Le Perroquet Libéré

"Je vous demande d'être des citoyens actifs et de nous dire ce qui ne va pas" (Bertrand Delanoë)

Accueil Accueil    Envoyer à un ami Envoyer à un ami    Version imprimable Version imprimable    Augmenter la taille du texte Augmenter la taille du texte    Diminuer la taille du texte Diminuer la taille du texte

Lettre ouverte d'une habitante du 17ème au Maire de Paris

Habitante du quartier Guy Moquet dans le 17ème arrondissement, je souhaite vous faire part de mon exaspération, de mon découragement et de ma colère face au harcèlement dont sont victimes les automobilistes dans notre arrondissement, triste exemple de ce qui se passe à l'échelle de la ville de Paris.



Droits réservés
Droits réservés
Depuis quelques mois, des travaux de voirie se sont multipliés dans le quartier visant à réduire le nombre de places de stationnement :
  • Rues à stationnement bilatéral passées en unilatéral (rue Dautancourt, rue du Dr Heulin…): comment expliquer que l'on ait pu circuler sans problème dans ces rues pendant des années et qu'aujourd'hui les petites rues de quartier doivent être assez larges pour y faire passer le Clémenceau?
  • Prolifération des emplacements de livraisons, transport de fonds, parking pour 2 roues…quelques exemples risibles rue Legendre : transport de fonds devant un Pizza Hut (devant la Banque de France ça se justifie mais là…), 20m de livraison devant un cordonnier, un coiffeur, une oisellerie… (qui doivent se faire livrer les semelles, les shampooings ou les canaris par semi-remorques), 3 emplacements de livraison devant un bar, une cordonnerie et une boulangerie mitoyens : ne pourrait-on imaginer la mutualisation d'un emplacement unique pour les 3 commerces ? (bien sûr si un porte-avions livreur de bières débarque au même moment que le semi-remorque de semelles…)
  • Peinture au sol condamnant les angles de rues, de portes cochères (c'est sûr, les virages sont difficiles à négocier en porte-avions)
  • Elargissement des trottoirs (rue de la Jonquière, rue du Capitaine Lagache…) à l'échelle piste d'atterrissage (après le Clémenceau, l'Airbus…)
  • Rues à stationnement gratuit passées en payant (Rue Davy) : je ne vois pas où est le bénéfice sinon celui d'augmenter les recettes des horodateurs

Auparavant, le stationnement était un cauchemar, aujourd'hui il est devenu un enfer.

Ces travaux à peine achevés, les escadrons de contractuelles se sont mis à sillonner les rues du quartier pour récolter les fruits de ce stationnement autorisé raréfié, de préférence aux premières heures du jour afin d'être bien sûrs de verbaliser les « contrevenants malgré eux » avant leur départ au travail. Jackpot assuré pour la municipalité !

Victime de ce machiavélique stratagème, ma voiture vient d'être enlevée 2 fois par la fourrière en l'espace d'une semaine : faîtes le calcul : (136€ de fourrière + 35€ de contravention) X 2 = 352€. Est-ce que vous avez une idée de ce que 352€ représentent sur un salaire moyen ? L'ombre de la commission d'endettement plane sur nous, pauvres contribuables moyens véhiculés.

Le comble, c'est qu'étonnée de voir que seule ma voiture (une Clio année 96) avait été enlevée par la fourrière parmi la dizaine de voitures stationnées de ce côté de la rue, j'ai appris que les sociétés d'enlèvement avaient pour habitude de privilégier les voitures les plus modestes, en moins bon état, afin d'éviter les indemnités dûes en cas de véhicule endommagé lors de l'enlèvement. Ainsi les plus modestes sont les premiers touchés ! Dans mon cas, ils n'ont d'ailleurs même pas pris la peine d'établir la fiche descriptive de l'état du véhicule avant son enlèvement, censée être obligatoire.

Et c'est d'autant plus rageant que je n'ai pas eu le choix, je ne demande que ça de me garer en stationnement autorisé, je ratisse le quartier 45 minutes en moyenne tous les soirs pour trouver une place, les ongles plantés dans mon volant, au bord de la crise de nerfs : et dire que l'objectif est de réduire la pollution atmosphérique dans Paris, n'est-ce pas un tantinet contradictoire ?

