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L'emploi à Paris: Fluctuat et mergitur
Par Rémy Prud'homme, professeur émérite à l'Université Paris XII
A en croire le discours officiel, l'économie de Paris se porte fort bien. Le site de la municipalité affirme la « bonne santé économique » de la capitale, explique que son «attractivité économique et sociale se conforte et se développe », et le magazine de la ville titre « Dynamisme économique : un élan durable ». Tout va très bien, Madame la marquise.
Mais à part ça, il faut que je vous dise : le nombre d'emplois diminue rapidement. Le nombre d'emplois salariés privés est bien connu. Toutes les entreprises de France, y compris les plus petites, sont tenues de déclarer à l'UNEDIC le nombre de leurs salariés. On dispose ainsi pour Paris, l'Ile de France, et la France entière, de séries homogènes, comparables dans le temps et l'espace, issues de dénombrements exhaustifs, et que chacun peut consulter sur la toile (unistatis.orsid.com). Que racontent-elles ?
Que les choses vont mal, très mal, à Paris. Le nombre des emplois (salariés privés) fluctue. Il décline au début des années 1990, et atteint un point bas en 1998. La courbe se redresse ensuite en 1999 et 2000, pour se stabiliser en 2001 et 2002. Depuis 2002, c'est la chute : entre 2002 et 2006, en quatre ans, Paris perd près de 60.000 emplois (salariés privés), malgré un petit rebond en 2006. C'est 12.000 emplois de moins chaque année. Il s'agit d'une diminution nette des créations d'emplois, quelque chose comme la différence entre 100.000 emplois créés et 112.000 emplois éliminés. Le bruit que font 10.000 emplois de moins à Airbus (en une fois, sur quinze sites dans toute l'Europe) contraste avec le silence qui entoure ces 12.000 emplois de moins à Paris (chaque année).
Ce -12.000 emplois pourrait être trompeur, et pour le bien comprendre, il faut le situer dans son contexte. Ce déclin pourrait en effet n'être pas spécifique à Paris, mais refléter une évolution plus générale, propre à la France, ou à l'Ile de France. En réalité, il n'en est rien. C'est même le contraire que l'on observe. Dans la même période 2002-2006 le nombre d'emplois a augmenté dans l'ensemble de la France, ainsi que dans le reste de l'Ile de France. Si l'emploi avait évolué à Paris comme il a évolué dans le reste de l'Ile de France, il aurait augmenté de 53.000 unités. Le recul spécifique de Paris sur ces quatre années est donc d'au moins 110.000 emplois (plutôt que de 60.000 emplois). Toutes choses égales par ailleurs, Paris a donc au cours de ces quatre années perdu plus de 27.000 emplois par an.
Cette analyse de l'évolution de l'emploi est corroborée par l'examen de l'évolution des loyers commerciaux. Moins d'emplois, moins de demande de bureaux. Alors que le prix des logements s'envole, le prix des bureaux à Paris s'affaisse. Le loyer moyen des bureaux neufs atteint un point haut en 2001 et décline dans les quatre années qui suivent. Entre 2001 et 2005, la chute est de plus de 20%.
Ce déclin de l'activité de Paris coïncide avec le mandat de l'actuelle équipe municipalité. Sous la mandature précédente (1996-2001), l'emploi à Paris augmentait déjà moins vite qu'en France. Mais il augmentait. Entre 1995 et 2001, de plus de 50.000 unités. Le prix des bureaux s'élevait : de près de 90% entre 1996 et 2001. La chute des emplois à Paris a certainement plusieurs causes. Dans beaucoup de pays, pas dans tous cependant, les centres des agglomérations connaissent des difficultés. Mais il est difficile de ne pas établir un lien avec la politique suivie, et revendiquée, par l'équipe élue en 2001.
On ne trouve pas ce lien dans la fiscalité locale : les taux de la taxe professionnelle et de l'impôt foncier sont plutôt plus bas à Paris qu'ailleurs. On ne le trouve pas non plus dans l'attitude des autorités municipales à l'égard des entreprises : elle a au contraire fait des efforts pour favoriser la création d'entreprises.
L'explication la plus plausible tient à la politique des transports et à la détérioration des conditions de circulation qu'elle a entraînée. Le rétrécissement systématique de l'espace viaire a causé une augmentation des embouteillages, qui a son tour a engendré une diminution de la circulation. La durée et la pénibilité des déplacements qui ont Paris pour origine ou pour destination ont augmenté. La municipalité a beau affirmer haut et fort que l'on circule aussi vite aujourd'hui qu'il y a cinq ans, peu de gens le croient, et surtout pas les chefs d'entreprises parisiens.
