Le Perroquet Libéré

"Je vous demande d'être des citoyens actifs et de nous dire ce qui ne va pas" (Bertrand Delanoë)

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Le Salon du Livre du Perroquet Libéré

Le Perroquet Libéré propose à ses lecteurs une sélection de livres qui méritent qu'on y jette un oeil. Bonne lecture !



101 mesures pour sauver la France

Le Salon du Livre du Perroquet Libéré
Fin connaisseur du fonctionnement des institutions du pays, Claude Feder est un haut-fonctionnaire ingénieux et soucieux du bien public qui est convaincu que c'est avec des idées nouvelles qu'on sortira la France de la panade. Des idées concrètes et symboliques à la fois, susceptibles de recueillir un large consensus au-delà des clivages partisans tout en étant comprises par l'opinion. Maniant l'antiphrase et le second degré avec virtuosité, il énonce ainsi des propositions que l'on aurait tort d'écarter avec trop de hâte :
- Vendre les trésors du Louvre pour sauver les 35 heures (proposition n° 1);
- Délivrer un titre de séjour à tout étranger faisant moins de 5 fautes à la dictée de PIVOT (proposition n° 7);
- Nommer Dominique de Villepin ambassadeur en Côte d'Ivoire (n° 22);
- Interdire aux ministres les voyages d'agrément au Maroc (n° 47);
- Permettre aux intermittents du spectacle de remplir leur quota d'heures en animant des files d'attente dans les bureaux de poste et les guichets de la SNCF (n° 64);
- Licencier les employés de l'ANPE pour ne réembaucher que ceux qui auront trouvé du travail par eux-mêmes (n° 68);
- Soumettre les ours slovènes s'attaquant aux brebis à une mesure de reconduite à la frontière (n° 81).
Ces mesures de bon sens s'appliquent aussi à la municipalité parisienne où Claude Feder a exercé des responsabilités dans un passé pas si lointain. Bertrand Delanoë ne saurait en effet rester indifférent à des propositions qui complètent utilement les orientations qu'il a fait prendre à la Ville depuis 2001 :
- Interdire les Rolex en or aux membres du Comité international olympique (proposition n° 12);
- Créer des lignes de natation réservées aux cyclistes dans les piscines parisiennes (n° 13);
- Imposer le covoiturage aux conducteurs de 4x4 (n° 39);
- Transformer le Clemenceau en piscine flottante sur la Seine (n° 76);
- Réserver les couloirs de bus aux chaises à porteurs (n° 85);
- Peindre le périphérique en couleurs (n° 97).
Est-ce vraiment si utopique ?


Votez fou !

