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Nuit gravement à la santé
Alors que Bertrand Delanoë et Denis Baupin justifient leur politique de circulation par la lutte contre la pollution et un souci de santé publique, il apparaît clairement qu'elle n'améliore pas la qualité de l'air et qu'elle met en danger la population.
Extrait du livre "Delanoë Zéro de Conduite" qui s'appuie sur des témoignages vécus.
La pollution n'est pas près de baisser
Delanoë Zéro de Conduite
Devant la montée de la contestation de ses expériences dans le domaine du transport, la mairie de Paris se justifie en rappelant que les tracas de circulation sont le prix à payer pour gagner le combat qu'elle a engagé contre la pollution. Une façon commode d'écarter toute remise en cause publique au seul motif que la fin justifie les moyens…
En effet, pour la municipalité, il était politiquement habile de placer le débat des transports parisiens dans la perspective de la lutte contre la pollution et de la priorité donnée à la santé publique. L'instrumentalisation de ces mots d'ordre consensuels transcendant les polémiques entre la droite et la gauche était aussi une façon de neutraliser le débat. En ces temps d'hypocondrie généralisée et de prise de conscience des menaces pesant sur l'environnement, quel politicien allait s'opposer aux défenseurs de la nature et de l'air pur ? Pour les Verts, ces thèmes ont en outre l'avantage d'être consubstantiels de leur identité politique. En surfant sur la pollution, ils évoluent en effet sur un terrain où les écologistes sont, à tort ou à raison, jugés légitimes pour interpeller l'opinion et formuler des propositions. C'est d'ailleurs sur ce type de questions que l'attente des citoyens à leur égard est la plus grande.
Ce positionnement tactique destiné à tuer le débat dans l'œuf fonctionna jusqu'à ce que des travaux scientifiques révèlent qu'il ne suffisait pas de prétendre lutter contre la pollution pour faire diminuer les rejets polluants. Pire, ces études ont fait apparaître que, dans une certaine mesure, les mesures anti-pollution de la mairie contribuent à l'augmentation de la pollution !
« N'oubliez pas qu'un bouchon c'est avant tout beaucoup, beaucoup de pollution… ».
Electrice de gauche à Saint-Quentin en Yvelines
Ainsi, une étude d'Airparif publiée en 2002 a montré que les couloirs de bus avaient certes permis une baisse -dans des proportions comparables à la baisse du trafic- des rejets polluants tels que le monoxyde de carbone, mais au prix d'une augmentation des rejets d'oxyde d'azote et de particules fines de l'ordre de 10% à l'occasion des heures de pointe, en matinée comme en soirée. Or l'oxyde d'azote favorise l'irritation des voies respiratoires, en particulier chez les jeunes enfants et ceux qui, comme les coursiers, sont directement amenés à le respirer régulièrement du fait de leur activité professionnelle.
De leur côté, Pierre Kopp, Rémy Prud'homme et Juan Pablo Bocarejo affirment que la politique des transports menée depuis 2001 a eu pour effet d'augmenter les rejets polluants en obligeant les véhicules à rouler plus lentement. Selon eux, la réduction de vitesse imposée aux automobiles du fait des différents aménagements intervenus sur la voirie a abouti à une augmentation moyenne de 54% des rejets polluants, avec notamment une augmentation de 99% des rejets de monoxyde d'azote entre 2000 et 2004. Cette évolution regrettable va à l'encontre de la tendance à la diminution de la pollution, observée par Airparif depuis le début des années 1990 et imputable à la généralisation progressive de l'équipement du parc automobile en pots catalytiques. Une tendance qui caractérise aussi les deux-roues motorisés dont les émissions polluantes sont en nette diminution depuis l'entrée en vigueur des normes européennes Euro 1 (en 2000) et Euro 2 (en 2004). Dès lors, il apparaît que la politique municipale a eu pour effet de ralentir le rythme de la dépollution en provoquant un surcroît de rejets polluants.
