Le Perroquet Libéré

"Je vous demande d'être des citoyens actifs et de nous dire ce qui ne va pas" (Bertrand Delanoë)

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Fin de l'omerta dans le milieu gay ?

Malgré les tentatives d'étouffement de la municipalité, de plus en plus de voix s'élèvent au sein des associations gay pour pointer du doigt le lamentable "flop" du projet de "Centre d'archives homosexuelles" de Bertrand Delanoë.

Reste une question : où sont passés les 100.000 euros d'argent public dilapidés ?



Sur son blog, le responsable de l'association Tjenbé Rèd raconte comment la mairie de Paris a tenté de lui passer un savon pour ses indiscrétions au sujet des largesses municipales à destination du milieu associatif gay :

"En date du 3 juillet, nous avions posté sur ce blog un billet d'humeur relatant une rencontre un peu vide entre les associations LGBT parisiennes et la mairie de Paris. Le 14 août, nous avons reçu un appel téléphonique nous reprochant, d'une part, la façon dont nous avions trouvé des points noirs à cette rencontre, et d'autre part, la façon dont le Perroquet libéré, site Internet connu pour sa virulence à l'encontre du maire de Paris, avait repris et déformé notre billet d'humeur. Nous avons hier adressé un droit de réponse au Perroquet libéré sur son usage effectivement excessif de ce billlet (...) :

On nous fait observer que parler de «flop» à propos du projet de Centre d'archives et de documentation homosexuelles de Paris est déplacé alors que ce projet aurait été salué, fin 2005, par la directrice du Centre départemental des archives de Paris (Agnès Masson) et par celle des Archives de France (Martine de Boisdeffre), et alors qu'une subvention de l'État était, début 2006, espérée. Ces éléments sont certes rapportés par un article de presse mais ils sont peu nombreux, peu récents voire contestés ou très contestés.
Nous conservons le sentiment d'un manque de transparence et d'efficacité dans la gestion de ce projet présentant à ce jour, pour tout produit de la subvention de 100.000 euros attribuée par la mairie de Paris en 2002, un «rapport» qui enfile les perles sur 80 pages et date de 2005. Le terme de «flop» nous paraît même mesuré par rapport à ceux d'«échec» (employé par Michel Chomarat, chargé de mission «Mémoire» à la mairie de Lyon, en juin dernier) ; de «ratage le plus dramatique de ces dernières années», «situation calamiteuse», «gâchis d'énergie et de fonds publics» ou «image absolument catastrophique» (employés par Illico en janvier dernier) ; d'«embourbement», «Arlésienne» ou «Titanic» (employés par le Nouvel Obs en mai 2005).

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Par ailleurs, sur le site E-llico qui, en dépit de son soutien appuyé à Bertrand Delanoë, a consciencieusement relayé les interrogations relatives à la conduite du projet de "centre d'archives homosexuelles", les commentaires sont de moins en moins feutrés.

En témoigne une interview récente de Michel Chomarat, militant gay de longue date bombardé "chargé de mission sur la Mémoire" de la Ville de Lyon par Gérard Collomb, et qui compare la création d'un centre de ressources documentaires sur l'histoire du mouvement homosexuel à Lyon et l'échec de la tentative parisienne.

"E-llico : Comment expliquez-vous l'échec du projet parisien de création d'un centre d'archives ?

Michel Chomarat : si on se réfère à "mes fondamentaux", je crois que
l'erreur principale au départ a été de confier une réflexion à des non-professionnels. Archiver comme écrire l'histoire sont des métiers qui impliquent une expérience. On ne peut pas être uniquement dans l'affect et si nous sommes encore dans une période transitoire où ce sont essentiellement des gays et des lesbiennes qui traitent, souvent en militants, des questions de mémoire, je crois que ces sujets devront être traités ensuite par des spécialistes en dehors de toute appartenance sexuelle. L'échec de Paris est d'autant plus étonnant que des collections importantes existent comme celles de l'Académie Gay et Lesbienne, il aurait fallu négocier avec leurs responsables pour envisager un dépôt dans une institution publique en région parisienne. Je ne vois pas pourquoi ce qui a réussi à Lyon devrait obligatoirement échouer à Paris ! ".

Au lieu de jeter l'argent par les fenêtres en arrosant des militants incompétents (mais amis...) pour la création d'un centre dédié conçu dans un esprit de ghetto contraire à l'esprit universitaire, il aurait sans doute mieux valu organiser à Paris le dépôt d'un fonds thématique existant dans un centre d'archives officiel sous le contrôle de professionnels.

