On observera ainsi que la salve de reniements de Françoise de Panafieu n'a pas empêché
"le gay de droite" officiel, Jean-Luc Romero, pourtant élu UMP, d'annoncer qu'il voterait pour Bertrand Delanoë. Une décision prise courageusement à une semaine du vote, quand les sondages montraient déjà clairement que la droite était à la ramasse... Certes, cette nouvelle traîtrise de Jean-Luc Romero (qui ne surprendra pas les observateurs les mieux avisés) ne pèse pas lourd : avec sa ligne
"sociétale de droite il n'avait rallié que 2% des suffrages sur son nom aux législatives de 2007. Cela dit, le symbole est intéressant car c'est Roméro qui avait poussé la droite à voter en faveur du calamiteux projet de
centre d'archives homosexuelles " (100.000 euros de subventions du Conseil de Paris en 2002 gaspillés depuis : le projet est au point mort...). C'est lui aussi qui avait traîné Françoise de Panafieu au Banana Café où elle avait posé devant des go-go dancers en string (où quand la
"déringardisation" devient ringarde à souhait...). A gauche, on en rigole encore.
En outre, le journaliste de
Têtu qui a interviewé Panaf n'a pas caché sa déception en voyant une des bêtes noires du mouvement gay renier une à une ses propres prises de positions :
"Nous sommes presque désolés au fil de l'entretien de la voir revenir sur tout ce qu'elle a déclaré un peu hâtivement ces dix dernières années (...). Grosso modo, tout ce qu'elle a dit et qui frisait l'homophobie, elle ne le pense plus. (...) C'est littéralement désarmant. On sort de son bureau interloqué."
A l'instar d'Act Up, les militants communautaristes sont des guerriers qui respectent plus ceux qui leur font face que ceux qui gobent tous leurs slogans (auxquels ils ne croient pas toujours eux-mêmes... voir l'épisode du mariage gay) sans ciller.
Quant aux électeurs, on verra si la droite parisienne parvient à les convaincre qu'on peut être dignes de représenter ses concitoyens quand on change de conviction aussi radicalement à la lecture des journaux. Les sujets qui tournent autour de l'identité, de l'individu, des appartenances, des droits, sont des sujets sérieux où il n'est pas forcément souhaitable que tout le monde se mette à penser la même chose.
Surtout, on attend toujours la démonstration qu'un électeur se définit le jour du vote en fonction de ses préférences sexuelles. Un commerçant gay vote-t-il d'abord pour le développement du commerce ou la reconnaissance du mariage gay? Un homosexuel dont l'entreprise est menacée de délocalisation va-t-il être plus sensible à la place de la France dans la mondialisation où à la signature des pacs en mairie? Un couple de femmes soumises à un projet de vente à la découpe de leur immeuble va-t-elle être séduite par le fait que les enfants de Françoise de Panafieu vont à la Gay Pride avant de s'intéresser aux propositions de l'UMP contre la spéculation immobilière ?
Réponse très bientôt...
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Lire aussi une interview (entre deux bandeaux de pubs pour des mecs
"TBM"...) de Françoise de Panafieu au magazine gay
E-llico
Dans le même registre, pour ceux qui se demandent pourquoi Jean-Marie Cavada s'est lancé en politique :
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