Le Perroquet Libéré

"Je vous demande d'être des citoyens actifs et de nous dire ce qui ne va pas" (Bertrand Delanoë)

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Le Perroquet Libéré n° 40

Edito : les enfants de Tartuffe

Parti des bords du Canal Saint-Martin, l'esprit de Noël a enveloppé nos responsables politiques. La main sur le coeur, les voilà qui promettent dans une belle unanimité de vite reloger tous les sans-abri.
En les voyant se pousser du coude pour jouer les Sancho Panza des Enfants de Don Quichotte, on en oublierait presque à quel type de lascars on a affaire. Prenez par exemple Jacques Chirac, qui se la joue désormais Gracchus Babeuf avec son "droit au logement opposable" alors que son long règne sur la mairie de Paris a été entaché par le fameux scandale des HLM. Faut-il rappeler que cette cascade de passe-droits privait de logements à prix réduit ceux qui en avaient le plus besoin ? Et que dire de Bertrand Delanoë, qui s'est précipité pour signer parmi les premiers la charte des Enfants de Don Quichotte quelques mois après avoir fait virer de Paris-Plage les tentes de SDF qui l'émeuvent tant aujourd'hui ?
On attend avec impatience de connaître le discours qu'il tiendra aux 103.000 inscrits sur la liste d'attente des HLM de Paris lorsqu'ils seront en mesure d'opposer à la Ville leur droit au logement. On est tout aussi curieux de savoir ce qu'il dira à ceux qui se sont saignés aux quatre veines pour acheter un appartement à Paris en plein boom spéculatif et qui verront le prix de leur bien chuter si on installe des logements sociaux à proximité.
Ces politiciens qui se bousculent dans le tramway de la démagogie peuvent bien promettre un "droit au logement opposable". Après tout, ça n'engage pas à grand chose. Combien de SDF iront vraiment poursuivre les collectivités devant un tribunal dans l'espoir de se voir attribuer un logement après une procédure longue et coûteuse ? Et quelles seraient d'ailleurs leurs chances d'obtenir gain de cause alors que c'est justement la pénurie de logements qui a favorisé l'envolée des prix et donc l'impossibilité de se loger pour les plus modestes ?
Ceux qui promettent des droits inapplicables devant les caméras feraient mieux de mobiliser les moyens dont ils disposent vraiment comme la formidable cagnotte des droits de mutation perçus par la Ville de Paris (800 millions d'euros en 2006) ou de passer en revue la situation financière des actuels bénéficiaires de HLM pour s'assurer qu'ils peuvent toujours y prétendre.
Plus qu'à Don Quichotte, cette agitation nous fait surtout penser à Tartuffe.

François Devoucoux du Buysson



Le retour des tentes à Paris-Plage ? (DR)
Le retour des tentes à Paris-Plage ? (DR)
Delanoë trentenaire
Sur sa carte de voeux (cliquer ici), le conseiller UMP Christophe Lekieffre, rappelle un anniversaire qu'il ne faudra pas oublier de souhaiter en 2007 : le 20 mars 1977, Bertrand Delanoë était élu conseiller de Paris. Trente ans de mandat, ça se fête !

Le SMIC Jeunes de la mairie
La mairie se vante de payer à 30% du SMIC les stagiaires de la Ville depuis la rentrée (cliquer ici). Pas de quoi pavoiser, c'est juste le montant légal permettant de ne pas payer de charges sur cette main-d'oeuvre bon marché que sont les stagiaires. Communiquer la main sur le coeur pour annoncer qu'on se met en conformité avec la loi, c'est très fort.

OPA opaque sur le sport parisien
Grâce à son pote le maire, Lagardère fait des affaires… On le connaissait déjà en bonne position sur le marché oligopolistique des médias, le voilà bien parti pour constituer à peu de frais l'un des fleurons du sport parisien ! Après le stade Jean-Bouin, le Paris Judo, la piscine Molitor et la Croix Catelan, il fait une OPA sur le Racing Club de France, l'une des dernières associations multi-sports indépendantes de France. Et dans quelles conditions ! En reprenant ses actifs –son patrimoine immobilier- sur 20 ans et ses centres de coûts –les sections sportives- sur 3 ans seulement ! Comme on le dit souvent dans les conseils d'administration, c'est encore avec les socialistes qu'on fait les meilleurs affaires.

Un (petit-)"fils de" recasé
Député de Paris, Jean De Gaulle a été nommé conseiller à la Cour des Comptes par Jacques Chirac. Histoire de faire de la place à la ministre Catherine Colonna pour les prochaines législatives. Quand on lit le résumé hilarant des interventions récentes de Jean De Gaulle à l'Assemblée sur le blog Députés Sous Influence (cliquer ici), on se dit qu'il était sans doute temps pour lui de passer la main.

La vie chère, c'est aussi à Paris
Le prix de l'eau à Paris a encore augmenté de 7,34% au 1er janvier. La Ville de Paris présente cette hausse (presque 4 fois plus forte que l'inflation...) comme une conséquence de la baisse de la consommation des Parisiens. Une aberration déjà évoquée par Le Perroquet Libéré (cliquer ici). Sachant qu'en toute logique, l'augmentation du prix devrait avoir pour effet de comprimer la demande, la hausse n'est donc pas près de s'arrêter.

Les Champs Elysées sponsorisés
Les Champs Elysées sponsorisés
Capitale privée
La privatisation de l'espace public progresse de façon inquiétante. Pour preuve, les décorations qui ont recouvert les Champs-Elysées à l'approche des fêtes : d'affreuses banderoles jaunes marquées du logo d'une multinationale (photo ci-contre). Parisiens, réjouissez-vous, General Electric vous offre cette promenade sur les Champs-Elysées. C'est bien la peine d'avoir un maire socialiste...

