Le Perroquet Libéré

"Je vous demande d'être des citoyens actifs et de nous dire ce qui ne va pas" (Bertrand Delanoë)

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Pariscide : l'avis des critiques

Jeté par Pascal Sevran, censuré par Le Parisien, guetté par la garde rapprochée du maire, Pariscide a déchaîné les passions.



Le Point - 12-18 mai 2005

Pariscide : l'avis des critiques
« Les gâchis de Delanoë » (Carl Meeus)

Plus féroce que le livre noir de l'UMP parisienne, plus acide que n'importe quel propos d'un leader de l'opposition, le dernier livre de François Devoucoux du Buysson : Pariscide. Les gâchis de l'ère Delanoë. L'auteur, qui avait déjà écrit une enquête sur Les Khmers roses, essai sur l'idéologie homosexuelle, utilise son art de la formule pour tenter de démontrer que, loin de la vision idyllique présentée par Bertrand Delanoë et son équipe, le bilan du maire de Paris est un "gâchis". De l'épisode de la canicule, où il rappelle l'absence du maire de la capitale, aux subventions aux associations, rien ne trouve grâce à ses yeux, et sûrement pas ses aides à la communauté homosexuelle : "La Gay Pride, c'est la roche de Solutré de Delanoë", écrit-il en référence au rendez-vous annuel de François Mitterrand, très prisé par les médias. Mais s'il attaque frontalement ce "maire de sable", ce pamphlet ne ménage pas la droite pour autant : "La mollesse de l'opposition ne laisse pas de surprendre". Sera-t-elle revigorée à la lecture de cet ouvrage ?

Marianne - 21-31 mai 2005

(Droits réservés)
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Pour les admirateurs de Bertrand Delanoë (et les autres) (Daniel Bernard)

En principe, Pariscide devrait plaire à Bertrand Delanoë. En effet, ce livre est entièrement consacré à un élu qui ne goûte guère la discrétion. Son auteur, qui plus est, ridiculise la droite parisienne, ramenée à son passé crapoteux, critiquée pour son inertie. L'argumentation, enfin, multiplie les références aux valeurs proclamées par le maire de Paris, en particulier à la "transparence". Hélas, François Devoucoux du Buysson, pour rester fidèle à "l'exigence démocratique" valorisée par Delanoë, est contraint de souligner que la "rupture" n'est pas totale avec les "dérives" dénoncées hier. Ainsi, "l'arrosage de la nébuleuse associative" peut encore concerner telle association présidée par un élu (résurgence du système Chirac), voire des associations aussi étrangères à Paris que les groupements corses autrefois financés par Tiberi. Avec un art de la formule qui fait écho à l'éloquence de l'édile, l'auteur clame ainsi que "les personnages ont changé mais le scénario reste le même". Pourtant, cette démonstration acide, bien balancée et précisément étayée, ne devrait pas froisser Delanoë. L'auteur de ce réquisitoire ne commet que le crime de lèse-majesté. Et se borne à réclamer, au-delà du Paris festif, un Paris plus social. Un rappel salvateur des engagements d'un maire élu pour défendre "l'honneur de Paris".

Paris Obs - 26 mai-2 juin 2005

Pariscide : l'avis des critiques
Un imprécateur rentre-dedans (propos recueillis par Vincent Monnier)

Dans « Pariscide »*, François Devoucoux du Buysson, créateur du « Perroquet libéré »**, tente une opposition municipale en solo.

Lire l'interview en pdf

Pourquoi ce titre « Pariscide » ?
Parce que, sur un air de fête, on assiste à l'agonie de Paris. Ce livre, c'est un signal d'alarme. Paris s'embourgeoise. Paris se meurt. Il devient impossible de se loger. Impossible de circuler. On voit disparaître la ville qui accueillait volontiers les ambitions, des plus modestes aux plus grandioses, et ne rejetait personne. C'est la victoire posthume et paradoxale, puisque cette tendance entre dans sa phase terminale sous gestion socialiste, des Girondins et des Versaillais sur Paris et son peuple, désormais contraint à franchir le périf… Il y a un vrai décalage à célébrer la Commune en plein boom des ventes à la découpe.

Dépeindre Delanoë en nouveau Thiers, il faut oser !
Très préoccupé de la visibilité des minorités, Bertrand Delanoë le semble un peu moins de l'invisibilité grandissante des ouvriers et des classes moyennes dans sa ville. Bientôt, celles-ci ne seront plus représentées que par les fonctionnaires, clientèle recherchée par des propriétaires de logement qui ne veulent pas prendre de risques. Remarquez, cela tombe bien pour lui : ce sont souvent de fidèles électeurs socialistes. Derrière cette évolution, il y a pour moi une vraie responsabilité politique.