La Chambre de Commerce et d'Industrie a fait une enquête auprès de 1.200 chefs d'entreprises à Paris. Les deux-tiers d'entre eux considèrent que cette politique a un impact négatif pour leurs déplacements professionnels (66%), pour leurs salariés (63%), pour leurs clients (64%), pour les livraisons de leurs fournisseurs (65%) et pour les livraisons à leurs clients (62%). Pour eux, la mobilité a diminué. Les coûts de transaction, en temps et en argent, ont augmenté. Le marché de l'emploi, mais aussi celui des biens et des services, ont rétréci. Toutes choses égales par ailleurs, l'efficacité des entreprises en est évidemment affectée. Et par voie de conséquence, l'emploi.
Paris est un endroit où il fait bon vivre, mais pas un endroit où il fait bon travailler. C'est une ville pour rentiers, pour retraités ou pour touristes, pas pour actifs. Une ville où l'on dépense -agréablement- l'argent venu d'ailleurs ou d'hier. Une sorte de Venise. Comme à Venise, le nombre des emplois diminue. Faudra-t-il bientôt changer la devise de Paris : fluctuat nec mergitur, elle flotte mais ne coule pas, en un terrible : fluctuat et mergitur ?
Rémy Prud'homme
http://www.rprudhomme.com
Après des études à HEC et à Harvard, Rémy Prud'homme est devenu Professeur d'économie. Il a longtemps enseigné à l'Institut d'Urbanisme de Paris, à l'Université Paris XII (où il est maintenant professeur émérite), et à de nombreuses reprises au MIT. Il a aussi été directeur-adjoint de l'environnement à l'OCDE, et travaillé comme consultant pour la plupart des grandes organisations internationales, notamment la Banque Mondiale. Ses travaux ont principalement porté sur les finances publiques et sur les transports. Il a été élu aux conseils d'administration de l'Association française de science économique et de l'Institut international de finances publiques.
1. Posté par
Nominoe le 28/09/2007 11:16
Merci M Prud'homme, pour votre remarquable travail d'analyse de fond, et qui démontre l'absurdité de cette politique municipale qui détruit les artères du coeur de notre agglomération, pour la transformer en Paris sous cloche, un PARIS pour touristes, pour milliardaires, pour écolos Bobos,
Dans ce Paris muséifié, que deviennents les familles, es classes moyennes et populaires, n'auraient elles donc plus le droit de citer...???
Mieux que des mots de communicants payés grassement par la mairie, les faits eux sont têtus et ne résistent pas à la Vérité, fut elle cruelle, pour celui qui se voit déjà en haut de l'affiche pour 2012.
Chaque jour qui passe, je me rends compte que ma ville n'a jamais été aussi massacrée, à coups de scarifications dans sa voirie.
Sous les précédentes mandatures, nous étions prévenus de l'imminence des travaux, aujourd'hui, la municipalité détruit les rues de Paris, et pose les panneaux une fois que celles-ci ont commencées...
De 2001 à 2007, tout un chacun peut mesurer l'étendue du désastre infligés par Delanoe, Baupin et tous ces ayatollahs de la Bien Pensance Bobo...
Que PARIS était magnifique au début des années 2000, une ville fluide, vivante nerveuse, brillante...ou tout allait vite, bougeait, et ou on se sentait bien...
Tel n'est absolument plus le cas aujourd'hui, dans ce PARIS estropié...!!!
Delanoe, c'est le Prince de l'Esbrouffe, des fêtes en veux-tu en voila,, des strass, des paillettes, bref du culte du loisir érigé en Politique municipal...
Or, ceci n'est absolument pas le rôle dévolu à un édile, surtout de la Capitale de la 4ème puissance mondiale...
Vivement 2008, que le peuple de Paris libère la ville de ces ayatollahs roses verts...
2008, Delanoe, No Repasara...!!!
100 % avec vous l'Equipe du Perroquet Libéré...
2. Posté par
godzillou le 28/09/2007 16:02
merci pour cette très pertinente analyse
3. Posté par
Maharbbal le 28/09/2007 18:17
Heu c'est bien joli mais je trouve très paradoxal que les emplois crés à la Défense ne soient pas pris en compte (techiniquement ils dépendent de Puteaux) alors que l'on connait bien l'effet de vases communicants entre les emplois du centre parisien et du 8eme arr. d'une part et la Défense de l'autre (ça fait longtemps que les géographes considèrent la Défense comme le 5ème bassin d'emploi parisien).
Cet oubli grossier malheureusement empêche de considérer l'ensemble de la proposition de Mr Prud'homme. De plus on sait bien que le lien mobilité/développement est sans doute moins clair que l'on croyait précédément. Des villes comme New York, Delhi, Londres, Tokyo ou Pékin sont des cauchemars pour les transports et pourtant leurs économies sont au beau fixe.