« Le boulot pour dépolluer est en marche à l'échelle européenne depuis près de quinze ans ; la mairie de Paris fait mine de ne pas le savoir et cherche à récupérer le résultat des autres ! »
Christophe K.
L'exemple des 4x4 est, de ce point de vue, symptomatique. Les écolos ont sans doute de bonnes raisons de s'agacer de la présence sur la chaussée parisienne de tels mastodontes -qui sont aussi de gros pollueurs- et de rappeler que la vocation du 4x4 n'est pas de circuler en ville. Mais ils devraient aussi se demander pourquoi l'usage du 4x4, dont l'invention ne date pas d'hier, semble se développer dans les rues de Paris. Ils y verraient alors peut-être un lien de cause à effet entre cette prolifération et le développement des embouteillages. En effet, dans un embouteillage, c'est la loi du plus fort qui s'impose. Pour sortir au plus tôt de cette nasse, il faut remiser politesse et courtoisie et prendre les devants dans ce qui est finalement un rapport de force. Avec son imposante carrosserie et sa hauteur, le 4x4 est incontestablement un atout pour tenir en respect les autres véhicules dans les intersections, priorités et autres rétrécissements de voie. Sans compter que ses quatre roues motrices ne sont pas non plus inutiles sur une chaussée saccagée en permanence par des travaux divers… Aussi peut-on se demander si la multiplication de ces véhicules incontestablement polluants n'est pas une conséquence directe des restrictions prises par la mairie pour faire baisser le niveau de la pollution. Dès lors, en prétendant interdire l'usage des 4x4, la mairie ne fait que corriger un des nombreux effets nocifs de sa propre politique !
De plus en plus d'accidents
Rouler tue (DR)
En matière de santé publique, ce n'est pas seulement l'intention qui compte. Ceux qui ont l'habitude de circuler dans Paris l'ont appris à leurs dépens car, outre l'augmentation des rejets polluants, il leur faut désormais se mouvoir dans un environnement plus périlleux.
Si le nombre d'accidents de la route a connu une diminution au cours des dernières années, dans la capitale comme ailleurs en France, les chiffres publiés au 1er semestre 2006 ont été catastrophiques pour Paris avec une augmentation de 30% en un an. Les motards, les cyclistes et les piétons représentent l'essentiel des victimes recensées. Comment s'en étonner ? Qu'il vente ou qu'il neige, les motards -dont beaucoup, automobilistes repentis, sont novices dans la conduite d'un deux-roues motorisé- doivent se faufiler entre des voitures bloquées et nerveuses.
« La jungle c'est quand le danger peut survenir de tout les côtés...voilà Paris aujourd'hui! Je plains sincèrement les camarades en 4 roues qui, même s'ils sont confortablement assis au chaud, endurent un stress journalier. Il faut le vivre pour le comprendre et pas seulement dans le quatrième arrondissement !!! »
Coursier
Les cyclistes, eux, sont encouragés par la municipalité à prendre des libertés à l'égard du code de la route et font souvent preuve dans ce domaine d'une créativité déconcertante. Un comportement qui, dans la confusion générale qui caractérise aujourd'hui la chaussée parisienne, les expose particulièrement au risque d'accident.
« Quand sont arrivés les couloirs boulevard Richard Lenoir, bing! Premier accident: un automobiliste garé le long de la piste cyclable ouvre sa portière sans regarder, bloquant le couloir, et paf, le vélo dans la portière (roue tordue, le haut de la portière dans la gorge, ça fait mal). Autre problème : la voie change de côté (par exemple au croisement avec la rue du Faubourg du Temple), on doit traverser le rue pour rester dans le couloir... surprise et hargne des automobilistes, flip du cycliste. Sans parler des bagnoles qui se garent dans les couloirs, il faut en sortir, en re-rentrer... Car, si par malheur on ne roule PAS dans les pistes cyclables, on se fait engueuler... Le pire est arrivé avec le système boulevard Magenta: on craint de se payer un piéton tous les deux mètres !! »
Annouche, cycliste
Quant aux piétons, il doivent redoubler de vigilance pour ne pas être fauchés par un bus à fond la caisse dans son couloir ou lorsqu'ils s'aventurent sur les espaces civilisés sans bien comprendre comment ceux-ci fonctionnent. Par ailleurs, si la volonté de la mairie est d'élargir les trottoirs pour faciliter la promenade à pied, les travaux menés dans ce but empiètent souvent sur les trottoirs existants et ont pour effet d'imposer aux piétons un rétrécissement de la voie qui leur est consacrée. Une situation réputée temporaire qui aboutit à créer à certaines heures de véritables embouteillages de piétons sur les voies les plus fréquentées !
