Si internet ne fait pas encore gagner une élection, il peut néanmoins contribuer à la faire perdre. Surtout à Paris où la grande majorité des foyers sont connectés, le plus souvent en haut débit. En outre, la perméabilité croissante entre les médias traditionnels et internet renforce le rôle stratégique du Web dans la communication politique et la propagande électorale.
Que dire du site de campagne
Panafieu2008 ? D'autres ont déjà eu l'occasion de railler son esthétique
cheap même s'il faut reconnaître que ses couleurs pastel sont en harmonie avec une campagne planplan dont on se demande parfois si elle a déjà démarré.
On ose espérer que la maintenance du site est bénévole tant son animation est pauvre. Ceux qui ont constaté que
"L'image de la semaine" pouvait rester inchangée plusieurs semaines comprendront... Idem pour les vidéos dont la faible rotation a de quoi vite décourager les internautes qui visitent le site à quelques jours d'intervalle.
Un site de campagne, c'est aussi un centre de ressources à destination des journalistes ou des indécis. Or, de ce point de vue, la visite de Panafieu2008 ne s'avère pas tellement utile à ceux qui cherchent à connaître les positions de la candidate : toutes ses interventions publiques n'y sont pas archivées ni même recensées. Par exemple, dans la famélique rubrique interview, on ne trouve qu'un seul entretien datant de plusieurs mois. C'est dommage car Françoise de Panafieu a multiplié les apparitions dans les médias de toutes sortes depuis son entrée en campagne.
Le site de campagne Panafieu2008 présente les 20 têtes de liste UMP dans les arrondissements mais sans aucune homogénéité. Cette présentation renvoie souvent à des blogs personnels morts (comme celui de Pierre Lellouche dont la dernière mise à jour remonte à mai 2007...) ou à des sites dédiés la jouant perso. En effet, les sites de campagne du 4ème, 6ème, du 15ème, du 16ème, du 18ème ou du 19ème n'affichent pas la mention Panafieu2008 sur leur page d'accueil, ce qui en dit long sur la coordination de la campagne parisienne et la capacité d'entraînement de la tête de liste... Quant au stratégique 12ème et au disputé 9ème, c'est vite vu : aucun site de campagne dédié n'est indiqué (comme pour le 7ème avec Rachida Dati...). En un temps où l'affichage sauvage n'est plus toléré, faire une croix sur internet relève du sabordage.
Passons sur l'interactivité du site Panafieu2008 qui est inexistante, un point commun avec
bertranddelanoe.net. Cela dit, si les commentaires sont étroitement surveillés et purgés sur le site de Bertrand Delanoë, un public non averti peut croire à la fable d'un candidat à l'écoute des critiques en lisant les quelques messages alibi qui sont publiés.
Quant à la
"Panafosphère", elle se limite à quelques sites satellite autistes et paresseusement mis à jour comme les redondants sites
Jeunes Avec Panafieu et
Place Panafieu. Internet, c'est avant tout des liens sans lesquels on ne peut pas tirer parti en termes d'audience de la mécanique de La Toile. Faute de multiplier ces liens vers le monde extérieur pour attirer du sang neuf et des curieux, on se condamne à un fonctionnement en cercle fermé "UMP" (dont le logo figure un peu partout). Les rares militants présents sur un site s'invitent entre eux à aller se tenir chaud sur un clone de la même famille où l'on retrouvera les mêmes auteurs de commentaires dépourvus d'enthousiasme et -faute de débat contradictoire et de stimulation externe- d'arguments.
De même, l'absence des troupes militantes sur les fronts virtuels que sont les forums des grand journaux où l'espace laissé aux commentaires de lecteurs sur des sites aussi fréquentés que lemonde.fr, nouvelobs.com ou lefigaro.fr se fait cruellement sentir. Une rapide visite de ces sites de discussion montre que les fans du maire sortant, eux, ont compris l'intérêt qu'il y avait à occuper se terrain pour dénigrer l'adversaire et alimenter le buzz. Voir par exemple l'agitation orchestrée autour des "faux électeurs" de Vincent Roger ou du non-vote de Françoise de Panafieu sur les test ADN...
D'ailleurs, les petites mains de Bertrand Delanoë ne se laissent rien au hasard comme le montre par exemple le travail remarquable d'édification de la notice consacrée à leur champion sur Wikipedia (
cliquer ici). La fiche sur Bertrand Delanoë en est plus conséquente que celle d'une vraie figure historique comme Léon Blum (
cliquer ici). Sans parler du travail de sape accompli sur celle de
Françoise de Panafieu...
Ca n'allait pas soi (
cliquer ici) mais, force est de constater que, sur internet, Bertrand Delanoë a vraiment
"un temps d'avance" sur Françoise de Panafieu !