Soudain, Bertrand Delanoë fixe son regard sur moi. Avec ma figure mal rasée, ma poussette et mon écharpe orange, il me prend sans doute pour un jeune papa bobo tendance Modem et se dit peut-être que je vais lui parler des difficultés -réelles- à trouver une place en crèche et faire garder mon enfant. Bertrand Delanoë marche d'un pas décidé dans ma direction, écartant au passage un collaborateur qui l'enjoint de presser le pas.
"Ca suffit, Jérôme, tu me laisses parler avec les Parisiens !". A ce moment précis, je suis
"les Parisiens"...
Amusé par ce coup du sort, je serre la main du maire de Paris en me présentant :
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"Bonjour, François Devoucoux, je suis content de vous rencontrer..."
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"Vous êtes qui ?" me demande-t-il, visiblement agacé par le brouhaha qui l'entoure.
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"François Devoucoux, je suis content de vous rencontrer car d'habitude nous parlons par avocats interposés"
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"Ah, bon ?! Mais vous êtes qui ?"
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"François Devoucoux du Perroquet Libéré" (avec les élus de la République, il est toujours préférable de faire valoir une particule, j'aurais du m'en souvenir...)
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"Ah... Votre nom ne me disait rien, mais Le Perroquet Libéré, ça, je connais..."
Sympathique : ça vous envoie les huissiers et une batterie d'avocats pour vous extorquer un SMIC et demi au
tribunal, mais ça ne retient même pas votre nom... C'est sans doute à ça qu'on reconnaît les puissants.
Retirant sa main, le maire assène :
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"Au Perroquet Libéré, vous devriez avoir plus le souci de la Vérité" (on devine à l'intonation qu'il faut un V majuscule à vérité).
Surpris qu'il me fasse la leçon sur le thème de la vérité, je lui rétorque
"vous savez, on s'appuie toujours sur des faits" en ayant à l'esprit ses déclarations sur l'adresse
delanoe2012.fr ou
l'attribution des HLM.
Mais il est déjà loin et poursuit son chemin vers le marché. Il ne s'y aventurera pas, d'ailleurs, au grand dam des militants qui l'attendaient. Après quelques déclarations en bordure des étals, il s'engouffrera vite dans sa voiture (
cliquer ici).
Quand on a
"un temps d'avance", on ne s'attarde pas...