Le Salon du Livre du Perroquet Libéré
Esprit curieux et érudit, Bruno Fuligni manifeste une prédilection pour les excentriques et les rêveurs qui ont tenté de se faire une place dans un monde politique qui ne laisse guère de place à la fantaisie et à l'imagination. Auteur de nombreux ouvrages remarqués pour leur qualité littéraire et historique, Bruno Fuligni s'est intéressé aux "candidats bizarres, utopistes, chimériques, mystiques, marginaux, farceurs et farfelus" qui se ont lancé dans l'aventure électorale depuis l'avènement du suffrage universel.
A la lecture des portraits de ces candidats iconoclastes et de leurs foisonnants programmes électoraux, on découvre ainsi que les questions qui font l'actualité parisienne ne datent pas d'hier. Ainsi, comment ne pas voir dans Adolphe Berthon un lointain inspirateur du manichéisme gentil et du prêchi-prêcha télévisuel aujourd'hui en vogue à l'Hôtel de Ville : en 1885, il proposait rien moins à ses électeurs que "l'amitié - la gratuité - l'unanimité". "Voulons-nous que la République française soit humaine ? Voulons-nous qu'elle nous délivre du mal ?" proclamait Adolphe Berthon en prenant l'engagement suivant : "aussitôt mon élection validée, ma première proposition serait, aux élus de la France, de diviser la Chambre en deux parties; du côté gauche, les humains, et du côté droit, les inhumains (s'il y en avait), pour nous connaître et nous compter". De son côté, le capitaine Cap, candidat aux législatives de 1893, s'était montré visionnaire en promettant de faire de la place Pigalle un port de mer plus d'un siècle avant Paris Plage. Quant à Jules Depaquit, maire de la "commune libre" de Montmartre, il serait sans doute satisfait de constater la boboïsation festive de la célèbre butte, lui qui prescrivait "l'exclusion des marchands d'habits, des vitriers, des marchands de quatre-saisons déambulants" et la "construction de toboggans pour descendre la Butte et de trottoirs roulants pour se rendre d'un bistrot à l'autre".
Pré-candidat à l'élection présidentielle de 1981, Maurice Mercante a depuis plongé dans un oubli injuste dont le tire Bruno Fuligni. En relisant son programme pour les transports, on ne peut s'empêcher de penser qu'il a été pompé par les Verts parisiens : "les voitures automobiles seront interdites dans les grandes villes du vendredi 20 heures au lundi 5 heures du matin, à part les voitures prioritaires; des allées cavalières devront être creusées dans les grandes avenues pour chevaux montés; du vendredi au lundi matin, de grandes manifestations de vie, de joie, pourraient être préparées, avec musique, danse et animation".
Les utopistes auxquels Bruno Fuligni a redonné vie semblent donc avoir trouvé des héritiers du côté de l'Hôtel de Ville. Ils ont juste omis de leur transmettre leur drôlerie.


Politiques cherchent audimat, désespérément

Le Salon du Livre du Perroquet Libéré
Séduire n'est pas convaincre. Telle est la principale leçon que l'on retient de Politiques cherchent audimat, désespérément, où Apolline de Malherbe décrit avec force anecdotes la course à la notoriété à laquelle se livrent, sur les plateaux de divertissement, des hommes politiques en manque de reconnaissance.
Car, selon l'auteur, c'est bien pour échapper au climat de suspicion croissant à l'égard du monde politique que nos élus ont décidé de s'exposer différemment, rieurs et décontractés. Pour le meilleur (Christine Boutin et Roselyne Bachelot s'y sont forgé un nom), mais surtout pour le pire : « dans cet univers de paillettes, quoi de plus drôle que des hommes politiques empêtrés dans leurs contradictions, dans leurs complexes, mal à l'aise dans des habits trop colorés pour eux ? ».
Les images les plus grotesques sont encore gravées dans la mémoire des téléspectateurs. En ce qui nous concerne, on se souviendra longtemps d'André Santini, bonnet de nuit sur la tête, sur un lit à roulette poussé par Dechavanne (course au lit de Coucou c'est nous, 2 novembre 1992), ou de Bertrand Delanoë, vêtu d'une veste en cuir style Père fouettard, piqué au vif par une réflexion de « Marco » sur son look (On ne peut pas plaire à tout le monde, 17 octobre 2004).
Les lecteurs du Perroquet s'amuseront de retrouver leur maire favori classé en troisième position des personnalités politiques les plus assidues aux talk-shows avec 22 participations depuis 2000, derrière -bien sûr !- Jack Lang (75 participations depuis 1986) et Bernard Kouchner (27 participations depuis 1985).


