Le Perroquet Libéré

"Je vous demande d'être des citoyens actifs et de nous dire ce qui ne va pas" (Bertrand Delanoë)

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La Lettre du Perroquet Libéré n°50



Editorial : 5 ans déjà !

La Lettre du Perroquet Libéré n°50
C'est le cinquantième numéro de la Lettre du Perroquet Libéré. L'occasion de se retourner sur cinq ans d'existence d'un contre-pouvoir citoyen agissant, indépendamment de tout parti politique, en faveur du pluralisme de l'information et de la liberté d'expression.

Créé en réaction au cynisme d'un politicien connu pour
mettre en scène sa vie privée à des fins politiques qui, après avoir inauguré son mandat par une auto-augmentation de son indemnité n'hésite pas à contourner le principe de laïcité pour mieux segmenter un électorat intoxiqué par un déluge de communication (ça ne vous rappelle pas quelqu'un ?), Le Perroquet Libéré a rencontré un écho croissant auprès des internautes.

Si l'on s'en tient aux chiffres de fréquentation de l'année 2007, les résultats sont encourageants : plus de 210.000 visiteurs (32.000 adresses IP différentes) se sont rendus sur le site du Perroquet en un an, ce qui correspond à 4,5 millions de pages lues. De quoi contribuer utilement à l'information des citoyens.

Il nous faut d'ailleurs remercier à la fois la presse parisienne (pharisienne ?) qui, par son traitement bienveillant voire complaisant à l'égard de Bertrand Delanoë, a suscité chez un nombre croissant de lecteurs l'envie de chercher d'autres sources d'information, et l'opposition municipale dont la nullité depuis 2001 a ouvert un boulevard à la cyberguérilla, dans lequel s'est engouffré Le Perroquet.

Au final, il n'y a guère que le beau temps qui nuit à l'audience du site web du Perroquet. Contrairement à Paris-Plage.

Et, malheureusement, le déroulement de la campagne municipale laisse à penser que votre volatile a encore de beaux jours devant lui.


François Devoucoux du Buysson et Max Dupré
Fondateurs du Perroquet Libéré


La Lettre du Perroquet Libéré n°50
Gaffe ou provocation ?
Pour sa réunion électorale consacrée à « La mobilité dans le 5ème », la candidate PS Lyne Cohen-Solal n'a pas trouvé de meilleur endroit qu'un restaurant du boulevard Saint-Marcel. Faire l'apologie de la politique des transports de Delanoë boulevard Saint-Marcel, il fallait oser !

C'était mieux avant ?
L'adjoint à la sécurité de Bertrand Delanoë, Christophe Caresche, a confié ses souvenirs d'étudiant au bulletin de l'Association des Anciens de l'IEP Grenoble : « Quand je suis revenu à Paris, j'ai trouvé l'environnement beaucoup plus dur, plus impersonnel ; c'était beaucoup plus difficile de se voir entre amis à cause des transports. » Ca ne s'est pas amélioré…

Bougre d'Anne
Pour railler la proposition de Françoise de Panafieu d'interdire les véhicules de plus de dix ans dans la capitale, Anne Hidalgo s'est livrée à une curieuse confidence : "J'ai une Espace de plus de dix ans et n'ai pas l'intention d'en changer". Pourtant, comme le montrent les chiffres, une voiture neuve fait plus baisser la pollution que les vieilles lunes écolo mises en œuvre par l'actuelle municipalité.

Gaudillère, gaudillot du maire ?
Alors que le maire de Paris est toujours un grand donneur de leçon de démocratie et de respect des électeurs, ses pratiques n'ont finalement rien à envier à ses prédécesseurs lorsqu'il s'agit de caser ses amis. Ainsi, son directeur de cabinet Bernard Gaudillère, qui vit dans le 15ème arrondissement, figure en bonne place sur la liste PS du 10ème, un arrondissement populaire qui offre il est vrai de meilleures chances d'élection au Conseil de Paris à un appartchikapparatchik socialiste que le très bourgeois 15ème… Selon des sources proches du maire, Bertrand Delanoë souhaite que son directeur de cabinet devienne adjoint aux finances après sa réélection... Histoire d'avoir un gaudillot à un poste stratégique pour la conquête de l'Elysée ?

Le silence du maire
Autre exemple du peu de cas que Bertrand Delanoë fait de la démocratie, son refus de débattre avec ses adversaires avant les élections. Une décision surprenant de la part de quelqu'un qui proclamait encore récemment sur son site de campagne : « Le débat démocratique ne peut pas être un monologue ».

La Lettre du Perroquet Libéré n°50
Maire Nostrum
En annonçant sa candidature à Paris dans une interview accordée au Parisien, Rachida Dati s'était abstenue d'émettre la moindre critique envers la politique de Bertrand Delanoë, précisant même que l'homme était respectable (une précision utile ?) et qu'elle formulerait, dès la campagne venue, sa vision pour Paris. Quelques semaines après ce brillant premier fait d'armes, la ministre la plus visible du Gouvernement se fait fort discrète à Paris, au point de ne plus inquiéter du tout Bertrand Delanoë : « J'aime bien Rachida, entre Méditerranéens, on se comprend » concède-t-il volontiers à ses proches, selon Le Monde. A Paris, l'Union de la Méditerranée est déjà en mouvement !

