Le Perroquet Libéré

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François Lebel : « le système d'attribution des HLM parisiens est pervers par nature »


Dans un échange téléphonique enregistré discrètement par un journaliste apprenti-barbouze et diffusé sur le site Bakchich.info, François Lebel, maire du VIIIème arrondissement et candidat bientôt déclaré à sa succession face à Pierre Lellouche, confirme l'absence de transparence dans l'attribution des logements sociaux. Pour Bakchich, pas de doute : la « politique de transparence » de Bertrand Delanoë se heurterait encore à quelques irréductibles maires d'arrondissement, qui refuseraient d'installer des commissions « pluralistes », et continueraient de gérer, seuls et sans aucun contrôle démocratique, les attributions de logements sociaux. Un commentaire de journaliste en herbe qui passe à côté de l'essentiel, bien plus préoccupant : pour François Lebel, le système d'attribution des HLM parisiens est pervers par nature, encore aujourd'hui, et la Commission d'attribution n'y changerait rien. Pour Le Perroquet Masqué, pas besoin de micro caché : dans un entretien que le maire du VIIIème lui a accordé, ce dernier persiste et signe. Explications.



Le Perroquet Masqué
Le Perroquet Masqué
Perroquet masqué : En matière d'attribution des HLM parisiens, Bertrand Delanoë prétend avoir mis fin au copinage, en instaurant des « commissions pluralistes ». Est-ce que cela a vraiment changé depuis 2001 ?

François Lebel : Fondamentalement, non. Malgré la fameuse Commission « pluraliste » du maire de Paris -qui a réussi à faire croire à l'ensemble de la presse et des Parisiens qu'elle était transparente- , il n'en reste pas moins que pour chaque logement à attribuer, la Commission ne présente que trois noms. Or, personne ne sait comment ces trois noms ont été choisis parmi les 110.000 demandeurs de logements sociaux à Paris. Où est donc la transparence ? Elle est peut-être dans le choix d'un des trois noms retenus au final, mais en aucun cas dans l'élimination des 109.997 autres candidats potentiels. Aujourd'hui, nous ne savons toujours pas comment la pré-sélection se fait. Cela explique d'ailleurs que l'opposition ne siège plus depuis 5 ou 6 ans dans cette commission qui est un faire-valoir du maire de Paris, une vitrine. La transparence dans l'attribution des logements sociaux depuis 2001, c'est une vue de l'esprit qui ne correspond pas à la réalité. C'est d'abord une opération de communication de Bertrand Delanoë.

François Lebel
François Lebel
P.M. : Les maires d'arrondissement partagent le pouvoir d'attribution des logements avec le préfet et le maire de Paris. Pourquoi ne jamais avoir mis en place de commission d'attribution dans le 8ème arrondissement pour les attributions qui vous reviennent ?

F.L. : Dans mon arrondissement, j'ai environ 4 appartements à attribuer par an, pour une liste de 700 demandeurs. Comment choisir objectivement et de façon juste parmi eux les 4 « happy fews » qui auront droit à un appartement dans le 8ème ? J'assume ma méthode de sélection et j'attends que l'on me prouve qu'elle est éthiquement inférieure à celle du maire de Paris. Quand j'ai 1 appartement à attribuer, je dois choisir parmi 700 demandeurs. Dans le même cas de figure, la Commission prétendument transparente doit choisir 1 personne parmi 110.000. Où est la différence ?

P.M. : Le rapport de l'inspection générale de la Ville, publié en 2006, indiquait qu'1 élu et collaborateur sur 4 était logé par la Ville. C'est trop, selon vous ?

F.L. : Je ne sais pas. Parmi les détenteurs de logements sociaux, il y a certainement une part importante de fonctionnaires ou de collaborateurs de la Ville. Pour une raison évidente : le système de désignation étant pervers à la base, les mieux placés sont ceux qui sont au plus près du pouvoir qui choisit les bénéficiaires. Qu'il s'agisse du maire de Paris, du maire d'arrondissement ou de la Commission prétendument transparente. Dans cette Commission, par exemple, il est évident que chaque membre pousse son candidat -qui n'est d'ailleurs pas forcément un copain ou un « client »- à tour de rôle… Lorsqu'il y a autant de demandes fondées (à conditions familiales et de revenu égales) et que la demande est dramatiquement supérieure à l'offre, les attributions sont subjectives et la transparence n'existe pas.

Pour lire la présentation du Perroquet Masqué, cliquer ici.

Mardi 15 Janvier 2008
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