Difficile quand même de rendre la municipalité responsable de la spéculation immobilière…
Je ne la rends pas responsable des causes. Je critique seulement son manque de réaction face à cette flambée spéculative. Pire : sa politique des quartiers verts ne fait rien pour arranger les choses. Prenez mon quartier : aucun riverain n'avait demandé le relookage complet de la rue de Bretagne. Mais par ces aménagements la Mairie souhaitait sauver le marché des Enfants-Rouges du naufrage. La conséquence, c'est la modification du profil des commerçants. Le boulanger, le cordonnier vendent leur boutique parce que leurs clients disparaissent. A la place, on a vu apparaître une boutique de café branchée et un traiteur italien hors de prix. Quant aux promoteurs, ils savent que le quartier a pris de la valeur. Ils se disent : quartier vert égale standing, et on se retrouve avec des ventes à la découpe comme dans le cas de la rue Froissart.

Les élus locaux n'ont que peu de compétences en matière de logement…
C'est vrai. Mais la Mairie est l'une des principales bénéficiaires de cette flambée des prix. En tant que commune et département, elle reçoit 4,8% des droits de mutation. Une véritable manne qui a permis de réduire l'endettement de la capitale, l'un des engagements de campagne de Delanoë. On peut trouver cela très bien. Seulement, face à cette situation de crise, n'était-il pas plus judicieux d'utiliser cet argent pour racheter des immeubles et remettre sur le marché des appartements à des prix en dessous du marché ? De même, fin 2003, des centaines de logements de standing situés dans le centre-ville et appartenant à la Mairie ont été vendus alors que leur mise en location à des tarifs abordables aurait permis de modérer la hausse des loyers.

A vous lire, la nouvelle « ère » promise par Delanoë ne serait que du vent…
Lors de la campagne des municipales 2001, Delanoë nous promettait le renouvellement des pratiques démocratiques, un renouveau citoyen, le retour de la probité. Ce que j'observe, c'est que sur beaucoup de ses sujets, nous sommes dans la continuité de Tiberi. Le clientélisme existe toujours. Seules les clientèles ont changé : les homos sont à Delanoë ce que les Corses étaient à Tiberi. Il a toujours été plus facile pour les maires de satisfaire chaque composante de la population prise séparément que de répondre aux besoins de l'ensemble. Je compare Delanoë à un Sarkozy de gauche : flatteries communautaires, cabinet « identitaire » chargé de nouer des relations avec les « communautés », messages appuyés à destination des Antillais, soutien systématique à la cause gay, y compris dans ses revendications les plus excessives, copinage… Le système des partis, lui aussi, existe toujours. Des élus cumulent allègrement et construisent leurs petits bastions électoraux : ainsi Patrick Bloche et Christophe Caresche sont adjoints et députés.

Le cumul des mandats de député et d'adjoint au maire n'est pas interdit par la loi ?
Si. Mais la loi est faite par des députés qui sont cumulards à 95%. Député, c'est un travail à plein temps. Et adjoint sur la sécurité, comme l'est Christophe Caresche, cela demande une disponibilité totale. Dans le sillage de Delanoë, on a vu émerger de nouvelles têtes à la Mairie de Paris. Des élus Verts, des trentenaires. Quand on regarde les trajectoires personnelles, on s'aperçoit que ces trentenaires d'aujourd'hui sont les apparatchiks de demain. Prenez Aurélie Filipetti, elle a voulu se faire élire sénateur dans le Rhône tout en étant élu local dans le 5 e , un des bastions que la gauche pourrait reprendre.

La grande différence entre Delanoë et Tiberi, c'est quand même la transparence ?
Les comptes-rendus de mandat sont plutôt une bonne chose. Mais pas sous leur forme actuelle, arrondissement par arrondissement. Je pense que les problèmes de transport ne sont pas des problèmes d'arrondissement. Quand on les présente sous l'angle de la proximité, cela donne des gens qui se plaignent du garage à vélos en bas de chez eux. Et cela finit par ressembler à une réunion de copropriétaires.

