Le Perroquet Libéré

"Je vous demande d'être des citoyens actifs et de nous dire ce qui ne va pas" (Bertrand Delanoë)

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Nuit Blanche et autres réjouissances

Par Pierre R., un parmi 2 millions...



Nuit Blanche et autres réjouissances
Cher Perroquet,

Je suis un lecteur fidèle de vos écrits et j'ai décidé aujourd'hui de joindre ma modeste plume aux vôtres. Cette plume là me chatouille depuis le mois d'Août, mais hier soir une étincelle a fait déborder le vase. Je m'explique.

Hier soir Samedi 6 Octobre, tout à notre joie rugbystique de la victoire de nos "petits" bleus sur les Néo-Zélandais, nous décidons mon amie et moi de participer aux nuits blanches bertrandelanoéennes (en tout bien tout honneur s'entend) et nous nous acheminons au travers de Saint Germain vers les Tuileries pour assister à la "nuit ardente". Programme intéressant, du moins sur le papier.

Arrivés au Carrousel, nous sommes pris dans une foule dense et moutonnante et nous remontons tant bien que mal vers la Concorde escortés pas des pots de fleurs flamboyants, des marmites incandescentes, des cheminées brûlantes et crachantes, des sculptures enflammées, des braseros rayonnants, j'en passe et des meilleurs, tout cela irradiant au milieu d'une foule pour la plupart indifférente.

Tout cela pourrait être fort beau si une bonne moitié (au moins) des pots de fleurs brûlants n'étaient pas déjà éteints. Passons.

Arrivés à la Concorde après une traversée de puanteurs chimiques combustibles, nous ne parvenons même pas à nous extasier devant une "boule" de feu soutenue à quelques 15m du sol par une énorme et onéreuse grue Médiaco de 60m. Quand je dis "boule" de feu, je devrais dire "demi" boule de feu, puisque là aussi la plupart des pots de fleurs ne brulaient plus. Pas très au point le système qui est censé bruler jusqu'à 3h du matin et qui ne fonctionne déjà plus en grande partie à minuit.

Outre ce demi-fiasco artistique, une remarque me vient alors : combien d'Euros du budget et des impôts parisiens ont été ainsi brulés et sont partis en fumées ? Quel budget a été consacré à cette mascarade de spectacle pour détourner les parisiens des vrais problèmes de la Ville (stationnement, circulation, sécurité routière, propreté, etc., etc.) ? Et encore, je n'ai pas observé toutes les manifestations de cette nuit blanche, j'ai eu peur de l'indigestion de gâchis. Pour distraire le peuple des problèmes quotidiens, on lui donne des jeux (mais pas encore de brioche…).

Des jeux tels que les Nuits Blanches ou encore Paris Plage.

Ah Paris Plage. Quelle belle réussite.

Quel beau bilan écologique.

Et oui car au travers de ces jeux dispendieux, se pose la question du bilan écologique.

Lors de mes promenades aoutiennes j'avais pu constater à plusieurs reprises que malgré des températures inférieures à 20°C et même les jours de pluie, les brumisateurs de Paris Plage fonctionnaient à pleins tuyaux, consommant même sous une pluie battante, des centaines voire de milliers de litres d'eau par jour, alors qu'on nous enjoint par ailleurs de surveiller nos consommations domestiques et professionnelles.

Hier soir lors de la "nuit ardente", combien de tonnes de CO² et de degrés de chaleur ont été dispersés dans l'atmosphère parisienne déjà bien chargée ? En effet toutes ces cheminées, braseros et corbeilles incandescentes rejetaient des fumées épaisses puantes et polluantes bien visibles même dans la nuit.

Il ne me semble pourtant pas avoir entendu de prise de position de la part des associations écologistes de la Capitale, ni de la part des "Verts" de la majorité municipale face à ces débauches polluantes.

Il est certain que les brillants services de la communication de la Mairie de Paris ont déjà une réponse toute prête visant à nous faire avaler la couleuvre selon laquelle le gaspillage et la pollution des actions municipales n'ont pas la même valeur que nos gaspillages et pollutions domestiques.

Mais peu importe l'impact écologique, peu importe les Euros "brumisés" et brulés, la foule même désintéressée permet de remplir les colonnes de chiffres et de combler les statistiques de fréquentation. Ah ce Bertrand, quel grand communicateur !

Il semble donc encore une fois que le principe bien connu du "faites ce que je dis mais pas ce que je fais" est appliqué à la lettre par les équipes Delanoë au mépris des parisiens et de leurs intérêts.

Parisien, la Mairie gaspille et pollue, mais toi, tu dois rouler à vélo.

"Perroquetement" vôtre".

Dimanche 07 Octobre 2007
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