Le Perroquet Libéré

"Je vous demande d'être des citoyens actifs et de nous dire ce qui ne va pas" (Bertrand Delanoë)

Accueil Accueil    Envoyer à un ami Envoyer à un ami    Version imprimable Version imprimable    Augmenter la taille du texte Augmenter la taille du texte    Diminuer la taille du texte Diminuer la taille du texte

Maire et impair

Dans une note interne de la Mairie que le Perroquet s'est procurée, la direction des ressources humaines dresse un tableau peu idyllique de la parité au sein de l'administration parisienne.



Bertrand Delanoë avec Anne Hidalgo, adjointe à l'égalité femme-homme
Bertrand Delanoë avec Anne Hidalgo, adjointe à l'égalité femme-homme
Depuis cinq ans, le maire de Paris nous assomme avec ses prêchi-prêcha sur la parité. Passant son temps à poser comme le défenseur des minorités menacées, il a fait de la parité homme femme l'un de ses dadas.

Des mesures aussi médiatiques qu'efficaces pour ce noble combat ont été prises :

  • désignation d'une adjointe chargée de la parité femmes hommes ;
  • création d'un observatoire de la parité ;
  • féminisation obligatoire de tous les noms de fonction (le cas des sage femmes et des gardiennes de chalets de nécessité ne donnant toutefois pas lieu à masculinisation) ;
  • obligation faite aux services de préciser sur les annonces publiées au bulletin municipal officiel que les postes vacants sont proposés à des hommes ou à des femmes (avec la mention F/H) ;
  • nomination de plusieurs directrices dans l'administration (ce qui n'a pas empêché de virer vite fait les directrices en poste avant le passage de l'ombre machiste de droite à la lumière paritaire de gauche).

Bref, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes paritaires possibles grâce à Bertrand Magic Delanoë.

Le hic, c'est que la réalité est moins rose.

Dans une note interne, en date du 23 février 2006 (cliquez ici), la direction des ressources humaines de la ville dresse un tableau moins idyllique de la parité que ce que communique le Maire :

  • « La mixité apparente (49% de femmes et 51% d'hommes) dans la collectivité parisienne recouvre la faible mixité des emplois ».
  • « Un écart brut de rémunération (primes incluses) de 8,3% est constaté en défaveur des femmes ». Il est d'ailleurs à noter que cet écart est supérieur à l'écart résiduel constaté au plan national (5 à 7%) !
  • « La répartition différente des femmes et des hommes sur l'échelle des emplois et la moindre présence des femmes dans les plus hauts grades ». D'ailleurs sur les quatre sous-directeurs destinataires de la note, il y a une femme pour trois hommes. Quand on sait que le directeur des ressources humaines est un homme et que son adjoint est lui-même un homme, on voit que la noble cause de la parité a du mal à s'implanter même chez ceux qui sont censés la mettre en œuvre !
  • « Même dans les cas où les femmes sont majoritaires, elles restent sous-représentées aux grades les plus élevés ».

Dans un rare accent de sincérité, la direction des ressources humaines conclut : « Les inégalités professionnelles existent, bien que ne résultant pas d'une volonté discriminante à l'égard des femmes (il ne manquerait plus que ça ! ndlr) ».

Le plus drôle, c'est que dans le catalogue à la Prévert qui suit pour remédier à cette situation anti-paritaire, toutes sortes de mesures sont évoquées, des plus stupéfiantes : « Veiller à proscrire toute forme de discrimination dans le libellé, le contenu des postes à pourvoir et ses modes de sélection, conformément à la règle de la Fonction publique » (comme si respecter la loi était une innovation), aux plus positivement discriminantes ( « assurer une progression de la mixité dans tous les secteurs déséquilibrés, à l'occasion de la première affectation des agents » ; « porter une attention particulière au ratio entre promouvables et promus selon les sexes », ce qui, traduit en français courant, signifie que la mairie de Paris introduit un nouveau critère d'appréciation pour la promotion dans la fonction publique : le sexe).

Il n'y a qu'une mesure concrète qui est oubliée : augmenter les salaires des femmes ! La Direction des ressources humaines proposant de seulement « Identifier les écarts existants entre les femmes et les hommes et identifier les mesures correctrices possibles (sic) ».

Une fois encore, il y a loin de la coupe communicatrice de notre maire aux lèvres de la réalité des fonctionnaires. La parité, Delanoë en parle et s'en flatte mais à la mairie ce n'est pas la réalité quotidienne.

Jeudi 07 Décembre 2006
Lu 14402 fois



Nouveau commentaire :

Nom*
Adresse email* (non publiée)
Site web

Commentaire
Me notifier l'arrivée de nouveaux commentaires

Dans la même rubrique :

|1| >>

Perroquet : quès aco? | Le Perroquet Masqué | La vie à Paris | Paris roule-t-il ? | Bêtisier | Plumes acérées | Citoyens actifs | Scoops | Législatives 2007 | Communiqué