Bref l'analyse est trop partiale pour être prise en compte, ce qui est dommage car un bilan économique critique de l'ère Delanoe est de rigueur. Mais bon on attendra encore un peu.
4. Posté par
Annimir le 30/09/2007 18:05
Bonsoir,
Allez à la Gare du Nord à l'arrivée de l'Eurostar, embouteillages monstres carrefour Lafayette/Magenta, aucun taxis ne s'y aventure, allez constater le nombre de personnes en attente de taxis. Décourageant pour les voyageurs d'affaires.
Annie
5. Posté par
LeJoker le 01/10/2007 15:23
Merci Annimir, de parler de Gare du Nord. Allez voir la façon dont l'équipe Delanoë & Co a amenagé la circulation à Gare du Nord. Une voie en double sens pour les bus et les taxis, oui une seule voie en double sens, cherchez l'erreur. Je prends le bus 26 tous les jours, et le bus restent bloquer 10mn en moyenne dans cette voie, ah c'est beau l'urbanisme méthode DELANOE!!!
Je rajouterais seulement qu'avant le bus 26 n'était quasi jamais bloqué à Gare du Nord, à méditer...
6. Posté par
Charles le 02/10/2007 14:01
Cet article est remarquable. Il est évident que la cause de la diminution de l'emploi à Paris est la politique archaïsante de Delanoé en matière de circulation. C'est un point sur lequel il faut l'attaquer : que sa politique est régressive, archaïsante, conservatrice, anti-moderne... à l'ère de la communication et de l'accessibilité tous azimuts, faire le choix de l'enclavement est une énorme erreur politique et économique. Ce n'est pas un hasard si les Jeux Olympiques ont échappé à Paris. Ce n'est pas un hasard si l'emploi et l'activité économique de Paris décroissent. Delanoé est en train de couler Paris, par idéologie et médiocrité politicienne. Comment ne pas regretter que les sommes colossales dépensées pour enclaver Paris, pour empêcher la circulation, n'aient pas été employées à une politique dynamisante pour Paris ? Au lieu de travailler à enclaver, scléroser, paralyser Paris. Cet homme n'est pas moderne, il n'est pas du XXI° siècle. Il faut s'en débarrasser au plus vite.
7. Posté par
Incognitototo le 04/10/2007 15:14
Bonjour,
À l'attention particulière de M. Maharbbal…
Je ne vois pas en quoi le fait que la Défense ait été exclue des mesures enlève quoi que ce soit aux faits et aux conclusions de M. Prud'homme, au demeurant fort pertinentes.
À ce que je sache, la Défense est une commune à part, gérée par une municipalité qui n'est pas celle de M. Delanoë. Il est donc un peu spécieux de dire qu'il faut la prendre en compte pour mesurer le véritable impact sur la politique de l'emploi de M. Delanoë ; ce serait du même ordre que de dire que ce n'est pas grave ou pas très exact que l'accidentologie est en croissance à Paris, puisqu'elle baisse partout ailleurs en France.
D'ailleurs, si on suit votre raisonnement, pourquoi ne pas prendre en compte, alors, tout aussi également les autres communes limitrophes ?...
En tout état de cause, ce supposé déplacement d'emplois a une conséquence directe évidente, c'est qu'avec cette politique concentrationnaire et de spécialisation des destinations d'activité, elle multiplie les besoins de déplacements ; contrecoup en contradiction avec les soi-disant objectifs de M. Delanoë.
Mais, c'est par nature un pléonasme pour qualifier la politique de Monsieur Delanoë : il « déplace » les problèmes et les aggrave, mais n'en résout aucun ; ce qui ne serait pas si grave, si cela ne coûtait pas, en plus, très cher en impôts et en qualité de vie.
La réalité, c'est que les entreprises parisiennes n'en peuvent plus de voir leur productivité se dégrader sans cesse, leurs coûts de production augmenter sans limites, … bref, de ne pas pouvoir travailler et d'être obligées de prévoir de colossaux budgets de PV, toujours en augmentation, parce que tout est fait pour empêcher les déplacements…
C'est pourquoi, celles qui le peuvent désertent Paris au profit de communes accessibles, « sans prise de tête » et surcoûts, pour leurs clients, salariés et flux de logistique ; ce qui, entre parenthèses, exporte également une partie de la spéculation immobilière ailleurs, notamment dans les communes accessibles en métro ou en RER.
Concomitamment, la flambée des prix de l'immobilier à Paris empêche toute installation nouvelle pour les entreprises à faible valeur ajoutée, l'équation infernale destructrice d'emplois est donc bien à l'œuvre à Paris ; et le calcul est vite fait pour les entreprises qui pourront faire de substantielles économies de loyer, de PV, de temps perdus en déplacement, et gagner en qualité de vie ou autres… simplement en déménageant, ailleurs qu'à Paris.