Des embouteillages à l'entrée du Parc ?
L'affaire des supporters du PSG a donné lieu à une surenchère de discours répressifs des élus parisiens, de droite comme de gauche. Les mêmes qui, en 2008, ne manqueront pas de faire la Ola dans les tribunes du Parc des Princes pour draguer l'électorat footeux... Bertrand Delanoë a été jusqu'à réclamer "des contrôles d'identité à l'entrée du Parc des Princes". Après les embouteillages de voiture, les embouteillages de supporters.

Des moyens de faire baisser la pollution
Denis Baupin se félicite de la baisse de la pollution dans la capitale, due pour l'essentiel au renouvellement du parc automobile. De même, il se targue d'avoir favorisé l'avènement d'un mode de transport écologique avec la mise en service d'une ligne de tram électrique. La baisse de la pollution, les gentils écolos en rêvent et les méchants lobbies automobile et nucléaire la font.

La banlieue privée de tram
Alors que la mairie fête en grande pompe le retour du tramway, la banlieue pleure le tramway Chatillon-Viroflay. En effet, alors que le projet de relier les villes du sud-ouest de la petite couronne en vue d'améliorer la connexion interbanlieue -problème majeur du transport en Ile de France- semblait bouclé et que les premiers coups de pioche étaient annoncés pour la fin 2006, l'Etat a soudain décidé de revenir sur sa part du financement. La déception est de taille et de nombreux sites internet ont vu le jour pour demander la poursuite du projet (cliquer ici), autrement plus stratégique qu'une duplication du bus PC entre le 13ème et le 15ème. C'est l'ironie de la politique des transports parisiens : alors que les Parisiens ont obtenu un tramway qu'ils ne voulaient pas, les banlieusards ne sont pas près d'avoir le tramway qu'ils veulent.

Avec rancune
Le 15 décembre dernier, François Devoucoux du Buysson était convié par Radio Classique à un débat au sujet du tramway. La veille, le journaliste appelle, visiblement embarrassé, pour annuler l'invitation. Le service de presse de Denis Baupin venait de refuser la participation au débat du fondateur du Perroquet Libéré pour cause de "propos homophobes" (!?). "C'est la première fois qu'on me fait ça" s'excusa le journaliste qui, réglo, diffusa néanmoins un entretien avec le proscrit quelques jours plus tard. Les fameux "propos homophobes" évoquaient sans doute la révélation par Le Perroquet Libéré du scandale des archives homosexuelles (cliquer ici). A moins que Denis Baupin ne se soit vengé d'un petit scoop du Perroquet qu'il n'a pas du tout apprécié (cliquer ici)...

Dérapage communautaire
En parlant d'homophobie, la mairie est d'ailleurs montrée du doigt pour avoir subventionné une cérémonie au cours de laquelle un prix a été remis à Admiral T, un rappeur connu pour ses violentes saillies anti-homos. Toujours diligent lorsqu'il s'agit d'arroser les réseaux antillais, le cabinet du maire avait fait voter une subvention à Good Music Diffusion (cliquer ici), l'association organisant les Césaire de la musique récompensant des artistes... noirs (cliquer ici). . Et pourquoi pas les Bernanos de la littérature pour les écrivains chrétiens ou les Woody Allen du cinéma pour les réalisateurs juifs ? Voilà ce qui arrive quand on pratique le communautarisme à tout crin. On veut s'attirer les bonnes grâces de toutes les clientèles, des noirs aux homos, en subventionnant tout ce qui porte le label communautaire et on se retrouve pris entre deux feux... La prochaine fois, pour avoir la paix, la mairie n'aura qu'à subventionner une association d'homosexuels noirs.

Un anti-racisme à géométrie variable
Episode 1 : "Dans cette équipe, il y a neuf blacks sur onze. La normalité serait qu'il y en ait trois ou quatre. Ce serait le reflet de la société. Mais là, s'il y en a autant, c'est parce que les blancs sont nuls", a déclaré M. Frêche. "J'ai honte pour ce pays. Bientôt, il y aura onze blacks. Quand je vois certaines équipes de foot, ça me fait de la peine". (Georges Frêche)
Réaction de Bertrand Delanoë : "Je découvre avec consternation les propos attribués à Georges Frêche. Evoquer la «normalité» pour dénoncer la présence de «neuf blacks» dans l'équipe de France de football, traduit une conversion indigne à l'idéologie et à la rhétorique de l'extrême droite. A l'heure où le devoir de la gauche est au contraire d'engager un combat sans merci pour la tolérance et de favoriser une diversité accrue de notre représentation nationale, ces paroles, si elles ont effectivement été prononcées, sont inacceptables. Dans cette hypothèse, j'attendrais du parti dont je suis membre qu'il tire les conséquences de ce grave dérapage en procédant à l'exclusion de son auteur".
Episode 2 : ""La bite des noirs est responsable de la famine en Afrique, l'animateur répondait "Et alors? C'est la vérité! L'Afrique crève de tous les enfants qui y naissent sans que leurs parents aient les moyens de les nourrir. Je ne suis pas le seul à le dire. Il faudrait stériliser la moitié de la planète!".
Réaction de Bertrand Delanoë : "Mon ami Pascal Sevran n'a jamais été effleuré par la moindre pensée raciste".
Si vous comprenez la logique...

Mardi 02 Janvier 2007
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