Qu'est-ce qui vous a poussé à constituer votre liste dans le 14ème arrondissement ?
La volonté de construire. Pour les habitants du XIVe qui ont besoin d'avoir des élus de terrain - je suis chef d'entreprise – ancrés localement et qui seront là au lendemain de l'élection pour travailler dans la durée. Pour le Nouveau Centre car il est important de montrer qu'au sein de la majorité gouvernementale de François Fillon, notre famille de centre droit, fidèle aux valeurs de l'UDF, est en mesure de proposer une offre politique crédible, indépendante et complémentaire de l'UMP. Etant donné le dynamisme de notre équipe et la qualité de son projet pour le 14ème, il était donc légitime que nous proposions aux électeurs une alternative à droite pour Françoise de Panafieu. Pour mon fils enfin car mon engagement politique, c'est d'abord la volonté de le voir grandir et s'épanouir dans une ville qui offre toutes les opportunités d'une vie meilleure.
On reproche parfois à Françoise de Panafieu d'avoir trop axé sa campagne en direction du centre et voilà que se montent ici et là des listes « Nouveau Centre ». N'est-ce pas paradoxal ?
La question n'est pas de savoir si le projet municipal de Françoise de Panafieu est trop ou pas assez centriste. La question est de savoir s'il est bon ou mauvais pour Paris. En ce qui nous concerne, au Nouveau Centre, nous pensons qu'il est indéniablement meilleur que celui de Bertrand Delanoë, c'est pourquoi nous défendons notre candidate… Quant à l'apparition de listes « Nouveau Centre » dans les 14ème et 18ème arrondissements tient plus à la qualité de nos équipes locales et à des facteurs locaux qui ont favorisé l'éclosion d'une offre diversifiée au premier tour au sein de la majorité gouvernementale. Maintenant, convenez-en, il me semble qu'à l'UMP, on reproche beaucoup de choses à Françoise de Panafieu. Mais qui l'a choisie ? Françoise a raison de rappeler que ceux qui jouent « le coup d'après » doivent savoir que ce sont les quadras qui tireront les marrons du feu. Tout cela est indécent au regard des enjeux et de la nécessité se battre pour les Parisiens. Il sera temps au lendemain du second tour de faire le bilan de cette élection. Pour le moment, travaillons, allons à la rencontre des Parisiens pour présenter notre projet et convaincre. Dans une élection, rien n'est jamais joué d'avance…
Que répondez-vous à ceux qui disent que les listes d'opposition dissidentes favorisent la réélection de Bertrand Delanoë ?
Quelle est la surface politique de l'UMP à Paris ? La réponse est très variable selon que l'on habite le 14ème, le 16ème ou le 18ème… Dans tous les arrondissements tenus aujourd'hui par la gauche, l'UMP seule ne peut espérer l'emporter. Elle a bien au contraire besoin de partenaires forts, crédibles, en particulier au centre. La prétendue division au 1er tour, c'est donc surtout une addition au second. Dans le 14ème arrondissement, la liste d'union de la droite et du centre que je conduis est du reste probablement bien mieux placée pour l'emporter face à Pierre Castagnou. Nous ne faisons donc pas qu'offrir une alternative aux électeurs : dès le 1er tour, le vote utile, c'est nous.
Vous le sentez comment dans le 14ème ?
Dans le 14ème, les socialistes sont très sûrs d'eux. Ils arrivent tard sur les marchés, repartent tôt... Et il est frappant de constater que le programme de Pierre Castagnou est rédigé au futur. Comme si le vote du 9 mars était une formalité… Si sa popularité est réelle - comme pour tout Maire sortant qui n'a rien bousculé – son projet pour l'arrondissement est pourtant médiocre et même en retrait par rapport à celui de Marielle de Sarnez qui pourrait bien lui ravir la Mairie. De plus, sans les Verts et leur leader René Dutrey, je ne sais pas trop quelles réalisations Pierre Castagnou pourrait revendiquer sur sa mandature. Pierre Castagnou gère l'existant, agit sous la contrainte et se satisfait à merveille de son rôle de Maire d'arrondissement « irresponsable ». Quand ça marche, c'est grâce à lui, quand ça échoue, c'est à cause de la Mairie centrale… En tout cas, la vision, elle, n'est pas là. Enfin, sauf si faire du 14ème arrondissement un gentil bourg endormi de province peut tenir lieu d'ambition. Un temps d'avance, peut-être, mais quand on a un métro de retard...
Pensez-vous que l'UMP a des chances de faire basculer l'arrondissement à droite ?
L'UMP a dans le 14ème 3 problèmes majeurs. Arrêter la valse des candidates puisque nous en sommes à la 4ème en 4 élections consécutives. C'est une question de respect des électeurs comme de crédibilité. Se mettre au travail car une réflexion en profondeur sur 2 mois de campagne ne saurait se substituer à un travail de longue haleine sur plusieurs années. Assumer ses valeurs car quand je vois nos amis de l'UMP faire campagne avec des affiches roses et un logo microscopique, je me demande si leur électorat va se mobiliser…
En tout cas, en ce qui nous concerne, mon équipe et moi nous affirmons comme « liste d'union de la droite et du centre » (certains de nos candidats sont adhérents de l'UMP) et cela n'a pas l'air de gêner les électeurs, bien au contraire… Alors si les voix qui se portent sur l'UMP au 1er tour se portent sur notre liste au second, oui, elle pourra faire basculer le 14ème…
Et comment envisagez-vous la suite au lendemain des municipales ?
En ce qui nous concerne, avec mon équipe et le Nouveau Centre, nous souhaitons surtout travailler à une rénovation de la pensée politique urbaine parisienne et dépasser les erreurs de Bertrand Delanoë. Pour cela, il faudra faire preuve de beaucoup de pédagogie car, aussi séducteur qu'il soit, le syndrôme « Amélie Poulain » est en train de tuer la Capitale… Le développement durable et le Grand Paris seront heureusement des leviers majeurs pour le changement. Art de vivre urbain, réflexion architecturale, esprit d'avant-garde, développement économique ou rayonnement culturel… Pris sous cet angle, les chantiers ne manquent pas pour réconcilier Paris avec son avenir. Mais au-delà des idées, il faudra également repenser la méthode et l'action politique pour y associer de manière pérenne le plus grand nombre de citoyens – et pas seulement en période électorale comme le font généralement toutes les formations politiques. A ce titre, en tant que chef d'entreprise, je vois tous les apports des structures de travail collaboratives. Fédérer durablement les compétences sans perdre en créativité et rapidité de mise en œuvre ; le Nouveau Centre a d'ailleurs d'ores et déjà pris des initiatives novatrices en la matière…
Site de campagne de Pierre Vallet
Site collaboratif du Nouveau Centre consacré au « Grand Paris »