Je partage le sentiment de Nominoe que Paris est devenu une cité exclusivement réservée aux touristes, milliardaires, et autres écolos Bobos et que ce n'est pas à une mairie d'ériger le culte du loisir en politique municipal.
Où sont passées les belles promesses sociales de M. Delanoë ? Mais faisons-lui confiance pour essayer de nous faire croire qu'il a respecté son mandat à tous points de vue… C'est sûr, si par une politique dissuasive, on se débarrasse des « pauvres » en les obligeant à travailler et à habiter dans des banlieues, on résout les problèmes de façon radicale.
La seule chose qu'on ne peut pas enlever à M. Delanoë, c'est que la machine de guerre de communication qu'il a mise en place est d'une redoutable efficacité, puisque les médias restituent les communiqués de la Ville de Paris sans plus aucun recul critique, ni objectif.
Pour illustrer cela, vous pouvez lire cet article qui s'intitule « Delanoë menteur et médias complices !!! » : http://solutions-politiques.over-blog.com/article-6239922.html
Grâce à sa formidable machine de communication, ce Monsieur sera bientôt capable de faire croire aux électeurs les plus crédules que c'est en plantant des carottes que nous résoudrons la faim dans le monde ; vraiment trop fort, et j'ai des doutes sur notre capacité à lutter contre cette colossale entreprise de désinformation permanente.
Mais je ne fais pas que critiquer (qui sont en fait de simples constats), je propose aussi des solutions : http://solutions-politiques.over-blog.com/article-3989816.html
Le comble, c'est que pour les besoins de mon métier, je me déplace depuis 30 ans, en 2 roues à Paris et ça s'est dégradé également pour ces usagers-là. En 7 ans de mandature de M. Delanoë, mes temps de déplacements, sur des trajets identiques, ont été multipliés par 2 quand ce n'est pas 3, sans même évoquer que c'est maintenant avec la peur de l'accident que je prends mon véhicule… Et souvent, quand je suis bloqué dans un énième embouteillage, je me dis qu'il ne doit pas faire bon avoir une crise cardiaque dans certains quartiers (pour ne pas dire tous) à certaines heures de la journée. Je serais curieux de connaître comment ont évolué les taux de sauvetage dans de tels cas… J'en arrive à penser, que, faute de soins d'urgence appropriés dans les temps, on doit certainement mourir plus souvent aujourd'hui à Paris que par le passé.
Le comble c'est que j'ai contribué à l'élection de M. Delanoë… Mea culpa, mea maxima culpa… Mais, c'est sûr, qu'on ne m'y reprendra plus.
http://solutions-politiques.over-blog.com/article-3989816.html
8. Posté par
Georges le 04/10/2007 17:26
C'est clair. Froid comme les chiffres.
Au soutien dela démonstration, j'ajoute que les méfaits du satrape et ses bouffons ne sont pas concentrés dans le Paris touristique ou branchouille. Ils attaquent systématiquement les quartiers populaires de Paris, là où il reste des vrais gens qui travaillent dans de vraies entreprises ou activités et ne sont ni bobos, ni fonctionnaires de la Ville. Ils ne sont pas déçus. Non seulement on l'a dit dans leurs déplacements, mais aussi dans leurs propres quartiers de résidence.
D'autres intervenants ont ainsi cité la Gare du Nord et l'odieux carrefour Lafayette - Magenta, à qui la pollution à Paris doit tant. Mais regardez également le XIXème. Après avoir supprimé toute possibilité de circulation avenue Jean Jaurès, qui du coup sombre dans la désertification commerciale, le satrape s'est attaqué à l'avenue de Flandres. Pensez donc, on y roulait. Désormais l'ordre règne, le carrefour Crimée - Flandres est devenu un beau point noir comme les satrape et les bouffons les aiment.
Ce n'est pas grave, il n'y a dans ce quartier que des travailleurs, des immigrés et des actifs.
9. Posté par
Georges le 04/10/2007 17:33
Fort belle idée du premier bouffon du satrape, l'inénarrable Baupin. Réduire la vitesse à Paris à 30 kmh. On se rapprochera ainsi de la vitesse moyenne réelle de Paris. C'est merveilleux : créez des embouteillages pour faire chuter la capacité de se déplacer, et ensuite rapprochez la vitesse autorisée du point bas que vous avez atteint. C'est le principe du rationnement : pas assez de produits à distribuer, donc on crée des tickets. Il est vrai qu'à Paris on a déjà les queues.