Quel regard portez-vous sur les Nuits Blanches et Paris-Plage ?
Je ne suis pas contre ces manifestations. Je suis contre le fait que cela prenne autant de place dans le discours. Elles sont devenues de véritables baromètres de la popularité du maire. Après tout, Paris-Plage, ce n'est qu'une animation d'été. Elle est peut-être plus astucieuse que d'autres, plus innovante. Mais ce qui est intéressant, c'est ce déni de la réalité. On entend partout, il faut une plage à Paris. Je ne suis pas sûr qu'il faille une plage dans une ville où il y a 111 jours de pluie par an.

Vous êtes également très critique à l'égard de l'opposition de droite…
Elle est inexistante et désorganisée. Elle n'a pas de leader, pas de vision. Sur beaucoup de sujets, elle se dit qu'elle ferait la même chose que Delanoë. Après avoir pris une rouste en 2001, l'opposition devrait avoir une exigence de présentéisme plus importante que la majorité lors des conseils de Paris. Ce qui n'est vraiment pas le cas. Si les seconds couteaux, en général, assistent aux deux séances mensuelles, ceux qu'on présente comme les possibles futurs candidats, comme Pierre Lellouche ou Françoise de Panafieu, sont souvent aux abonnés absents. Quant on est dans une optique de conquête, on n'abandonne pas le champ de bataille.

Pamphlétaires à fixette (Vincent Monnier)
Derrière « le Perroquet libéré », newsletter satirique qui, chaque mois, traque les travers de la Mairie de Paris, se cachent des trentenaires ayant évolué dans le sillage de Chevènement en 2002. « Paris nous a semblé un exemple frappant de la dépolitisation des discours », explique François Devoucoux du Buysson, l'un des fondateurs. Dans le collimateur : les achats d'art de la Mairie, les supposées largesses accordées à la communauté homosexuelle… Souvent acide, parfois bien vu, parfois de mauvaise foi. « Puisqu'il y a une absence manifeste de débats sur les grands enjeux de la ville, on s'est dit qu'on allait les susciter».

La posture intello (Vincent Monnier)
Au Conseil de Paris, l'opposition brille davantage par ses chamailleries internes que par ses propositions. Du coup, la critique de Delanoë n'est guère portée que par une poignée d'intellectuels. Outre le livre de François Devoucoux du Buysson, les déclarations d'Alain Finkielkraut dans nos colonnes ( « EuroDisney et Paris-Plage, un millénaire d'histoire pour en arriver là ! » ), celles de Bernard Maris, économiste, qui dans une récente tribune du « Monde » craint que « Paris n'axe l'essentiel de sa politique municipale autour des JO », c'est Philippe Muray, essayiste, qui, dans « Festivus, Festivus » pilonne les « robinsonnades » de Delanoë, « candidat des 3M : modernes, moraux, modérés ».

Valeurs Actuelles - 26 mai-2 juin 2005

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Delanoë, une légende ternie (Georges Langlois)

Lire l'article en pdf (contient aussi l'encadré Les mille et un comptes de Ni Putes Ni Soumises)

Petits secrets et grandes révélations… “Pariscide” est le premier livre enquête sur le système Delanoë et son bilan à la mairie de Paris. Instructif !

Un homme neuf, Bertrand Delanoë ? Aux antipodes de sa légende dorée, insiste d'entrée François Devoucoux dans son livre, le maire de la capitale est d'abord l'« un des plus anciens élus du Conseil de Paris ». En place depuis 1977…

À peine élu à l'Hôtel de Ville, en 2001, Delanoë (qui cumulait Conseil de Paris et siège de sénateur) se retrouve contraint d'appliquer l'une de ses promesses : abandonner son mandat au Sénat. Problème : il se prive ainsi d'« une juteuse indemnité parlementaire ». Aussi, sitôt élu, celui-ci fait-il « des pieds et des mains pour obtenir un surcroît de revenus ». Une idée fixe. « Il n'arrêtait pas de venir nous voir en nous disant : “Trouvez quelque chose, je ne m'en sors plus pour acheter mes fringues” », se souvient – selon une indiscrétion du Canard enchaîné – l'un de ses adjoints…

La solution ? Un an plus tard, « en plein été (2002), une augmentation de plus de 12 % de l'indemnité du maire, passant (…) de 7 200 à 8 100 euros (plus) une indemnité de 29 000 euros par an pour ses “frais de représentation” », est approuvée par le Conseil de Paris. Afin de s'assurer le soutien des élus (y compris de droite), Delanoë, malin, fait voter dans le même temps une hausse de 23 % des émoluments des conseillers de Paris. Le temps d'un “vote furtif”, c'est ainsi que « 500 000 euros par an (passent) des caisses de la ville vers la poche des élus ». Un fameux tour de passe-passe !

