Le gouvernement semble décidé à faire voter une deuxième loi sur la parité avant les élections. Passé l'étonnement de ceux qui ont du mal à comprendre pourquoi la droite s'obstine à reprendre et amplifier les réformes votées par la gauche (la CSG ou le pacs en sont d'autres exemples), on peut s'interroger sur l'apport de la parité au fonctionnement de la démocratie représentative.
Paris, qui se veut exemplaire en matière de parité, offre un cas d'école particulièrement intéressant. Tout d'abord, on observera que la parité est loin d'être respectée au sein de l'exécutif parisien : parmi les 33 adjoints au maire de Paris, il y a 19 femmes pour seulement 14 hommes. Faut-il rappeler que la loi sur la parité du 6 juin 2000 n'avait pas pour objet d'encourager la surenchère féministe mais de
"favoriser l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux". La loi prévoit d'ailleurs que l'écart sur les listes -nombre impair oblige- ne doit dépasser 1. Il y a donc 2 femmes de trop parmi les adjoints de Bertrand Delanoë qui, si la nouvelle loi passe, sera tenu de remasculiniser son
"équipe".
On remarquera par ailleurs que la volonté de placer à tout prix des femmes conduit souvent à nommer à des postes à responsabilité des femmes qui sont déjà fort occupées. C'est ainsi que d'éminentes élues de la majorité parisienne (Anne Hidalgo, Marie-Pierre de La Gontrie, Danièle Hoffman-Rispal, Annick Lepetit...) empilent les mandats, locaux ou parlementaires, tels les notables du bon vieux temps. Est-il vraiment utile à la démocratie de remplacer des cumulards par des cumulardes ? La parité permet-elle vraiment d'améliorer la qualité du travail des élus? En outre, au-delà de l'affichage politique, l'égalité homme-femme est loin d'être une réalité professionnelle au sein du personnel de la Ville de Paris comme le montre un
rapport interne -que le Perroquet Libéré s'est procuré...
D'où l'hypothèse, que nous faisons, selon laquelle l'amour soudain de la classe politique pour la parité serait en fait l'ultime recours de politiciens accrochés à leurs privilèges pour éviter le débat sur la pratique du cumul des mandats.
On sait que Bertrand Delanoë, qui a démissionné de son mandat de sénateur une fois élu maire de Paris se fait volontiers donneur de leçons au sujet du cumul des mandats, comme récemment dans un entretien filmé :