10. Posté par
Maharbbal le 05/10/2007 16:05
Ça m'embête de prendre le parti de Delanoe systématiquement pour qui je n'ai pas d'affinités particulières, mais ça m'embête aussi de voir des attaques contre lui aussi injustes, alors qu'il y a d'autres domaines sur lesquels son inaction fut bien plus préjudiciable aux Parisiens.
D'abors pour ce qui est de la Défense, je ne sais pas où vous prenez vos informations mais jusqu'à la preuve du contraire c'est un projet national destiner à créer un Business District à Paris. Dire que ça ne fait pas partie de la capitale c'est comme si on ouvrait un périf à 300 mètres de l'actuel et que l'on s'extasiait de la chute des accidents sur le premier. C'est un système de vases communiquants plannifié.
Dire que la Défense c'est Puteau point barre est juste ridicule, la Défense est destinée à drainer les emplois de service à forte valeur ajoutée elle le fait très bien. Penser que Paris n'est que Paris est difficile à avaler pour qui connait un tout petit peu sa ville. Quant à prendre en compte les autres communes c'est fait dans certains cas à l'Est par exemple où le bassin d'emploi est à la fois sur le 12ème et sur les communes de banlieue.
Vous avez cependant raison sur les problèmes de la concentration en un point de tant d'emplois. Par contre je serai intéressé de voir les chiffres sur la productivité dégradée des entreprises parisiennes, il m'avait semblé que le produit intérieur de la ville avait augmenté plus vite que le nombre d'emploi. Je ne sais pas si vous avez une entreprise mais pour toute personne aui en a une il existe deux solutions: le Plan Déplacement Entreprise et les contacts avec le conseil de quartier (un entrepreneur un peu futé serait passé au co-voiturage depuis 10 ans, mais bon on est pas au Danemark).
Finalement, n'est-ce pas temps que certaines entreprises quittent Paris intra-muros et se rapprochent de là où habitent leurs employés (en gros Seine St-Denis et Val de Marne). Finalement vous contredisez notre ami Prud'homme en disant que le prix de l'immobilier de bureau augmente alors que lui dit qu'il baisse.
D'autre part dire que Delanoe favorise les touristes m'a toujours fait rire. Heureusement qu'il le fait. Nos amis visiteurs représente 12% des emplois de la ville! Qui n'investirait pas dans une telle mine d'or? En revanche, les limites de la politique sociale de Mr Delanoe sont effectivement un immense problème et LE problème de son mandat. En parlant des voitures on s'absorbe dans l'arbre et l'on oublie la forêt.
Je vous trouve aussi très injuste avec les carottes :)
Par contre, excusez-moi, mais votre dernière sortie sur votre expérience en 2 roues me fait rire. Je vous ferais d'abors remarquer que le coin le plus accidentogène de mon arrondissement (l'avenue du gl Leclerc) est gérée non par le maire mais par le préfet de police. Donc pour ce qui est de la peur… Pour ce qui est des embouteillages, l'achat d'un routeur performant serait rentabilisé en un mois ou deux.
11. Posté par
incognitototo le 06/10/2007 14:40
Cher Maharbbal…
Là, avec votre comparaison de périf, vous n'êtes plus dans un raisonnement spécieux, mais dans une forme élaborée de sophisme… Vous éludez l'objet de l'étude de M. Prud'Homme qui était une réponse aux éternels mensonges de M Delanoë.
Comment ce Maire peut-il affirmer que «l'attractivité économique et sociale se conforte et se développe pour Paris», alors que les chiffres (qui confirment les réalités que je côtois) démontrent le contraire ? Mais peut-être que M. Delanoë arrive à cette conclusion en s'attribuant les créations d'emplois qui sont réalisées dans d'autres communes d'île de France… ou en ne regardant que la courbe du chômage qui est en baisse depuis peu, même à Paris.
