Le Perroquet Libéré

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Le manège désenchanté

Le Perroquet publie une note interne qui montre à quel point la Ville de Paris peut se creuser la tête pour évincer les exploitants d'un petit manège du parc Monceau.





Le manège du parc Monceau (photo M. Dupré)
Le manège du parc Monceau (photo M. Dupré)
Delanoë, l'ami des enfants? Peut être. Mais pas de ceux qui les amusent, comme en témoignent les intrigues qui se nouent actuellement en coulisses autour de l'exploitation d'un manège situé dans le parc Monceau.

Il semble qu'un désaccord à caractère esthétique soit à l'origine du différend qui oppose depuis quelques années la Ville de Paris à la famille Denis, qui exploite le manège depuis plus de trente ans : la municipalité n'aimerait pas les bolides et les vaisseaux que les petits adorent et recommande que leur soit substitués des chevaux de bois à l'ancienne (une pétition pour la sauvegarde de l'actuel manège a été signée par plus d'un millier d'habitués du Parc Monceau). De l'avis de ses proches, l'escalade juridique de ce contentieux, avec son lot de courriers aigres et de consultations d'avocats, ne serait d'ailleurs pas pour rien dans la dégradation de la santé de Madame Denis, récemment décédée. Déjà éprouvé par la perte de sa mère, M. Denis risque en plus de se voir privé de l'affaire familiale. C'est ce que laisse entendre une note interne -que s'est procuré Le Perroquet- qui montre que la machine administrative municipale s'est enclenchée contre M. Denis (pour lire la note, cliquer ici).


Qui décrochera le pompon ? (photo M. Dupré)
Qui décrochera le pompon ? (photo M. Dupré)
On trouvera dans ce document une revue de tous les stratagèmes juridiques pouvant être utilisés pour évincer l'infortuné. Car, au vu de cette note, l'attribution de l'exploitation du manège à un tiers semble déjà décidée en haut lieu. Tant d'énergie bureaucratique et de créativité juridique pour priver un petit forain d'un bien maigre fromage municipal... Ca laisse pantois ! On aurait aimé que la municipalité déploie le même zèle pour canaliser l'appétit vorace des grands groupes comme Lagardère ou LVMH qui obtiennent ce qu'ils veulent des élus parisiens, et ce quel que soit le coût social comme l'ont montré récemment les exemples malheureux du Racing Club de France ou de la Samaritaine.

(photo M. Dupré)
(photo M. Dupré)
Forte avec les petits, faible avec les gros. C'est ainsi que la mairie de Paris gère ses intérêts.

Et tant pis pour le petit manège du parc Monceau...

Lundi 23 Octobre 2006
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