Génération Battisti

Le Salon du Livre du Perroquet Libéré
Cesare Battisti, que de bêtises ont été dites -et surtout écrites- en ton nom ! Il faut lire le livre de Guillaume Perrault, journaliste au Figaro, pour mesurer l'ampleur de l'hystérie collective qui s'est cristallisé dans un petit milieu parisien autour de la figure d'un ex-terroriste italien réfugié en France à qui son pays demandait des comptes pour son passé sanglant (2 assassin,ats et une participation active à 2 autres...).
On y trouvera des mises au point salutaires basées sur les faits qui permettent à Guillaume Perrault de balayer des mythes relayés bien légèrement par les médias comme celui du "procès inique" à l'issue duquel Battisti a été condamné par contumace en Italie ou encore la fameuse "parole de la France" en vertu de laquelle François Mitterrand aurait amnistié les terroristes italiens repentis. On y trouvera aussi une analyse fine de cet accès de fièvre d'une génération de quinquagénaires soixante-huitards qui culpabilise de s'être "rangée" et cache mal une certaine forme d'admiration pour ceux qui, comme Battisti, sont allés "jusqu'au bout". On y trouvera enfin, et surtout, une vision d'ensemble du dossier Battisti : Guillaume Perrault a donné un large écho à la vision italienne de l'affaire et montre combien l'opinion française a été, sinon désinformée, du moins abreuvée d'éléments partiels et d'approximations par des relais médiatiques qui avaient pris fait et cause pour Battisti sans toujours savoir de quoi il retournait.
Bertrand Delanoë en sait quelque chose : sous la pression des communistes et des Verts, il avait embarqué les Parisiens dans la galère Battisti au point de faire voter un voeu plaçant Battisti "sous la protection de la Ville de Paris". Il est d'ailleurs effarant de relire le compte-rendu des débats du Conseil de Paris (cliquer ici). Comme le révèle Guillaume Perrault, cette imprudence valut d'ailleurs au maire de Paris de se faire remonter les bretelles par son homologue de Rome, pourtant élu de la gauche. Revenant sur son emballement initial, Bertrand Delanoë admettra son erreur sous les foudres de Fred Vargas, principale animatrice du fan-club de Battisti, qui accusera le maire de Paris d'avoir "baissé la culotte"... C'est élégant !
Ecouter le passage de Guillaume Perrault sur Radio Vraiment Libre


Tout voiture no future

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"Il y a une vie après l'auto" proclame Denis Baupin sur la couverture de son livre. Les automobilistes doivent cependant passer d'abord par "l'enfer" que leur a promis Yves Contassot, collègue Verts de Denis Baupin à la mairie de Paris...
Comme chacun le sait, l'enfer est pavé de bonnes intentions. Aussi Denis Baupin fonde-t-il sa politique anti-voitures sur la lutte contre la pollution et la nécessité d'enrayer le réchauffement climatique. Se draper dans des combats dont nul ne conteste la pertinence et préempter de bonnes causes est une méthode efficace de communication politique largement employée par Bertrand Delanoë que Denis Baupin n'hésite pas à utiliser à son tour. Au risque de passer un peu vite sur certains faits (la contribution décisive de l'amélioration du parc automobile à la baisse de la pollution observée dans la capitale) ou de caricaturer ses contradicteurs les plus gênants, comme les professeurs Prud'homme et Kopp accusés d'être à la solde du vilain "lobby automobile". Denis Baupin accorde d'ailleurs une place importante dans son livre à la dénonciation de ce lobby organisé autour des constructeurs automobiles qui a pourtant brillé par son silence face aux nombreuses restrictions imposées à la circulation des voitures par la municipalité parisienne.
Denis Baupin s'enorgueillit des multiples mesures contraignantes qu'il a prises depuis 2001. En revanche, on ne trouve pas grand chose dans son livre sur des mesures incitatives qui seraient sans doute mieux à même d'être acceptées par la population. Comment peut-on prétendre encourager l'usage des transports en commun alors que leur prix ne cesse d'augmenter ? Denis Baupin se vante dans son livre de circuler en métro (ce qui n'est pas toujours le cas comme l'avait révélé Le Perroquet Libéré). S'il le faisait aussi souvent qu'il le dit, il saurait que les trajets dans des transports en commun bondés, inconfortables et insuffisamment sûrs sont vécus par beaucoup d'usagers comme un moment à passer ! Et quid des familles ou des habitants de la grande banlieue qui ne se jettent pas dans les embouteillages par plaisir mais tout simplement parce qu'ils n'ont pas le choix ? Ceux-là ne trouveront guère de réponses dans le livre.
Il est néanmoins intéressant de se plonger dans l'ouvrage de Denis Baupin car on y trouve la confirmation que la politique parisienne des transports, loin d'être improvisée -comme on est parfois tenté de le croire-, obéit au contraire à un plan bien défini. Sans doute lucide sur les résultats qu'il a obtenus jusqu'à présent, Denis Baupin explique que sa politique est à long terme. Mouais... Le long terme, c'est souvent du court terme qui a mal tourné !


