Le Perroquet Libéré

"Je vous demande d'être des citoyens actifs et de nous dire ce qui ne va pas" (Bertrand Delanoë)

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Les oiseaux ne se cachent plus pour mourir...

Les notices nécrologiques consacrées au Perroquet Libéré.



Décès du volatile anti-Delanoë (Marianne 2, 22.03.08)

Les oiseaux ne se cachent plus pour mourir...
Le Perroquet libéré jette l'éponge. Après six ans, les détracteurs de gauche de Delanoë font état de leur «découragement» de voir que «rien n'a changé».
Le maire de Paris n'a pas seulement gagné les élections, il a aussi terrassé le petit volatile qui le houspillait à grands coups de becs depuis le début de sa mandature. Les auteurs du Perroquet libéré jettent l'éponge. François Devoucoux du Buisson, à l'origine du site, avoue un certain «découragement» : «rien n'a changé en six ans, il y a toujours cette indifférence bienveillante vis à vis du locataire de la mairie de Paris», se désole-t-il. Si, au départ, c'était le «communautarisme» de Delanoë qu'il fustigeait, très vite, le Perroquet a porté son attention sur des sujets plus sociaux, dénonçant notamment la spéculation immobilière et les problèmes de logement à Paris. «Je suis confiant malgré tout, assure François Devoucoux du Buisson : tous les manquements d'hier commencent à se voir. Le conflit actuel dans les crèches parisiennes en témoigne.»

«Delanoë n'intéresse pas au-delà du périph'» A cours de son existence, le site s'est offert un moment de gloire, cher payé. Lorsque les membres du Perroquet ont voulu s'exporter à l'adresse delanoe2008.com, le maire de Paris leur a fait un procès. Bertrand Delanoë a alors révélé à cette occasion qu'il avait préempté quelques adresse Web à son nom, dont… delanoe2012.com. Le Perroquet n'est-il pas un peu triste de rendre les armes alors que son adversaire se met en route pour l'investiture socialiste à la prochaine présidentielle? «On n'est pas très inquiets. L'un des problèmes de notre critique était sa difficulté à porter au-delà du périphérique. En province, Delanoë ne captive pas les foules et ce ne sont pas ses quelques déplacements dans les fédérations socialistes qui y changeront quoi que ce soit. La preuve : les livres d'enquête sur sa gestion de la mairie de Paris ne se vendent pas. Le plus médiatisé, signé Sophie Coignard, dépasse à peine les 10 000 exemplaires.» Le Perroquet quitte donc la scène, persuadé que Ségolène Royal dispose d'une «capacité d'incarnation beaucoup plus forte» que le maire du Paris. Et si Delanoë se remplumait, le volatile exotique, tel un phénix, pourrait toujours renaître ses cendres…

Samedi 22 Mars 2008 - 00:09
Anna Borrel

Le Perroquet libéré s'est envolé (Les confidentiels du Figaro, 22.03.08)

Les oiseaux ne se cachent plus pour mourir...
Réélu maire de Paris, Bertrand Delanoë a un autre motif de satisfaction. Les animateurs du « Perroquet libéré », site d'information satirique sur la capitale, qui était devenu au fil des ans la bête noire du maire, ont décidé de mettre un terme à leur activité. « Nous en avons assez de faire le boulot de l'opposition municipale à sa place », disent François Devoucoux du Buysson et Max Dupré. Mais leurs centaines d'articles resteront disponibles gratuitement sur Internet.

Le Perroquet Libéré ne piquera plus (Le Parisien, 24.03.08)

Les oiseaux ne se cachent plus pour mourir...
Vendredi matin, alors que se tenait la première séance du Conseil de Paris nouvelle mouture, « le Perroquet Libéré », site web satirique qui suivait de près la politique municipale pour mieux la critiquer, a annoncé qu'il fermait boutique. « Parce que nous en avons assez de faire le boulot de l'opposition à sa place (…). Parce que nous sommes las du verrouillage médiatique qui caractérise le débat parisien (…) face à l'insécurité juridique des sites Internet* », énumèrent dans leur dernière « newsletter », les créateurs du « Perroquet », François Devoucoux du Buysson et Max Dupré. « Cela faisait bientôt 6 ans qui nous travaillions sur ce site. L'impact de notre travail a finalement été limité, regrette Max Dupré. Quelque part, la redoutable machine médiatique du maire de Paris a eu raison de nous. » Avant de s'envoler, « Le Perroquet » soumet une charte de 20 propositions pour moraliser la vie politique municipale. La disparition du « Perroquet Libéré », qui relayait des notes confidentielles échappées de l'Hôtel de Ville, devrait rassurer l'équipe Delanoë qui n'aura plus ce redoutable opposant à affronter sur la toile.

* Le Perroquet avait été condamné à verser 1.500 euros à Delanoë pour un site ouvert le jour de l'annonce de sa candidature.

