Le Perroquet Libéré

"Je vous demande d'être des citoyens actifs et de nous dire ce qui ne va pas" (Bertrand Delanoë)

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Le Perroquet Libéré n°39

Edito : Le boulevard de la peur

Le boulevard Saint-Marcel est sans aucun doute le symbole le plus frappant des expérimentations hasardeuses menées par la mairie de Paris dans le domaine de la circulation. Avec ses doubles sens et ses voies multiples, cette artère qui sépare le 5ème et le 13ème arrondissement représente tout ce qu'il ne faut pas faire.
Voilà des mois, pour ne pas dire des années, que de nombreuses voix tentent d'alerter les responsables politiques sur les dangers du boulevard Saint-Marcel. Il faut regarder à droite, à gauche, puis encore à droite, prendre garde aux bus qui sont lancés à toute bombe dans leurs couloirs protégés et se fier à des panneaux incompréhensibles.
Pas étonnant dès lors que les accidents se multiplient sur le boulevard Saint-Marcel. Deux personnes ont ainsi été tuées à cet endroit depuis la rentrée, dont une jeune mère de famille qui traversait avec son bébé. Interpellé par le mari de la victime qui semble décidé à poursuivre la mairie, Bertrand Delanoë élude un peu vite sa responsabilité : "J'ai été extrêmement inquiet en apprenant ces drames. Mais je peux vous dire, après une enquête approfondie de la préfecture de police, qu'aucun accident mortel n'est lié aux travaux. Le mari de cette dame, pour lequel j'ai beaucoup de solidarité, veut déposer plainte mais c'est un élu UMP qui le pousse à le faire pour des raisons politiciennes, vulgaires et, si j'ose dire, dégueulasses. Ces élus ne méritent pas de représenter la démocratie. C'est un accident désolant. Sachez qu'à Paris les accidents ont connu une baisse considérable depuis 2001" (propos tenus lors du compte-rendu de mandat dans le 13ème arrondissement).
C'est vrai que le nombre d'accidents a diminué à Paris depuis 2001. Comme partout en France... Mais c'est vrai aussi -et ça, le maire se garde bien de le souligner- qu'il a fortement augmenté sur la période récente : + 30% de tués à Paris au 1er semestre 2006. Selon les chiffres 2005 de la préfecture de police (que le maire ne cite que quand ça l'arrange), le boulevard Saint-Marcel est le plus accidentogène de la capitale avec un nombre d'accidents en hausse de 138% en un an.
Alors, bien sûr, le maire peut mettre les décès enregistrés sur le compte du hasard ou de l'imprudence. Sur le plan légal, il ne risque pas grand chose. Mais sur le plan moral, il lui sera plus difficile de s'extraire de cette réalité dont sa politique est quelque peu responsable : aujourd'hui, pour ceux qui l'empruntent, le boulevard Saint-Marcel est devenu le boulevard de la peur.

François Devoucoux du Buysson



Circulez, y a rien à voir !

Traverser tue
Traverser tue
Paris Péage
Le gouvernement semble vouloir s'inviter dans le débat parisien en lançant l'idée d'un péage urbain à l'entrée de Paris, une proposition rejetée par les adjoints concernés au motif qu'elle irait à l'encontre de la justice sociale. Mais, quand on regarde de près la politique de tarification du stationnement instituée par la municipalité parisienne (0,5 euros par jour pour les résidents, 3 euros par heure pour ceux qui viennent de l'extérieur), difficile de ne pas y voir une forme hypocrite et injuste de péage urbain.

Le mystère de la chambre (à air) jaune
Les vélos en libre-service à Paris, c'est pas pour demain. Le tribunal administratif a annulé pour vice de forme la procédure de passation du marché élaborée par la Ville de Paris. Le fan-club du maire s'est déchaîné contre cette décision en montrant du doigt la société JC Decaux qui avait saisi la justice. "JC Decaux retarde les vélos gratuits à Paris" titrait ainsi Libération tandis que Le Parisien publiait -ô sommet du journalisme d'investigation- un document de la Ville opportunément parvenu jusqu'à sa rédaction et selon lequel Decaux était sur le point de perdre l'appel d'offres. Et les Rouletabille du Parisien d'évoquer un possible "espionnage industriel" à l'origine du recours devant les tribunaux... C'est bien gentil de relayer la communication municipale en présentant Decaux sous les traits du méchant capitaliste privant les Parisiens d'un ersatz des Velo'V lyonnais, mais c'est oublier un peu vite que c'est surtout l'incompétence des services de la mairie chargés de mener les appels d'offres qui a motivé la décision du juge.