« Avant Delanoë, je pouvais conduire mon enfant à l'école en le tenant par la main. Et puis les forces d'occupation de l'espace sont arrivées. Elles ont aussitôt ceinturé les espaces avec des barrières, avec des pics de métal, avec des blocs de béton, créant le déplorable sentiment que les parisiens étaient mis en cage. Elles ont créé des embouteillages de piétons. Des exemples ? Tenez, boulevard Voltaire, à la hauteur de la place de la Nation, les forces d'occupation du sol ont installé une bétonnière (baptisé ‘jardinière' par Baupin) qui occupe la quasi totalité du trottoir. Résultat, il est impossible de passer si on tient un enfant et un sac. Le rétrécissement du passage entraîne un embouteillage de piétons ».
Hubert Q., piéton
Saint-Marcel, un boulevard propice aux accidents
Si vous y comprenez quelque chose... (DR)
Parmi les aménagements les plus baroques de l'ère Delanoë, le boulevard Saint-Marcel, qui marque la séparation entre le 5ème et le 13ème arrondissement, est bien parti pour rester dans les annales. Avec ses sens contraires, ses voies multiples et ses carrefours surréalistes, il est un véritable piège pour ceux qui s'y risquent, qu'ils soient automobilistes, motards, cyclistes ou piétons. La confusion de sa signalisation et son agencement absurde ont rendu cette voie particulièrement propice à l'accident. Puisque Bertrand Delanoë aime à changer le nom des rues de la capitale, il devrait envisager sérieusement de rebaptiser le boulevard Saint-Marcel « Boulevard Saint-Bernard ».
« Je voudrais vous compter une histoire. C'est celle de celui qui, inquiet, regarde à gauche puis à droite, avance de quelques pas, frissonne de peur de ce qui passe derrière de ce qui passe devant lui, regarde à gauche puis à droite, avance de quelques pas, frissonne de peur de ce qui passe derrière de ce qui passe devant lui, regarde à gauche puis à droite une troisième fois, avance de quelques pas, et souffle de soulagement. Savez-vous qui cela peut être ? Ce n'est pas une histoire de poulet qui a traversé la route. Ce n'est qu'un piéton qui a traversé le boulevard Saint-Marcel à l'angle des Gobelins et qui a tremblé de peur et d'angoisse sur les deux refuges en traversant les six voies de la ligne de démarcation entre le 5ème et le 13ème ».
Nils T., habitant du 13ème arrondissement.
La peur de l'accident, la pression des autres véhicules, compagnons d'infortune engagés dans la même galère, et l'attention de chaque instant requise dans un environnement méconnaissable, sans compter les surprises que peuvent receler les embûches introduites par les changements de signalisation, autant de facteurs de stress pour les habitants d'une ville décidément bien inhospitalière…
« S'il fallait soigner les stressés à cause de ce tyran, un hôpital n'y suffirait pas !!!! »
Louise, habitante du 3ème arrondissement
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Lire aussi sur le site du Perroquet : Accidents : la mairie se moque du monde
Pour en savoir plus :
Perroquet : quès aco?
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Le Perroquet Masqué
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La vie à Paris
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Paris roule-t-il ?
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Bêtisier
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Plumes acérées
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Législatives 2007
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Communiqué
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Un site bilan du mandat Delanoë
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