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HLM de Paris : à quand la transparence ?

Un nouveau scandale vient rappeler combien la gestion du parc immobilier de la Ville de Paris a été détournée de sa vocation sociale au profit de quelques-uns.

Il est temps que le maire de Paris rende publique la liste des bénéficiaires de HLM.



HLM de Paris : à quand la transparence ?
Le Canard Enchaîné vient de révéler que Jean-Paul Bolufer, directeur de cabinet du ministre du logement, était logé depuis 1981 -date à laquelle il travaillait pour Jacques Chirac- dans un appartement de standing de la régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP) à des conditions très avantageuses. Une situation d'autant plus choquante que l'intéressé s'était récemment répandu dans les médias pour dénoncer la situation de ceux qui occupent un logement social sans que leur situation financière le justifie...

Pour sa défense, Jean-Paul Bolufer explique dans les colonnes du Parisien que "(son) cas ressemble à celui de milliers de personnes qui vivent à Paris". Malheureusement, en effet, tout porte à croire que de tels privilèges sont monnaie courante dans la capitale malgré l'engagement pris par l'actuel maire de Paris d'y mettre un terme une fois élu à l'Hôtel de Ville.

On se souvient en effet qu'au printemps 2006 un rapport de l'inspection de la Ville de Paris (cliquer ici) avait mis en évidence des faits pour le moins troublants :
  • un nombre significatif d'élus parisiens ou de collaborateurs d'élus bénéficiaient d'un logement social (dans une proportion supérieure à ce qu'ils représentent dans la population parisienne prise dans son ensemble);
  • l'attribution de logements sociaux à des élus parisiens ou à leurs collaborateurs s'était poursuivie malgré l'élection de Bertrand Delanoë en 2001 (dans des conditions financières pouvant être très avantageuses et des délais nettement plus brefs que la procédure normale);
  • le maire de Paris avait lui-même attribué des logements à des conseillers d'arrondissement ou des collaborateurs d'élus.

Si de telles pratiques peuvent être légales, elles n'en sont pas moins sujettes à caution, en particulier dans un contexte de grave crise du logement. On est en effet en droit d'attendre des élus qu'ils se montrent exemplaire dans une situation de pénurie qui pourrit la vie de nombre de leurs concitoyens.

C'est pourquoi il est temps de lancer une vaste opération "bail propre" au sein du parc HLM de la Ville de Paris. Cela passe notamment par la publication de la liste des locataires installés dans les logements sociaux de la capitale et d'une étude au cas par cas de leur situation personnelle visant à s'assurer qu'ils répondent bien aux critères d'attribution d'un logement social. Concernant les élus et leurs collaborateurs, la municipalité doit faire savoir à la population quelles suites ont été données aux recommandations du rapport d'inspection déjà cité (page 4 du document) afin de moraliser le logement éventuel de cette catégorie d'individus au sein du parc social de la Ville de Paris.

Le maire de Paris, qui avait pris des engagements forts sur l'attribution des logements sociaux pendant sa campagne de 2001, doit la vérité à ses administrés et aux 109.000 personnes inscrites sur la liste d'attente pour l'obtention d'un logement social.


Jeudi 20 Décembre 2007
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