Mais où ont-ils la tête ?
Dans le 13ème, l'UMP a organisé sa traditionnelle Galette des Rois le 21 janvier, jour anniversaire de la mort de Louis XVI. Encore un mauvais présage…

Allah dérive
La proposition de Françoise de Panafieu de construire une nouvelle mosquée à Paris a enflammé le standard de Radio Courtoisie le 22 janvier au cours d'une émission dont le porte-parole de la campagne UMP était l'invité (cliquer ici). Par dizaines, les auditeurs de cette antenne très droitière ont exprimé leur indignation en jurant qu'ils ne voteraient pas pour Panafieu. Raillée à gauche, snobée au centre, malmenée sur sa droite… c'est à se demander qui va voter pour les listes UMP aux municipales.

La Lettre du Perroquet Libéré n°50
Le Parisien a choisi son camp
« Non, le tramway ne bloque pas les carrefours ! », titre Le Parisien du 26 janvier, se faisant l'écho de la réaction d'une « petite PME » spécialisée dans la régulation automobile, suite à la publication d'un rapport critique sur le tramway des universitaires Pierre Kopp et Rémy Prud'homme (cliquer ici). Inutile de préciser que ledit rapport n'a fait l'objet d'aucune retombée dans Le Parisien, qui semble plus sensible aux intérêts commerciaux d'une « petite PME » qu'à ceux de milliers de franciliens bloqués quotidiennement dans les embouteillages des Maréchaux ou du périph' adjacent.

A la louche
Autre exemple, ce commentaire du Parisien au sujet du HLM dont bénéficie la députée PS Delphine Batho : « Il s'agit d'un 110 m2 loué 11 euros le mètre carré, soit 1.200 euros par mois, un peu moins cher que le prix du marché, en moyenne de 17 euros le mètre carré dans ce quartier ». « Un peu moins cher » ? 11 euros au lieu de 17, ça fait quand même une sympathique ristourne de 36% !

Plage arrière
Après deux ans de bisbilles judiciaires, Le Touquet et Paris ont trouvé un arrangement amiable en ce qui concerne l'usage du nom Paris-Plage que les deux villes se disputaient. Les lecteurs du Perroquet ne seront pas surpris par cette nouvelle (cliquer ici) : la Ville de Paris a sans doute jugé sage de mettre un terme à des poursuites lancées un peu hâtivement qui ternissaient son image et qui risquaient de mal tourner…

Devine qui vient dîner ?
Dans son livre La Bataille de Paris (éditions de L'Archipel), Bertrand Gréco cite une fine analyse de Christophe Girard sur la perception de la politique de circulation de Delanoë par les Parisiens : « il n'y a pas un dîner où des gens, généralement fortunés et à responsabilités, ne se montrent hystériques au sujet de la circulation ». Christophe Girard n'en a peut-être pas idée, mais s'il dînait aussi de temps en temps avec des gens modestes et des sans grade, il obtiendrait à peu près le même résultat.
Autre citation d'anthologie, de Bertrand Delanoë cette fois, qui semble lui aussi souffrir dans les dîners : « J'ai un problème : la presse me hait ! Vous n'imaginez pas ce que je peux entendre dans les dîners en ville » On ne doit pas lire les même journaux…

La fine Equipe
Dans son livre, Bertrand Gréco raconte aussi la fuite de Bertrand Delanoë après la défaite cinglante de Paris 2012 à Singapour. « Le soir même, souligne l'auteur, il rentre à Paris à bord de l'A-219 de son ami Arnaud Lagardère, abandonnant (…) Jean-Paul Huchon, Jean-François Lamour et la plupart des sportifs. « On a tous trouvé ça très moyen, se souvient un membre de la délégation. On s'est sentis snobés. Et puis, c'était révélateur du jeu malsain qu'il entretenait avec Lagardère pendant la préparation de la candidature, une complicité gênante, presque choquante. » Dans l'avion privé du grand patron, dans ce petit club très select autour de Bertrand Delanoë, figurait Patrick Issert, journaliste à l'Equipe.
Les lecteurs du Perroquet se souviennent dans quelles conditions, quelques mois plus tard, la Ville de Paris attribuait à Arnaud Lagardère la très luxueuse concession sportive de La Croix Catelan, dans une procédure des plus opaques, sous la bénédiction journalistique… du même Patrick Issert, qui ne tarissait pas d'éloges pour la candidature Lagardère ! Comme le monde est petit.

La Lettre du Perroquet Libéré n°50
Du passé faisons table rase
Surprise à la Croix Catelan quand une équipe d'ouvriers s'attela à faire disparaître le logo du Racing Club de France gravé sur le mur du club-house, histoire de gommer toute référence à l'un des derniers clubs omnisports associatifs européens. Du passé faisons table rase, camarade Arnaud ! Et pourquoi pas la destruction de la plaque funéraire dédiée à la mémoire des nombreux anciens racingmen tombés pendant les deux guerres mondiales, pendant qu'on y est ?


Jeudi 31 Janvier 2008
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