En réalité, l'objectif non avoué est d'éradiquer la voiture de Paris. Mais les théoriciens du « Plan de Déplacement » pourraient-ils 2 secondes revenir sur terre :
  • On fait comment au juste pour le plein de courses à l'hypermarché, les meubles chez Ikéa… ?
  • Pour sortir le soir ?
  • Pour partir de Paris le week-end avec les valises, les enfants, le chat…
  • Pour aller dîner chez des amis en banlieue
  • Et plus sérieusement pour aller travailler : et oui, pour certains la voiture est indispensable, notamment quand les transports en commun Paris – Banlieue sont inadaptés…

Cette problématique de stationnement n'est qu'un des affres engendrés par le plan de déplacement dans Paris, la circulation est devenue tout simplement infernale sur tous les axes qui ont été réaménagés (rue de Rivoli, Boulevard Magenta, Boulevard de Clichy, Boulevard de Rochechouard…) :

  • Embouteillages monstrueux du fait de la réduction du nombre de voies pour les voitures (idéal pour la qualité de l'air…)
  • les voies de bus sont de véritables dangers publics, yeux rotatifs à 360° requis pour éviter la bordure de séparation, le bus, les 2 roues, les taxis lancés à toute vitesse dans le couloir de bus dans votre dos, les piétons qui traversent et ne pas se faire percuter par la voiture qui vous suit
  • Et par pitié, arrêtez le ridicule avec les pistes cyclables empruntées par trois pelés et un tondu : et oui, le vélo c'est sympa le dimanche en balade, mais de là à enfiler le maillot à pois pour se faire un Paris - Marne la Vallée en moulinant pour aller au boulot et gratifier ses collègues d'une douce odeur de transpiration après cet exploit sportif quotidien, soyons sérieux !
  • Et si Mr Delanoé, ardent détracteur de la voiture dans Paris, est tellement convaincu de son inutilité, pourquoi circule-t-il lui-même en voiture avec chauffeur (certes électrique mais tout le monde n'a pas les moyens d'être écolo) ?

Et quand on pense que les investissements colossaux sont financés par nos impôts, je vous assure que ça fait mal aux tripes.

Ne pourrait-on agir de manière constructive et non prohibitive ? Développer au contraire les places de stationnement (pour moins utiliser sa voiture, encore faut-il pouvoir la garer, sans y laisser sa chemise), développer les transports Paris-Banlieue et Banlieue-Banlieue, prolonger les lignes de métro, augmenter les fréquences et les amplitudes horaires (la nuit notamment), forfaits taxis à petits prix la nuit….

J'ajouterais à l'attention de Mr Delanoé qu'il n'y a pas de honte à reconnaître ses erreurs, c'est même l'apanage des plus grands. Alors par pitié, arrêtez le massacre.

La crise du CPE a montré que les gens en ont plus qu'assez d'élire des « représentants du peuple » qui vont à l'encontre de l'avis du peuple en lui imposant des décisions arbitraires qui dégradent ses conditions de vie. Au-delà d'une lutte contre la précarité de l'emploi, le peuple a surtout voulu se faire entendre face à un exemple flagrant de surdité chronique de nos « élus ». Quand 70% des français se déclarent contre une loi (à tort ou à raison, peu importe) comment LE représentant suprême des français peut-il la promulguer effrontément ? Et quand une majorité des parisiens, automobilistes ou non, sont excédés par la politique du transport, de la circulation et du stationnement dans Paris, n'est-il pas temps de remballer les pelleteuses et les carnets de contraventions ?

Espérant que cette réflexion ne tombera pas dans l'oreille d'une municipalité sourde, je vous prie de recevoir, Monsieur le Maire, l'expression de mes salutations distinguées.

Marina T.

Pour visualiser un exemple d'optimisation du stationnement rue Legendre, cliquez ici


Mercredi 17 Mai 2006
Lu 13903 fois


Dans la même rubrique :

|1| >>

Perroquet : quès aco? | Le Perroquet Masqué | La vie à Paris | Paris roule-t-il ? | Bêtisier | Plumes acérées | Citoyens actifs | Scoops | Législatives 2007 | Communiqué