Illusionniste, Delanoë l'est aussi concernant les subventions aux associations. Alors dans l'opposition en 1998, Delanoë dénonçait avec vigueur le « clientélisme (dont) les aides au monde associatif donnent un aperçu qui va du grotesque au spectaculaire. Il serait d'ailleurs possible, poursuivait-il, et parfois cocasse s'il ne s'agissait d'argent public, d'établir la liste des “bizarreries” constatées au fil du temps dans ce maquis de subventions (plus de un milliard de francs en moyenne chaque année) versées à certaines associations ». Fortes et belles paroles qui pourraient, aujourd'hui, lui être… directement renvoyées. Depuis son élection, en effet, loin de diminuer, les subventions versées aux associations n'ont fait qu'augmenter : pas moins de 165 millions d'euros, en 2003, répartis entre « plus de 2 700 associations » ! Et s'il n'y avait que ça…

« Bizarreries », dénonçait-il à propos du choix de ses prédécesseurs ? Que dire, alors, des conditions d'attribution des subventions accordées à la très médiatique – et surtout très proche du PS – association Ni putes ni soumises (lire encadré page suivante) ? Ou encore des dizaines de milliers d'euros distribués chaque année aux associations de type communautaristes, notamment homosexuelles : 3HVP (Homosexuels et Homosexuelles de l'Hôtel de Ville de Paris), Syndicat national des entreprises gaies, le Chœur international gai de Paris, l'Association des parents gays et lesbiens, la Maison des femmes (interdite aux hommes !), les Nageurs gays et lesbiens (dont l'un des ex-responsables, Philippe Lasnier, est l'actuel “Monsieur gays” du cabinet du maire) etc., etc.

Au total, révèle l'auteur, « plus de la moitié des subventions ne font pas l'objet d'un débat démocratique ». Mais l'objectif est connu : se doter, via le milieu associatif, de « clientèles dépendantes », « facile à actionner » et « votant bien ». Loin, très loin, de la « culture démocratique ouverte, transparente, respectueuse du droit et dédiée exclusivement à l'intérêt général » promise avant son élection…

Rapporteur d'affaires dans la pub.
Même décalage entre ce qu'il a raconté de son « expérience du privé » et la réalité. En fait d'« as de la com », raconte l'auteur, Delanoë, après l'échec de son parachutage (raté) à Toulouse en 1986, a, en réalité, été embauché comme « rapporteur d'affaires rémunéré à la commission » par l'entreprise Robert & Partners. Son travail ? Il « reposait essentiellement sur ses relations politiques et sur l'épaisseur de son carnet d'adresses », affirme l'auteur. Au point que Delanoë jugera plus prudent, en 1995 (et le remplacement de Mitterrand par Chirac à l'Élysée), de se faire élire au Sénat plutôt que de continuer dans les affaires. Depuis le retour de la droite au pouvoir, ses activités avaient chuté de près de… 100 % en deux ans !

Fidèle à lui-même, en revanche, le « saint maire », comme le présente le livre, « excelle d'abord dans la récupération des bonnes causes, l'affirmation des évidences ». « Je réagis avec colère quand l'être profond des personnes est traité avec mépris », se présente-t-il (« courageusement », ironise l'auteur) dans l'un de ses livres. D'où – à grand renfort de communiqués : quatre fois plus que Tiberi ! – son « engagement » antiraciste, féministe, mais aussi et surtout écologiste…

Objectif : complaire à ses turbulents alliés Verts, sans lesquels il ne dispose pas de majorité. Problème : les résultats, là encore, ne sont pas à la hauteur des promesses. Selon Airparif, les émissions de particules et d'oxyde d'azote ont augmenté, entre 2001 et 2002, « de l'ordre de 10 % ». Depuis ? Difficile de le savoir, les subventions attribuées à ce trop indépendant organisme ayant été… diminuées de 40 % ! Quant aux embouteillages, nul besoin d'analyses pour s'en rendre compte : ils n'ont jamais été aussi nombreux, augmentant encore les émanations de gaz d'échappement… Présentée comme la solution miracle, « la part du vélo dans les déplacements parisiens s'élève, elle, à moins de 1 % ».
Restent les fêtes : “Paris Plage”, “Nuit blanche”, en attendant, peut-être, les J. O. Et si « DJ Bertrand » n'était d'abord « que l'animateur d'une collectivité locale » au service de “bobos” d'abord préoccupés par eux-mêmes ?