Vous remarquerez d'ailleurs que M. Prud'homme parle bien d'emplois et ne corrèle pas cela au taux de chômage. Ça n'a rien à voir avec sa démonstration, bien qu'il aurait pu souligner que cette perte d'emplois locaux au bénéfice d'emplois externalisés, a pour conséquence directe d'obliger les Parisiens à aller travailler ailleurs que dans leur ville… en contradiction avec les objectifs affichés de M. Delanoë, de diminuer les déplacements…
Quand on fait un bilan d'entreprise (disons A), on mesure à un instant T les performances et l'état patrimonial de cette entreprise. Si celle-ci est en perte, alors qu'un de ses fournisseurs (disons B) est en super bénéfice, vous, vous seriez du genre à continuer à affirmer que l'entreprise A va bien quand même, puisque sa richesse ne s'est pas perdue ? Avec des raisonnements comme ça, c'est sûr que vous n'auriez pas un grand avenir dans la gestion, ni dans la gouvernance d'un pays, sauf peut-être dans l'équipe de Delanoë…
On ne déshabille pas Paul pour habiller Pierre (une autre façon d'illustrer la politique de « déplacement » des problèmes de M. Delanoë), sans que cela n'ait des conséquences pour Paul. Ce n'est ni plus ni moins que ce que souligne M. Prud'homme (avec moult précautions d'ailleurs), qui après avoir examiné d'autres possibilités, finit par corréler la désaffection des entreprises (et donc les pertes d'emplois) pour Paris avec l'impossibilité qu'elles ont à travailler normalement dans l'environnement créé par M. Delanoë. C'est tout ce qu'il dit ! Et le fait que des emplois se créent ailleurs n'enlève rien à cette réalité : à cause de la politique de voirie menée, les entreprises peuvent de moins en moins travailler à Paris ; c'est tout, mais c'est déjà assez énorme et grave, pour que se pose la nécessité de dire à ce Maire qu'il faut qu'il arrête de mentir.
Si je suis d'accord avec M. Prud'Homme, c'est, qu'effectivement je suis chef d'entreprise et également, expert-comptable ; et j'ai donc une vision multiple de ce que subissent les entreprises. Celles qui, à mon sens, sont le plus affectées par cette politique sont les entreprises de commerce en gros et les industrielles.
La plupart d'entre elles ont vite compris que la notoriété et l'accessibilité (passée) qu'elles perdraient en n'étant plus situées à Paris seraient vite compensées, par :
- les économies de loyer qu'elles réaliseraient,
- le confort de travailler dans des espaces plus grands,
- la productivité qu'elles gagneraient à ne plus être soumises aux aléas de circulation pour les déplacements de marchandises ou de personnes,
- les PV qu'elles n'auraient plus à payer,
- et cetera.
D'ailleurs, puisque c'est devenu impossible d'organiser des tournées qui respectent des horaires de rendez-vous et qui n'engouffrent pas de colossaux budgets de PV, la plupart d'entre elles n'emploient même plus de représentants commerciaux sur Paris. Elles ont vite compris qu'ils étaient plus rentable de réaliser de somptueux show-room en banlieue et de demander à leurs clients de venir en leur payant le taxi… Certaines, contre remise, commencent même à demander à leurs clients de prendre en charge leur propre livraison… C'est pour vous dire à quel point tout déplacement est devenu un casse-tête et un gouffre à finance, pour les entreprises qui travaillent avec des clients parisiens.
Il se confirme que vous n'êtes pas un homme de chiffres, car sinon vous sauriez que le PIB ou le « Produit Intérieur de la Ville », comme vous dites, sont tout sauf des indicateurs de performance. Mais je ne vous en veux pas, car les médias n'arrêtent pas de nous abreuver de bêtises et de contre-vérités là-dessus.
Que le Produit Intérieur Brut de la Ville augmente plus vite que les emplois ne veut nullement dire que la productivité des entreprises va bien, ce sont 2 notions totalement différentes. Je peux faire plus de CA et même de VA avec le même nombre de salariés, pour autant si mon RE se dégrade, j'ai perdu de la compétitivité et de la productivité… Mais je ne vais pas vous faire un développement qui dépasserait le cadre de ce post. Si ça vous intéresse, vous pourrez peut-être lire avec profit ce que j'en dis sur mon blog: http://solutions-politiques.over-blog.com/article-3979606.html#CD003 .
À propos de l'immobilier, je ne contredis pas Monsieur Prud'Homme : il parle des bureaux et j'évoquais, moi, les espaces commerciaux et lieux d'activités qui eux augmentent sans cesse. Effectivement, compte tenu de la baisse d'attractivité de Paris les loyers de bureau auraient plutôt tendance à baisser (je dirais, moi, à se stabiliser), alors que compte tenu de la rareté organisée des seconds les loyers de ceux-ci, pour des baux neufs, augmentent sans cesse, au point que par contrecoup, on commence à voir dans certains quartiers des boutiques qui restent fermées très longtemps avant de trouver preneur.
Quant à vos solutions concernant le Plan Déplacement Entreprise et les contacts avec le conseil de quartier… heu… pour les avoir fréquentés, je pense que vous n'êtes pas bien au fait de l'inefficacité totale de ces dispositifs qui font partie du catalogue démesuré des nombreuses mesures démagogiques à mettre au passif de notre Maire.