Baupin déraille
Selon Le Parisien, Denis Baupin a été verbalisé pour avoir roulé à vélo sur un trottoir. Pour une fois qu'il prenait son vélo (cliquer ici), c'est pas de bol !

Faut pas pousser
Toujours selon Le Parisien, la RATP s'apprête à recruter 45 "pousseurs" chargés d'entasser les gens dans les rames archi-bondées de la ligne 13. La politique de circulation de la Ville de Paris n'a pas seulement fait qu'augmenter le nombre de passagers dans le métro -au détriment de la qualité de service-, elle crée aussi des emplois !

Un taxi de moins
C'est à Marseille que se tourne actuellement le film Taxi 4, avec Samy Naceri et Frédéric Diefenthal. C'est sûr qu'à Paris, avec les embouteillages et une vitesse moyenne de circulation à 12 km/h, ça pouvait pas le faire...

Par ailleurs...

DR
DR
Révélation
A 33 ans, Clémentine Autain a accompli de grandes choses comme une manif devant les Galeries Lafayette et l'animation d'un conseil municipal de jeunes à Paris. C'est dire si la sortie de sa biographie était urgente. On y apprend surtout que Clémentine Autain a été violée il y a dix ans. Une révélation fortement médiatisée qui n'a rien à voir avec le fait que l'adjointe à la jeunesse de Bertrand Delanoë soit en lice pour représenter la "gauche anti-libérale" -que l'on n'a guère vue à l'oeuvre à l'Hôtel de Ville depuis 2001- aux prochaines présidentielles. Clémentine Autain applique ainsi la méthode Delanoë : de la même façon que ce dernier était sorti de l'anonymat en révélant son homosexualité à la télé à la veille de la campagne municipale, Clémentine Autain utilise un événement de sa vie privée pour accroître sa notoriété, jusqu'ici limitée à Technickart et aux chaînes du câble.

Quand Delanoë privatise
Lors de son compte-rendu de mandat dans le 13ème arrondissement, Bertrand Delanoë a été pris à partie par une puéricultrice de la halte-garderie Jean Giono qui dénonçait la privatisation de cette crèche dont la gestion a été transférée à People And Baby, une entreprise privée fondée par le fils de Laurent Fabius. Cette privatisation avait d'ailleurs été critiquée par les parents qui se montraient satisfaits des services de La Passerelle, l'association assurant auparavant le service de garderie. Pour échapper à cette question embarrassante, Bertrand Delanoë a prétendu à l'assistance que cette jeune femme s'était trompée et que People And Baby n'était pas la boîte de Thomas Fabius. Il faut croire que le maire de Paris ne connaît pas bien ses dossiers... (cliquer ici et ici) Ajout du 6 décembre 2006 : les liens précédents ayant été opportunément désactivés par quelques "nettoyeurs", on peut toujours confirmer nos informations ici

La place du calife
Le 16 novembre, le maire de Paris a inauguré dans le 5ème arrondissement, à deux pas de la mosquée de Paris, une "place Emir Abd El-Kader" du nom du chef de la résistance algérienne à la conquête française. Drôle d'idée tout de même d'honorer à Paris un personnage surtout connu pour avoir mené une guerre contre la France... L'ambassadeur d'Algérie était l'invité d'honneur de cette cérémonie. Nous attendons maintenant que Bertrand Delanoë se rende à l'inauguration d'une avenue Charles de Gaulle à Alger.

A l'Ouest, du nouveau
Récemment, le Journal du Dimanche s'étonnait que le nombre d'ahérents du PS ait explosé dans "le très huppé 16ème" arrondissement (de 145 à plus de 600). Est-il vraiment surprenant que le PS d'aujourd'hui séduise davantage dans les quartiers chics que dans les cités populaires ? Et qu'en serait-il si les élus militaient là où ils vivent vraiment : adhérents du PS dans le 18ème arrondissement, Jospin et Delanoë vivent dans le 6ème (l'arrondissement le plus cher de Paris); maire du 20ème, Michel Charzat habite dans le 16ème...


Mercredi 29 Novembre 2006
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