Le Perroquet Libéré

"Je vous demande d'être des citoyens actifs et de nous dire ce qui ne va pas" (Bertrand Delanoë)

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Ma rencontre avec Bertrand Delanoë

Par François Devoucoux du Buysson, fondateur du Perroquet Libéré.



Ma rencontre avec Bertrand Delanoë
Dimanche matin, le marché de la place Monge bruissait d'une folle rumeur : Bertrand Delanoë allait venir. En chair et en os.

On en avait la confirmation en observant la nervosité des militants UMP, reconnaissables à leur écharpe bleue. Cornaqués par Xavière Tibéri, ils faisaient bloc au milieu du marché, prêts à défendre chaque pouce de "terrain" face à l'envahisseur. On notait aussi l'excitation des militants du PS, qui arboraient quant à eux une écharpe rouge. Un symbole qui a de quoi de faire sourire tant la teinte sociétale-libérale des socialistes parisiens version Delanoë semble éloignée des grandes heures du Front Populaire et du programme commun...

"Vous voulez être pris en photo avec Bertrand Delanoë ?" me demande un militant en me tendant le programme du PS alors que je m'enfonce entre les stands de commerçants avec la poussette dans laquelle dort ma petite fille de deux mois. Une question que je ne m'étais jamais posé à vrai dire... "Non, merci" dis-je en acceptant néanmoins le tract. Ressortant du marché, j'aperçois soudain un attroupement rue Gracieuse. Je devine la présence des médias à la perche surmontée d'un micro qui surplombe un groupe de personnes en pleine discussion.

Bertrand Delanoë, accompagné de Lyne Cohen-Solal répond aux questions des journalistes sous les crépitements des photographes. Un beau bordel : pendant que le maire de Paris rabroue une journaliste qui a le mauvais goût d'insister pour qu'il réponde à sa question ("vous travaillez pour qui, d'abord?" "France 3" répond l'insolente; loués soient les journalistes qui n'ont pas peur de se faire engueuler par les politiques), un caméraman et un photographe se disputent une place et sont à deux doigts d'en venir aux mains ("Viens ! Viens ! T'as peur ? T'es une fiotte !", une saillie homophobe qui n'émeut ni les militants PS ni les journalistes qui font comme s'ils n'avaient rien entendu...).

Etranger à ce cirque, je me tiens à l'écart et observe la scène tel un badaud.

Ma rencontre avec Bertrand Delanoë
Soudain, Bertrand Delanoë fixe son regard sur moi. Avec ma figure mal rasée, ma poussette et mon écharpe orange, il me prend sans doute pour un jeune papa bobo tendance Modem et se dit peut-être que je vais lui parler des difficultés -réelles- à trouver une place en crèche et faire garder mon enfant. Bertrand Delanoë marche d'un pas décidé dans ma direction, écartant au passage un collaborateur qui l'enjoint de presser le pas. "Ca suffit, Jérôme, tu me laisses parler avec les Parisiens !". A ce moment précis, je suis "les Parisiens"...

Amusé par ce coup du sort, je serre la main du maire de Paris en me présentant :
- "Bonjour, François Devoucoux, je suis content de vous rencontrer..."
- "Vous êtes qui ?" me demande-t-il, visiblement agacé par le brouhaha qui l'entoure.
- "François Devoucoux, je suis content de vous rencontrer car d'habitude nous parlons par avocats interposés"
- "Ah, bon ?! Mais vous êtes qui ?"
- "François Devoucoux du Perroquet Libéré" (avec les élus de la République, il est toujours préférable de faire valoir une particule, j'aurais du m'en souvenir...)
- "Ah... Votre nom ne me disait rien, mais Le Perroquet Libéré, ça, je connais..."
Sympathique : ça vous envoie les huissiers et une batterie d'avocats pour vous extorquer un SMIC et demi au tribunal, mais ça ne retient même pas votre nom... C'est sans doute à ça qu'on reconnaît les puissants.
Retirant sa main, le maire assène :
- "Au Perroquet Libéré, vous devriez avoir plus le souci de la Vérité" (on devine à l'intonation qu'il faut un V majuscule à vérité).
Surpris qu'il me fasse la leçon sur le thème de la vérité, je lui rétorque "vous savez, on s'appuie toujours sur des faits" en ayant à l'esprit ses déclarations sur l'adresse delanoe2012.fr ou l'attribution des HLM.

Mais il est déjà loin et poursuit son chemin vers le marché. Il ne s'y aventurera pas, d'ailleurs, au grand dam des militants qui l'attendaient. Après quelques déclarations en bordure des étals, il s'engouffrera vite dans sa voiture (cliquer ici).

Quand on a "un temps d'avance", on ne s'attarde pas...


Mardi 12 Février 2008
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