Merci pour votre conseil concernant l'achat d'un « routeur », mais je suis né à Paris, je connais cette ville comme ma poche et je n'en ai pas besoin. Je prends déjà tous les détours possibles et imaginables pour éviter les embouteillages et c'est bien pour ça que mes temps de trajet n'arrêtent pas d'augmenter. Par ailleurs, je tiens à ma peau et si vous aviez déjà conduit une moto, vous sauriez que ce type de véhicule n'autorise pas, ni ne pardonne la moindre distraction et encore moins la lecture d'un GPS…
Alors, M. Maharbbal, vous trouvez toujours mes propos ridicules et risibles ? Mais, puisque l'enfer quotidien que vivent ceux qui sont dans l'obligation de se déplacer en véhicule à Paris ne semble pas vous toucher, puisqu'apparemment le fait que Paris devienne exclusivement une ville à touristes, à fonctionnaires et à bobos semble vous convenir, puisque vous trouver normal que les entreprises se délocalisent dans d'autres communes d'IDF et que les gens suivent leurs entreprises, … puisque tout cela ne vous gène pas, il ne vous reste plus qu'une chose à faire, c'est d'aller militer pour la réélection de Delanoë.
Personnellement, j'ai toujours été d'accord avec ce vieux slogan « vivre et travailler au pays » à contre-courant de tous ces technocrates qui depuis 50 ans n'ont pas eu d'autre souci que de morceler et séparer les activités humaines, créant, entre autres misères sociales, toujours plus de besoins de déplacements.
Sous prétexte de « bonnes intentions soi-disant écologiques », M. Delanoë n'a fait qu'amplifier ce phénomène en le portant à son paroxysme, notamment avec sa politique de voirie : c'est pour l'instant vivre à Paris et travailler ailleurs, mais, dans peu de temps, par la force des choses, ça sera vivre et travailler ailleurs tout court… du moins dans une autre commune que la sienne… Bah, pas grave, il restera toujours le Paris où on peut s'amuser et là on peut faire confiance à M. Delanoë pour tenir le cap de sa politique spectacle à paillettes… et pour combattre l'injustice faite aux carottes...
Mea culpa, mea maxima culpa… je ne me pardonnerai jamais d'avoir rendu mon quotidien de travailleur et celui des Parisiens aussi infernaux.
NOTE A L'USAGE DE L'ADMINISTRATEUR : je vous avais envoyé un précédent texte qui ne semble pas vous être parvenu, alors je réédite l'envoi avec ce post modifié. Au cas où le premier était en attente, merci de le supprimer et de prendre en compte celui-ci.
http://solutions-politiques.over-blog.com/article-6239922.html
12. Posté par
Ignoble Infreequentable le 12/10/2007 18:55
C'est exactement ça, Incognitoto ! Paris perd de la "substance" !
Pompidou voulait pouvoir circuler à Paris comme sur autoroute ! Débile, mais pourquoi pas ? On pouvait en faire le tour en 30 minutes, sans forcer, aller d'est en ouest et revenir dans le même temps...
Mais question sécurité, nul...
Et puis alors l'aspect touristique découverte de cette si belle ville... à ch... !
Chirac voulait des bureaux partout (c'était une époque où la Taxe professionnelle était assise sur les salaires brutes : beaucoup de bureaux, c'était beaucoup de salaires très élevés, ça soulagerait les électeurs en impôts locaux).
Ils partent à la défense et ailleurs depuis que la TP n'inclue plus les salaires et qu'ils ne peuvent même plus y accéder correctement depuis leur banlieue pour l'ouverture de la Bourse.
Tiberi voulait plus des logements et de locaux d'activité sociale.
Il a commencé le premier à merder le problème des livraisons avec ses "axes rouges". Résultat, les entreprises du commerce ont commencé à dégager. Le commerce de masse ! La grande consommation, l'alimentaire (je sais, à l'époque, j'étais DAF chez un distributeur et j'avais prévenu mon pédégé que pour se maintenir, il allait falloir acheter des murs...).
Quant aux industries, c'était déjà polluant : elles étaient à la campagne !
Delanoë n'aime que le piéton (lui qui se fait véhiculer aussi en BMW modéle "m'as-t-vu" des années 70 : Je sais, il découche pas loin de chez moi, chez les "bobos") L'affaire des verts qui se le mettent en avant dans leur programme, ça l'a bien arrangé.
Mais 1, nous verrons le 18 si la RATP peut encore paralyser la ville et la SNCF le pays. Perso, je me souviens encore d'une journée noire des années 80. On avait pu aller travailler, mais pour revenir, l'enfer !
2, l'argent a été gaspillé dans des investissements délirants de voirie... qui n'arrangent en plus rien à rien !
Un tram, okay, pourquoi pas, c'était ni plus ni moins que dans les cartons de Tiberi (tout comme le sationnement à bas prix pour les résidents et leur auto). Mais pourquoi diable recréer une structure de surface (déjà encombrée) là ou nous disposions d'une infrastructure enterrée ou sur pont avec la Petite Ceinture ?