La mélancolie des fanfares

Le Salon du Livre du Perroquet Libéré
Cette année, la parution du journal de Pascal Sevran s'est faite plutôt discrètement. Célébré comme un des plus grands écrivains de son temps il y a encore quelques années, Pascal Sevran est aujourd'hui en haut de la liste noire -enfin, façon de parler- des nouveaux infréquentables excommuniés au nom du catéchisme politiquement correct. Ses déclarations à l'emporte-pièce sur le rôle néfaste de "la bite des noirs" dans le développement de la famine en Afrique ont donné un aspect sulfureux à son journal intime dont elles étaient extraites. L'ouragan de réprobation soulevé par Pascal Sevran ne s'est pas limité au landernau parisien puisqu'il a même été dénoncé dans un rapport de l'ONU sur le racisme dans le monde. Qui aurait cru il y a quelques années que l'inoffensif animateur d'une émission destinée aux mamies provoquerait un jour de telles réactions ?
Pour prendre des nouvelles de Bertrand D., un ami de Pascal Sevran qui exerce quelques responsabilités à l'Hôtel de Ville, Le Perroquet Libéré a pris l'habitude de lire chaque année ce journal plutôt joliment tourné et qui ne contient pas que des fadaises. Même si on sent qu'il a été davantage relu et soupesé que d'ordinaire, le dernier volume, La mélancolie des fanfares vaut le détour. Après les noirs, Pascal Sevran s'en prend cette fois aux Verts :
Paris, 5 septembre.
Bertrand (suite). Je viens de lui écrire ceci que j'aurais pu lui dire par téléphone, mais il n'est pas joignable ce matin, et puis j'aime autant qu'il me lise en levant les yeux au ciel, dégoûté par la médiocrité de ses "amis". Ces types déguisés en bonnes soeurs de Gay Pride dont des clowns. Tes Verts sont des rats, des ratés, tu le sais, mais tu ne peux pas le dire comme ça, alors je m'y colle. Sans ta permission, je le précise pour te couvrir. Ca ne leur plaît pas du tout , à ces messieurs-dames, que le Conseil de Paris donne le nom de Jean-Paul II à une place devant Notre-Dame. Ce sont les mêmes qui s'étranglèrent d'indignation à l'inauguration du quai François-Mitterrand. On voit le genre. N'ont-ils pas mieux à faire, ces affolés du goupillon, que de brailler des insanités sur le passage du maire ?

Il ne doit pas être si mauvais, ce Pascal Sevran.


Contre le communautarisme

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Ceux qui suivent l'actualité de la mairie de Paris le savent, le communautarisme a connu ces dernières années un développement préoccupant. Il faudrait désormais ne plus s'étonner que l'on fête en grande pompe le Nouvel An chinois à Paris, que les élus se bousculent dans le cortège de la Gay Pride ou au dîner du CRIF ou quand ils célèbrent l'apport de l'identité berbère à la capitale française. Melting-pot et popotes communautaires sont les nouveaux credos de nos représentants qui n'ont pas mis longtemps à jeter aux orties les principes républicains.
Cofondateur de l'Observatoire du Communautarisme, Julien Landfried a analysé ce phénomène dans un essai précis et documenté intitulé Contre le communautarisme. Ce livre de combat explique comment le communautarisme s'étend à partir d'initiatives isolées de ceux qu'il appelle "les entrepreneurs communautaires" qui, sans même que l'on questionne la représentativité de leurs organisations ou la réalité des "communautés" dont il se proclament les porte-parole, profitent du terreau fertile de la culpabilisation de la France pour poser en victimes et réclamer des mesures d'exception. Malgré le caractère exorbitant de leurs revendications, qui se traduisent souvent par des restrictions imposées à la liberté d'expression et la création de nouveaux délits, ces individus


Dimanche 01 Avril 2007
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