Avec eux, écrit l'auteur, « la ville “bouge” plus qu'elle n'avance ». Sans doute aussi la meilleure définition de la méthode Delanoë…

Radio France Internationale - 5 juin 2005

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«Sur un air de fête, il s'agit bien de l'agonie de la ville» (au micro de Clarisse Vernhes)

François Devoucoux du Buysson, essayiste, ancien membre de la Fondation Marc-Bloch, co-fondateur de l'Observatoire du communautarisme et du journal satirique parisien Le Perroquet libéré, vient de publier aux éditions de la Table Ronde, Pariscide. Le gâchis de l'ère Delanoë. Il répond aux questions de Clarisse Vernhes.

Ecouter l'entretien

Revue de la NAR - 13-26 juin 2005

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Le maire de sable (Maria Da Silva)

Derrière une habile propagande, qui présente l'image d'une capitale branchée, festive et innovante parfaitement incarnée par Bertrand Delanoë, un jeune iconoclaste souligne les dures réalités d'une politique de classe.

Lorsque la gauche remporta la mairie de Paris en 2001, beaucoup crurent que la nouvelle équipe allait mettre son dynamisme au service de la capitale et de l'ensemble de ses habitants.

Alors que le mi-mandat est dépassé, un premier bilan est d'autant plus nécessaire que le maire de Paris est devenu une personnalité de premier plan qui pourrait, selon certains, avoir un destin national. En ce cas, la politique qu'il aura menée dans la capitale prendra une valeur exemplaire.

Hélas, à lire François Devoucoux du Buysson, l'exemple de Bertrand Delanoë n'est pas à suivre.

Cette mise en cause choquera tous ceux qui rêvent d'accueillir dans leur salon le séduisant locataire de l'Hôtel de Ville, toujours jeune, si aimable et désormais bien habillé - une sorte de Michel Drucker de la politique. Mais les simples électeurs qui demandent que leur ville soit vivable, vivante, colorée et accueillante, pourront découvrir ou vérifier au fil des pages qu'on les a bercés d'illusions.

Les apparatchiks socialistes et verts, blanchis sous le harnais, desservent la capitale et le peuple parisien. Certes, il y a des fêtes inédites et des distractions nouvelles, des flots de paroles généreuses et des manifestations (cocasses ou imbéciles) du bien-penser de gauche que François Devoucoux du Buysson rappelle avec une ironie réjouissante.
Les lecteurs perdront toute envie de rire lorsqu'ils prendront connaissance des sommes allouées à des associations groupusculaires. Les électeurs attachés aux principes de la res publica seront furieux de constater que Bertrand Delanoë mène, comme Nicolas Sarkozy, une politique délibérément communautariste.

Plus grave encore, faute de politique sociale et immobilière, les classes populaires et moyennes sont chassées d'une capitale qui devient le domaine réservé de la riche bourgeoisie traditionnelle et de la nouvelle gentry (les fameux bourgeois-bohême) que Bertrand Delanoë représente à merveille. Dans la lutte de classe, le sémillant camarade de Lionel Jospin qui a choisi son camp - celui chic et plus qu'aisé qui tend aujourd'hui à se retrancher des banlieues et des périphéries urbaines.

Le livre de François Devoucoux du Buysson comptera d'autant plus dans la future bataille électorale qu'il esquisse une nouvelle politique parisienne remarquablement audacieuse.

GayVox.com - juin 2005

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Pariscide (Lionel Duroi)

Par les temps de révolte qui sommeille dans les urnes, le livre de François Devoucoux du Buysson édité par les Editions de la Table Ronde et intitulé : Pariscide. Les gâchis de l'ère Delanoë, devrait se vendre en boulangerie. Vous l'aurez compris : comme des petits pains.

C'est un exercice risqué auquel se livre son auteur : pépier au fil des pages sur ces petits riens qui ne font peut-être pas le monde, mais qui le révèlent bien. Certes, le maire de Paris y est stigmatisé à bon compte (et quel homme politique ne pourrait l'être de nos jours sur ce mode ?) Dès qu'ils sont un brin populaires, leur intelligence manipulatrice prend le pas sur leur humanité primaire, moins étincelante, mais plus chaleureuse. Ils instrumentalisent leur sensibilité au service de la carrière, autrement dit de l'image. Nous voici dans l'ère de la com (prononcez COM avec les lèvres en cul de poule. C'est plus tendance…).