Rigueur et professionnalisme, était-ce trop demander ?

Le débat ne fait que commencer...

L'association Tjenbé Rèd nous adressé le 29 août le droit de réponse ci-dessous :

Cher Perroquet libéré,
Dans votre article en ligne en date de ce jour, «Fin de l'omerta dans le milieu gay ?», vous commentez le billet posté sur notre blog le 24 août, Retour sur notre billet d'humeur en date du 3 juillet, «Rencontre avec la municipalité parisienne».
Vous avez notamment cette phrase dont nous contestons l'exactitude : «Sur son blog, le responsable de l'association Tjenbé Rèd raconte comment la mairie de Paris a tenté de lui passer un savon pour ses indiscrétions au sujet des largesses municipales à destination du milieu associatif gay».
De nouveau, nous devons regretter que vous confondiez nos déclarations et vos appréciations. Nous n'avons en effet jamais écrit qu'une quelconque «mairie» nous aurait reproché de quelconques «indiscrétions». Quelle mairie ? Nous parlons uniquement d'un «appel téléphonique reçu» (sans mentionner son auteur). Quelles indiscrétions ? Nous évoquons des faits déjà rapportés par la presse. Quant à parler «des largesses municipales à destination du milieu associatif gay», comme vous le faites, cela relève de votre liberté d'appréciation et ne correspond ni à la lettre, ni à l'esprit de notre billet du 24 août.
L'ensemble de cette phrase ressort donc de votre imagination ou de votre liberté d'appréciation et nous souhaiterions que vous la rectifiiez en conséquence.
Sincèrement.

Le site internet du magazine gay Têtu relaie lui aussi les remous qui agitent le landernau gay sur la question du fameux centre d'archives foiré par la mairie de Paris après la publication des informations du Perroquet Libéré :

Passe d'armes sur internet autour des subventions aux associations LGBT
Les subventions aux associations LGBT à Paris ont fait l'objet de vifs échanges par blogs interposés. L'occasion pour l'opposition de ressortir cette polémique, à quelques mois des municipales. Le 3 juillet, l'association Tjenbé Rèd faisait le compte-rendu d'une rencontre avec l'adjointe au maire chargée de la démocratie locale et des relations avec les associations, Marie-Pierre de la Gontrie. Tjenbé Rèd faisait état d'un bilan «globalement positif» vis-à-vis des associations LGBT, malgré notamment «le flop du centre d'archives LGBT». Il se félicitait ainsi du projet d'appartements-relais gérés par Aides pour les jeunes LGBT à la rue. Un projet qui devrait, selon la mairie, ouvrir en 2008 avec 50 places, dont 25 individuelles: «Nous sommes vivement intéressés car nous avons des cas de jeunes en danger que nous pouvons difficilement soutenir», note Tjenbé Rèd (qui lance d'ailleurs, avec «Les Bangas de Tjenbé Rèd», son propre programme d'accueil et cherche des soutiens).
Début août, le Perroquet libéré, site d'opposition à la mairie, a cru trouver là quelque chose à se mettre sous le bec, et notamment la preuve d'un prétendu «soutien systématique apporté à la mairie de Paris au mouvement associatif homosexuel»: «réception en grande pompe aux frais du contribuable», écrit-il, quand Tjenbé Rèd parlait d'un «très bon coquetel»…
L'association a fait publier un droit de réponse. Fin août, le Perroquet libéré feint de découvrir des critiques sur le «flop» du projet de centre d'archives financé par la mairie. Des critiques déjà émises depuis longtemps alors que Lyon a déjà ouvert le sien…
Rappelons au passage quelques chiffres, loin d'un clientélisme pour les associations LGBT: depuis 2001, 12 à 18 subventions aux associations LGBT sont votées chaque année, avec seulement les voix de la gauche (aucune association n'était subventionnée avant 2001). Pour 2006, 18 demandes sur 32 étaient acceptées, soit un taux «d'acceptation» de 56%, représentant 240.000 euros (sur un total de plus de 200 millions), dont une bonne moitié aux associations pérennes du Centre LGBT et du MAG, et au Festival de films gays et lesbiens.
Paul Parant, tecu.com, 30 août 2007.


Jeudi 30 Août 2007
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