Alors que la campagne pour les élections municipales à Paris démarre lentement, les têtes de liste multiplient les déclarations de principe en faveur de la diversité, de la féminisation, de l'ouverture et du renouvellement. Il faut dire que les citoyens, et particulièrement les Parisiens, aspirent à ce qu'un vent d'air frais souffle sur un personnel politique en poste parfois depuis l'époque où Brejnev et Jimmy Carter régentait la planète (par exemple, Bertrand Delanoë et Daniel Vaillant sont élus au Conseil de Paris depuis 1977...).
Au-delà de quelques cautions recrutées à la hâte pour symboliser, qui les "minorités visibles", qui les femmes battantes, ou les deux à la fois, ce qui frappe en voyant les listes annoncées dans la presse, c'est plutôt la tendance de certains élus à cumuler les mandats. Ainsi, Bertrand Delanoë, qui se présente aujourd'hui comme le héraut du non-cumul (après avoir toutefois pratiqué le cumul pendant plus de dix ans...), n'a pas hésité à présenter des candidats qui détiennent déjà des mandats par ailleurs. Têtes de liste pour les prochaines municipales -et donc assurés d'être élus au Conseil de Paris-, Patrick Bloche, Annick Lepetit, Daniel Vaillant et Roger Madec sont déjà élus au Parlement. Une responsabilité qui, dans un contexte politique très chargé, devrait les occuper à plein temps. D'autres candidats annoncés sont par exemple élus au conseil régional d'Ile-de-France. C'est le cas notamment d'Anne Hidalgo, première adjointe du maire de Paris.
Quels que soient la valeur et l'engagement de ces personnes dans chacune de leurs responsabilités électives, le cumul des mandats n'est plus tolérable dans une démocratie moderne. L'ubiquité n'existe pas et on ne peut correctement servir les citoyens en étant au four et au moulin. A moins de se livrer à un mélange des genres qui ne grandit pas les institutions. On ne peut pas à la fois prôner le renouvellement et ne pas l'appliquer soi-même. Le cumul des mandats est sans doute le meilleur obstacle à un nécessaire renouvellement du personnel politique qui devrait permettre aux élus d'être mieux en phase avec la population. Si on renonce au cumul des mandats, alors on créera un appel d'air qui permettra mécaniquement à davantage de femmes, de jeunes, de français d'origine étrangère ou modeste de pénétrer enfin dans les lieux de pouvoir.
C'est le maintien de la pratique indéfendable du cumul des mandats qui a contraint la classe politique au vote d'une loi comme la parité qui a introduit le principe détestable des quotas et qui, dans la pratique, remplace souvent des cumulards par des cumulardes. Avec la parité, à quelques exceptions près, le quinquagénaire blanc issu des couches supérieures fait une place sur la photo à une quinquagénaire blanche issue des mêmes couches supérieures. La belle affaire!
En outre, s'agissant des élus parisiens, l'argument de la représentation des territoires et des régions, qui justifient l'existence du député-maire, ne vaut pas. C'est pourquoi les élus parisiens devraient montrer la voie vers une conception plus ouverte de la démocratie et favoriser véritablement le renouvellement réclamé par les citoyens en rejetant définitivement cette pratique d'un autre âge qu'est le cumul des mandats.
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Lire notamment l'appel au candidat du PS lancé par de jeunes militants socialistes et publié sur le site de
Marianne.