Ce livre, qui se lit comme un roman est truffé d'exemples, parfois tiré par les cheveux, mais bon, c'est un pamphlet. Celles et ceux qui aiment le genre apprécieront. Evidemment, quand François Devoucoux du Buysson passe au tamis de l'analyse les manières de communiquer de Delanoë et de Sarko pour mieux les renvoyer dos à dos, il y a moins de monde pour apprécier. Mais c'est tellement amusant !

Quand il s'agit d'analyser la situation de l'immobilier à Paris du point de vue de l'action municipale, on voit toute la part de courte vue des politiques. Penser à court terme les intérêts collectifs de l'électeur est un de leur savoir-faire, et cela va bien de pair avec les effets schématiques de la com.

Enfin, nous avons lu avec beaucoup d'intérêt (p. 64) le passage sur le Centre d'Archives Homos, le fameux CADHP. Nous avons la prétention de bien connaître le dossier et là, je dois dire que l'auteur manque de quelques précisions. Par exemple : dire que les associations réclament un centre d'archives n'est pas si évident. Dire aussi que le projet est confié à Jean Le Bitoux est un peu rapide. Il serait plus juste d'écrire que Le Bitoux a réuni les conditions pour se confier à lui-même, par lui-même, le projet en question. Dire aussi que c'est le maire qui le remercie, est encore une approximation. C'est un peu plus complexe que ça. Les choses sont organisées sans être dite de manière à servir des intérêts inavouables et souvent personnels. Et ce n'est pas la parution récente d'anciens entretiens parus dans le journal Gai Pied et publiés aux éditions H&O par Jean Le Bitoux qui nous fera le regarder comme un grand homme qui pense… Ce sont peut-être des détails, mais ils sont révélateurs de quelques « à-peu-près » dont ce livre fourmille. Cela dit, à part à la marge, et pour le plaisir des non-initiés, ce livre vaut le détour.

Zurban - 22-28 juin 2005

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Lobby or not lobby ? (Stéphanie Lerouge)

"Bertrand Delanoë est aujourd'hui pris en otage parce que d'aucuns n'hésitent pas à appeler une mafia rose". Avec cette phrase extraite de son nouvel ouvrage au titre aussi léger qu'un char de la Marche des fiertés -Pariscide, les gâchis de l'ère Delanoë (éditions La Table Ronde)- François Devoucoux du Buysson rendosse son armure pour dénoncer sans nuance le clientélisme homo supposé de la mairie de Paris. Cela, deux ans après son pamphlétaire Les Khmers roses, essai sur l'idéologie homosexuelle (éditions Blanche). Pour ce chevalier républicain proche des chevènementistes, pas de doute, le "lobby gay" est une réalité : il existe un certain nombre d'associations, de structures, de réseaux relativement organisés et coordonnés. Le problème, nous dit-il, n'est pas l'existence d'un lobby -il y a bien des lobbies viticole ou pharmaceutique- mais le fait que l'on ne puisse pas en parler". (...)

La "prise en otage" du maire de Paris par les militants de la cause gay, évoquée par François Devoucoux du Buysson, laisse tout aussi sceptique. L'auteur évoque les subventions accordées par la mairie de Paris à des associations gaies, mais les chiffres fournis par l'Hôtel de Ville n'ont rien de scandaleux. "Une dizaine des 2.000 associations subventionnées tous les ans par la Ville sont homosexuelles. La municipalité verse 220 millions d'euros de subventions par an, dont 150.000 à 200.000 euros aux associations homosexuelles, soit un rapport d'un pour mille ! En comparaison, nous donnons 1 million d'euros pour les associations de handicapés", s'insurge Philippe Lasnier. Certains, comme Jean-François Chassagne, président du SNEG (Syndicat national des entreprises gaies) estime même que l'élection d'un maire homosexuel à Paris "a des effets pervers importants : cela a plus d'effets négatifs que positifs car le maire fait très attention à ne pas favoriser la communauté gaie".

On le comprend quand on voit avec quel empressement ses adversaires s'emparent du moindre de ses faux pas, comme ce fut le cas dans l'affaire de la subvention versée à l'association Cineffable. Le Conseil de Paris avait alors voté (en 2004) une subvention à cette association lesbienne organisatrice d'un festival interdit aux homme. Interpellé, Bertrand Delanoë a reconnu dans Le Figaro du 5 mai 2005 que "c'était une bourde". Enfin, concernant le personnel politique, un ancien collaborateur de la mairie du 4ème arrondissement évoque bien "un filon gay", particulièrement dans l'entourage de l'adjoint à la culture et militant revendiqué Christophe Girard, "mais sans que cela préjuge de la compétence". (...)

