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La Lettre du Perroquet n° 43
Edito : Paris ouvert
Le résultat du premier tour de l'élection présidentielle à Paris montre que la capitale est plus que jamais coupée en deux.
Déjà acquis à la gauche, les arrondissements de l'est ont dans l'ensemble majoritairement voté Royal tandis que ceux de l'ouest plébiscitaient Sarkozy. Certains basculements semblent s'opérer, comme dans le 4ème et le 9ème, des arrondissements gagnés par la gauche aux municipales de 2001 mais qui ont donné l'avantage au candidat de droite. Jean Tibéri, qui s'apprête à fêter 40 ans de mandat de député, est désormais menacé dans son fief du 5ème arrondissement où le PS n'est plus qu'à 600 voix de l'UMP. En revanche, Françoise de Panafieu -qui avait été enterrée un peu vite par certains commentateurs à l'affût des rumeurs- a de quoi se réjouir des résultats dans le 17ème arrondissement : 46% pour Sarkozy contre 23% seulement en faveur de Royal.
Les résultats de Bayrou, au-dessus de 20% en moyenne à Paris, incitent à la prudence quant aux projections en vue des prochaines élections municipales. En effet, si la droite est majoritaire en voix, elle ne l'emporte que dans dix arrondissements sur vingt et l'émergence d'un vote centriste d'importance est de nature à tranquilliser la municipalité sortante qui sait ce qu'elle doit à la tendance à la division de ses adversaires.
Le fait le plus marquant du point de vue local est sans doute le résultat catastrophique de Dominique Voynet qui ramène les Verts à 1,5% des voix à Paris. Même le 2ème arrondissement, dont le maire -Jacques Boutault- est écolo, n'a donné que 217 voix aux Verts… A un an des municipales, la question se pose de savoir s'il est normal qu'un parti représentant à peine plus d'un électeur sur cent puisse régenter toute la circulation dans Paris et pourrir la vie de millions de franciliens.
François Devoucoux du Buysson
A droite ? (DR)
Des embouteillages le dimanche !
Drôle d'idée de supprimer des bureaux de vote (77 bureaux de vote depuis 2000) alors que plus de 120.000 nouveaux électeurs se sont inscrits en 2006. Résultat à l'occasion du premier tour dimanche dernier : des files d'attente interminables, parfois de plus de deux heures ! Heureusement que la capitale n'a pas expérimenté le vote électronique…
La meilleure d'entre eux
Malgré cette désorganisation dissuasive, les parisiens se sont déplacés massivement, avec un taux de participation de 87,4%. Une nouvelle fois et de manière spectaculaire, ils ont plébiscité la droite, qui recueille près de 62% des voix contre 52% en 2002. Ce qui n'empêche pas Bertrand Delanoë de se féliciter du score de Ségolène Royal : "C'est le meilleur score jamais fait par un candidat socialiste à l'élection présidentielle à Paris". Un petit rappel bien cruel pour son ancien ami Lionel Jospin…
A l'Ouest, rien de nouveau
Dans le 16ème arrondissement, où Nicolas Sarkozy a obtenu 64%, la droite totalise 86,3%. Le candidat du PS qui se lancera sur cette terre de mission mérite incontestablement la palme du dévouement.
Bobomatic
Dans Libération, le géographe Jean-Pierre Lévy a bien résumé le phénomène Bayrou : "Le vote Bayrou permet à une certaine population plutôt aisée et venue de la gauche de revendiquer des valeurs culturelles et sociales acceptables, c'est-à-dire progressistes et parfaitement dans la norme sans remettre en cause leurs positions économiques ; ça évite de passer pour des réacs". Le recyclage des bobos en bourgeois tout court est en cours. Ils ne seront pas restés à gauche bien longtemps.
Victime de la mode
"A Paris, l'excellent résultat de François Bayrou est un coup de semonce à la vieille droite conservatrice qui s'est plus que jamais droitisée, n'a jamais changé ses méthodes et continue à distribuer ses investitures comme des prébendes aux courtisans et aux flatteurs. C'est aussi un avertissement sévère à la municipalité en place et à la dérive des Verts". Dixit Jean-Luc Romero qui a rallié Bayrou peu avant le premier tour parce que l'UMP refusait de lui donner l'investiture pour les législatives dans le 12ème arrondissement où il s'est porté candidat. Il avait déjà fait le coup à Séguin en 2001. Mais ce retournement de veste ne devait pas l'empêcher d'en prendre une aux élections législatives.
Antilibéral, tu perds ton sang-froid
Clémentine Autain (DR)
Les résultats à la loupe
Dans 20 Minutes, ce commentaire de Clémentine Autain sur le score d'Olivier Besancenot, qui a obtenu le score le moins minuscule des petits candidats : "Même s'il reste dans un petit ordre de grandeur, son score lui donne une responsabilité particulière pour donner une impulsion nouvelle à la gauche de gauche. En évitant un écueil: être en tête, ça ne veut pas dire être hégémonique, sur le mode «tout le monde derrière moi, sur mes bases politiques». Il faut permettre à tout le monde, des communistes aux partisans de José Bové, des militants de la LCR aux déçus du PS, de s'y retrouver". Hégémonique ? Avec 4,08 ?! Ce n'est plus de l'analyse politique, c'est de l'entomologie !
Real Politik
Dans le 17ème arrondissement, où Clémentine Autain s'est fait élire en 2001, la "gauche antibérale" dont elle se réclame (Buffet, Bové, Besancenot and co...) totalise péniblement 3,3% des voix. Pour être réélue en 2008, Clémentine Autain va devoir s'atteler à la gauche néolibérale. Comme en 2001...
C'est un début
Avec 17 voix, le schivardisme a amorcé un début d'implantation dans le 1er arrondissement.
On ne le fera pas taire
Le Perroquet Libéré ne cache pas sa sympathie pour Gérard Schivardi, "le candidat de maires" dont le programme gagnait à être mieux connu. Il n'a malheureusement pas su faire entendre sa voix. La faute aux embouteillages parisiens qui ont pollué son clip de campagne où il apparaissait symboliquement au milieu de la place de la République (cf. ci-dessous).
Ils ont de quoi être verts
Denis Baupin (DR)
Rapport de force
La candidate des Verts, Dominique Voynet, a obtenu 16.261 voix à Paris. On peut le dire : il y a aujourd'hui moins d'électeurs des Verts à Paris que de lecteurs du Perroquet !
Le négociateur
Du haut des 1,5% de sa candidate, Denis Baupin a annoncé que les écolos ne participeront pas à un gouvernement favorable au réacteur nucléaire EPR. Prière de ne pas rigoler.
Convaincus
Sur son blog, Denis Baupin s'est livré à cette fine analyse : "Les électeurs qui ont mis le bulletin de vote Dominique Voynet dans l'urne ce dimanche, sont ceux qui, convaincu par sa campagne pugnace jusqu'au bout, ont résisté au chantage du vote utile. Ce sont les plus convaincus de l'impératif écologique". Ce sont surtout les plus vaincus !
Appel à la prudence
Autre baupinerie d'anthologie : "Il serait vain d'en tirer des enseignements qui dépasseraient le cadre d'une élection nationale extrêmement personnalisée". Ce qu'il n'aurait pourtant pas manqué de faire si Dominique Voynet avait fait un bon score.
La lettre du Perroquet
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Paris Plagiat
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Revue de presse
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Un site bilan du mandat Delanoë
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