Marie-Anne Gairaud

La fin d'un volatile (Paris Obs, 27 mars 2008)

Les oiseaux ne se cachent plus pour mourir...
«Le Perroquet libéré» se saborde. Les auteurs de ce blog très en pointe dans l'opposition à Bertrand Delanoë ont annoncé leur intention de tirer le rideau. Raisons invoquées : le «verrouillage médiatique» et "l'insécurité juridique des sites internet». François Devoucoux du Buysson et Max Dupré reviendront en septembre avec un nouveau site. Plus axé, cette fois, sur les questions culturelles.

''Le Perroquet'' tire sa révérence (Valeurs Actuelles, 28 mars 2008)

Les oiseaux ne se cachent plus pour mourir...
Cinquante numéros et puis s'en va. Le Perroquet Libéré tire sa révérence. Dommage ! Pendant cinq ans, le volatile le plus dérangeant de Paris n'a pas épargné ses coups de bec à Bertrand Delanoë. Mais les fondateurs de cette feuille satirique en avaient "ras-le-bol de faire le travail d'une opposition qui consacre son énergie à singer le camp adverse sous prétexte de déringardisation"...
C'est en septembre 2002 que François Devoucoux du Buysson et son associé, Max Dupré, ont lancé cette lettre mensuelle sur internet : "Delanoë venait, en catimini, de s'autoaugmenter de 12%". Depuis, François Devoucoux est devenu l'un des observateurs les plus sûrs du microcosme parisien. Circulation, logement, endettement d'une capitale en passe de devenir un vaste musée prohibé aux familles et aux étudiants : François Devoucoux est intarissable. « La municipalité ne nous apprécie guère, mais l'opposition ne nous aimait pas beaucoup plus, affirme-t-il : le Perroquet, c'est un peu leur mauvaise conscience. À deux, nous avons fait, sur notre temps libre, le boulot qu'ils n'ont pas fait avec leur équipe pléthorique. »
Avec 210 000 visites par an, 4,5 millions de pages lues, 32000 lecteurs différents, le Perroquet libéré fut un vrai contre-pouvoir sur le Net. Le nom du site vient des révélations de Devoucoux sur le financement, par la mairie, d'un exotique volatile en cage considéré comme une oeuvre d'art par le maire de Paris… Devoucoux a passé des heures à éplucher les comptes-rendus et documents officiels glanés ici ou là, à récolter les tuyaux auprès d'informateurs bienveillants,dont certains au sein même de la mairie ou au PS. Un investissement personnel considérable pour ce trentenaire, papa depuis peu, responsable de la déontologie et du contrôle interne dans une société de gestion anglo-saxonne. Sa spécialité : la lutte contre le blanchiment d'argent sale !
Pourquoi s'être lancé dans cette aventure ? Sans doute parce que le citoyen Devoucoux a une trop haute idée de la politique et la République vissée aux tripes, pour se satisfaire de la médiocrité du débat actuel, où la forme a une fâcheuse tendance à prendre le pas sur le fond. « À l'Hôtel de Ville comme à l'Élysée, c'est le règne des deux “com” : communication et communautarisme », estime-t-il, affligé. Mais si Devoucoux a un goût pour la formule qui fait mouche, son engagement n'a rien de futile : « La dérision, c'est une réaction au grotesque de la politique “art contemporain” du maire, mais ça n'empêche pas le sérieux. »
C'est à la Fondation Marc-Bloch, auprès des républicains nationaux et du staff de campagne de Jean-Pierre Chevènement,qu'il a débuté son parcours politique. C'est là aussi qu'il perd ses illusions sur le jeu partisan. Mais pas sur la République, qui lui a inspiré un premier essai atypique, Une histoire d'amour, essai sur la République française, dans lequel il assume toute l'histoire de France : Jeanne d'Arc, Louis XIV, les soldats de l'an II, Saint-Just et Robespierre. Difficile de lui coller une étiquette. « Dans la famille, nous sommes neuf frères et soeurs, et toutes les opinions politiques sont représentées, confie-t-il, avant d'ajouter : sauf, peut-être, le centrisme… Ça oblige à avoir les idées larges ! »
Ce Parisien d'adoption confesse un goût pour les causes perdues, sans pour autant céder à l'abattement. « Pour me redonner le moral, je relis les grandes épopées françaises et ces hommes qui ont laissé leur empreinte dans l'histoire. » Premier dans son panthéon : Lafayette, qu'un de ses ancêtres bourbonnais accompagna dès les premières heures de son aventure américaine.
Aujourd'hui, les deux braves qui ont défié l'ego de Bertrand Delanoë tout au long de son premier mandat se retirent – momentanément ? Ils laissent une “charte” de vingt propositions pour assainir la vie politique municipale. Un testament dont le prochain leader de l'opposition parisienne aurait tout intérêt à s'inspirer… pour 2013.


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Guillaume Desanges

Samedi 22 Mars 2008
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