20 Minutes- 27 juin 2005

S. Pouzet/20 Minutes (droits réservés)
S. Pouzet/20 Minutes (droits réservés)
Les « méthodes » Delanoë inspirent les auteurs (Magali Gruet)

Deux livres coup sur coup sur Bertrand Delanoë. Avec Pariscide, paru en mai, et Les Paris de Delanoë, en librairie depuis la semaine dernière, les détracteurs du maire de Paris sortent du bois, arguments à l'appui.

Dans Pariscide, François Devoucoux du Buysson décortique les méthodes du maire, «super communicant très attentif à son image». Il le décrit comme une sorte de monarque qui organise «des shows (…) le drapant de majesté» (lors de ses comptes rendus de mandats). Et l'homme est peu dérangé par une opposition qui «a surtout brillé par son incapacité à exister face à un maire et des adjoints omniprésents sur la scène médiatique» . Car Bertrand Delanoë convoque constamment la presse, «un faible investissement pour un gros rapport», explique l'auteur. Il est présent sur tous les fronts, du tsunami au débat sur la parité, et utilise tous les moyens pour mener ses projets à terme : «l'enquête publique sur le tracé du tramway est désavouée par la majorité des personnes consultées? (…) Qu'à cela ne tienne, des commissaires enquêteurs sont envoyés sur le terrain pour rapporter des avis favorables.» Des méthodes également dénoncées par Emmanuel Dang Tran, auteur des Paris de Delanoë, un pamphlet contre le projet de rénovation du centre Beaugrenelle, qui dénonce une « concertation délibérément avortée. »

Métro - 28 juin 2005

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"Les projets de développement de la Ville sont hypothéqués par la décision du CIO" (Propos recuiellis par Adrien Cadorel)

Quel est le plus grand échec de la politique Delanoë depuis 2001 ?
Je considère que, comme la précédente majorité, l'équipe municipale poursuit des pratiques clientélistes. Les bénéficiaires ont changé, mais l'esprit reste le même. D'autre part, on assiste à une hémorragie sociologique touchant tour à tour les étudiants, les familles et les classes moyennes. Les problématiques liées aux difficultés de logement des Parisiens devraient sensibiliser un maire de gauche. La politique des quartiers verts est, en ce sens, un danger dans l'accès au logement.

En dénonçant les pratiques clientélistes, qui visez-vous directement ?
Lorsque l'on regarde attentivement le versement des subventions, on s'aperçoit que le maire privilégie certaines populations, notamment la communauté homosexuelle. Le monde associatif est lui aussi l'objet d'importantes subventions pas toujours justifiées. En agissant ainsi, Bertrand Delanoë opère une dépolitisation totale en préférant agir auprès des communautés plutôt qu'envers l'ensemble des habitants. Ce qui prouve que, d'une certaine manière, la proximité provoque la mort de la politique.

Vous critiquez le manque de pratiques démocratiques. Pour autant, le sentiment d'un renouveau dans ce domaine est palpable chez les Parisiens. Qu'en pensez-vous ?
Effectivement, la mise en place des comptes-rendus de mandat est une bonne chose. Mais ce n'est pas en s'occupant de crottes de chiens ou de couloirs de bus dans un arrondissement que l'on règle le problème général de la propreté ou des transports. Je ne suis pas sûr que ce soit ce que les électeurs attendent. Au final, la proximité est la politique de ceux qui n'ont pas les moyens de la grandeur et de la vision d'avenir. La preuve : les projets de développement de la Ville et de la Région sont hypothéqués par la décision du CIO, le 6 juillet.

La droite ne semble guère trouver grâce à vos yeux ?
Le principal reproche que l'on peut lui formuler est qu'elle est inexistante. Il y a beaucoup de décisions du maire qui paraissent critiquables et où l'opposition s'est montrée étrangement aphone. Je pense notamment à la création des Archives homosexuelles. Ainsi, on voit mal quel candidat sérieux la droite pourra proposer en 2007.

