Perroquet masqué : En matière d'attribution des HLM parisiens, Bertrand Delanoë prétend avoir mis fin au copinage, en instaurant des « commissions pluralistes ». Est-ce que cela a vraiment changé depuis 2001 ?
François Lebel : Fondamentalement, non. Malgré la fameuse Commission « pluraliste » du maire de Paris -qui a réussi à faire croire à l'ensemble de la presse et des Parisiens qu'elle était transparente- , il n'en reste pas moins que pour chaque logement à attribuer, la Commission ne présente que trois noms. Or, personne ne sait comment ces trois noms ont été choisis parmi les 110.000 demandeurs de logements sociaux à Paris. Où est donc la transparence ? Elle est peut-être dans le choix d'un des trois noms retenus au final, mais en aucun cas dans l'élimination des 109.997 autres candidats potentiels. Aujourd'hui, nous ne savons toujours pas comment la pré-sélection se fait. Cela explique d'ailleurs que l'opposition ne siège plus depuis 5 ou 6 ans dans cette commission qui est un faire-valoir du maire de Paris, une vitrine. La transparence dans l'attribution des logements sociaux depuis 2001, c'est une vue de l'esprit qui ne correspond pas à la réalité. C'est d'abord une opération de communication de Bertrand Delanoë.