans une ville où les pauvres ont été mis à la porte. Aussi incroyable que cela puisse paraître, personne n'a parlé du Grand Paris, cette proposition que Le Perroquet répète inlassablement ! Personne n'a évoqué la question de l'aménagement du territoire francilien, ni celle de la mutualisation des recettes fiscales. Plus d'entreprises dans le 9-3 et de mixité sociale à Neuilly, est-ce pornographique ? Pas de chance pour les paumés des banlieues, car face à eux se dressent les casseurs de rêves et les caïds du statu quo. Mardi 15 Novembre 2005
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