3, Pendant ce temps là, les immeubles crament pour être insalubres (faute d'entretien, dernier avatar de la loi de 1948, oui 48 !), avec des gens dedans et notre maire de s'indigner jusqu'aux larmes (j'ai failli en vomir du spectacle relayé par les média à n'en plus pouvoir, alors que pas même que seuls 100 logements, des logements, pas des immeubles, sont réhabilités depuis 2001 (pour cause d'avoir bloqué tous les permis de construire).
Ce n'est même pas 1 % des logements insalubres recensés...
4, Pourquoi l'argent part en fêtes alors que nos épouses ne sont pas foutues de trouver des places en crèches, sinon celles déjà programmées par Tiberi (qui lui en a fait un max en commençant par le 5ème depuis l'ère Chirac) ?
5, Pourquoi on continue de claquer du pognon en opérations de communication creuse à en pleurer, alors qu'on manque de lieux d'accueil pour nos vieux, qu'on ferme Laennec sans rien faire des hectares "protégés" et devenus en jachère ; alors que les jeunes doivent s'expatrier en grande banlieue ou se contenter de vivre à l'étroit dans des locaux mal adaptés ?
6, Pire que tout, pourquoi aller pleurer la "politique de la ville" des Donquichotte pour mieux virer leur tentes dans la Seine à l'approche de "Paris Plage" ?
Non désolé, tout cela contribue à faire de Paris une ville exécrables, avec quelques avenues à touristes, quelques lieux à faire la fête, mais en feignant de ne surtout pas voir la misère qui gagne partout et quand ce n'est pas la misère, l'écoeurement :
FORCEMENT, les entreprises se cassent : Ca ne donne pas envie de rester là, dès que leur métier ne leur impose pas d'être sur place !
Mauvais pour la clientèle nationale habituée au Paris des Lumières !
De-La-Nuée a tout faux et en plus, il se comporte comme un "social-traite", trahissant ceux-là même qui l'ont porté sur un programme soi-disant socialiste.
Pour notre homme, qui se prend pour Chirac, c'est devenu juste un marche-pied pour autre chose.
Mais il se cassera la gueule avant, j'en prend le pari...
PS : Les carrotes, ce n'est pas mon truc, inco : Berk, des racines et pourquoi pas de l'herbe, tant qu'on y est ! Comme les vaches ou les lapins ?
Moi, je mange les bêtes qui mangent de l'herbe (et des racines) et picole les nectars des fruits, du moment qu'ils sont un peu fermenté adroitement.
Tout le reste, c'est pour les "pas doués".
En faisant remarquer que j'ai l'intestinc court, ce qui me permet de mieux alimenter mon cerveau en oxygène (au lieu de peiner à faire fonctionner mon tube digestif) : Les idées deviennent beucoup plus claires !
http://infreequentable.over-blog.com/
13. Posté par
incognitototo le 14/10/2007 12:04
Cher Infreequentable,
Pas la fête des carottes, alors... Et la fête des pommes te conviendrait mieux ?
Je pense que finalement cela serait plus adapté pour tous les gens comme moi, qui ont eu le malheur de faire confiance à Delanoë...
J'en arrive même à me demander si ce que nous subissons à Paris, n'est pas plus grave, au final, que les magouilles financières des précentes équipes.
Le problème c'est que je ne vois personne, pour l'instant, pour les prochaines municipales qui se positionne clairement en rupture avec la politique de Delanoë et qui propose un vrai programme qui traite les problèmes au fond...
http://solutions-politiques.over-blog.com/article-12959590.html
14. Posté par
lisa le 10/11/2007 21:25
Avez-vous comme moi entendu le dernier projet de Beaupain, des remonte-pente pour vélo, je vous assure ce n'est pas une blague.
J'ai également lu que Delanoe avait comme projet pour la prochaine municipale de construire des tours pour pallier au manque de logements sociaux à Paris. Attention! Monsieur fait ce qu'il veut. Aprés avoir fait la fortune des marchands de sommeil, il change de cap pour gagner des bulletins de vote.
A part l'avoir vu pleurnichant face à la caméra lors d'un incendie qu'a t il fait à Paris? La nuit blanche, la plage, imposer la foire du Trone et comme ça ne suffit pas les cirques aux abords du Bois de Vincennes. Bravo pour la polution des environs avec les stationnements et l'insécurité generés par ces millions de visiteurs. Il est vrai que la bande de la Mairie n'est pas génée par tout cela. Les riverains si!.....
Heureusement qu'il s'occupe des loisirs des Parisiens et des Parisiennes sinon comment ferions nous pour nous distraire.
Merci QUI MERCI PS
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