Le Figaro - 8 juillet

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L'autre visage de Paris (Bloc-notes d'Ivan Rioufol)

Que dire d'autre sur le choix du Comité international olympique, sinon qu'il a fait confiance, en élisant Londres, à une politique ayant prouvé son dynamisme. Le dossier de Paris était techniquement supérieur. Aussi, la France a-t-elle payé pour son attrait pour le statu quo en toutes choses. Avec mention spéciale pour l'irresponsabilité des syndicats qui, le 10 mars, avaient maintenu leurs grèves et leurs manifestations alors que les membres du CIO visitaient les sites de la capitale. Déjà, en novembre 2003, Valence (Espagne) avait été préférée à Marseille, donnée pourtant favorite pour la Coupe de l'America : le comité de sélection, lors d'une visite préalable, avait été accueilli par une grève des éboueurs...

Il est loisible désormais de regarder de plus près le bilan de Bertrand Delanoë. D'autant que le maire socialiste de Paris, élu en mars 2001, n'aurait pas manqué de faire valoir ses ambitions nationales en cas de succès à Singapour. Un livre documenté de François Devoucoux du Buysson, Les Gâchis de l'ère Delanoë (4), éclaire sans complaisance une politique construite sur la communication, le spectacle et le clientélisme bobo homo. Pour l'auteur, la capitale est devenue «une ville égoïste où les plus fragiles sont abandonnés à leur sort par ceux-là même qui donnent des leçons d'humanisme à leurs concitoyens».

Ce qui frappe, devant la liste des associations et projets soutenus par la municipalité, est la place prise par le communautarisme gay – le maire avait annoncé son homosexualité le 22 novembre 1998 sur M 6. Devoucoux : «Force est de constater que, depuis son élection, le nouveau maire de Paris n'a cessé de donner des gages à des associations homosexuelles qui le décrivent volontiers comme leur champion. (...) Delanoë est aujourd'hui pris en otage par ce que d'aucuns n'hésitent pas à appeler une «mafia rose.» Paris reste candidate aux Gays Games de 2010.

Les Epées - juin 2005

(droits réservés)
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Pariscide (Philippe Mesnard)

Nous avons nos raisons d'aimer Paris : l'immense cohorte des biffins de Gonesse y circule chaque soir une fois bu le troisième coup, accompagnant le promeneur d'une rumeur ouatée, mythologique et grisante, Nimier a déclaré que le centre du monde est dans le 17ème et, malgré tout, les remparts de Philippe Auguste y sont toujours debout. Ce sont des raisons solides mais ça ne résout pas les problèmes de transport des vivants ou des espaces verts trop rares. François Devoucoux du Buysson, lui, aime Paris d'une ardeur moins nostalgique et déteste Bertrand Delanoë d'une colère froide et très objective. Pariscide lui permet de prolonger le travail accompli sur son site www.leperroquetlibere.com dont Les Epées ont déjà parlé.

Il connaît la ville, ses pompes et ses oeuvres, et la façon dont Bertrand et sa clique y sacrifient. Au bout de quatre ans de mandat, que reste-t-il de l'ère Delanoë ? demande-t-il. Et il dresse la triste liste des choses qui ne vont pas : clientélisme politique et identitaire dans l'attribution des subventions, palinodies diverses mettant le nom de Paris au service de douteuses causes (Mumia Abu-Jamal ou Cesare Battisti), communication à tous vents, gestion hasardeuse (les pages 119 à 124 sont savoureuses, sur la prétendue expérience professionnelle de B. Delanoë), absence de perspectives politiques sérieuses sur l'extension de la ville et ses relations avec la banlieue, incapacité à réguler un marché immobilier en folie -mais au contraire dérive spéculative et festivisme sévère obligeant tous les Parisiens à être joyeux de plus en plus souvent, tout en bloquant la circulation et en dérangeant les riverains, etc.

Pour autant, Pariscide n'est pas un livre blanc comptable. On peut regretter, d'ailleurs, que les arguments chiffrés soient parfois anecdotiques; il manque une ou deux annexes bien sérieuses et financières pour asséner aux gens assommants les arguments dont ils ont besoin, là où la verve de l'auteur, son sens politique, sa vision des choses, restent du domaine de l'opinion -éclairée, certes, mais contestable.

Dans un Paris bien balayé de Paris Plage en fête du sport sur les Champs, déserté par les pauvres, embouteillé plus que jamais, régi par des fêtistes professionnels, les Parisiens hébétés assistent à l'agonie de leur capitale.

Le Parisien - entretien du 22 juin 2005

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Jamais publié...

France Soir - 22 juillet 2005

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"Pour une ville en panne de projet, c'est un peu court" (propos recueillis par Delphine Peras)

3 questions à François Devoucoux du Buysson, auteur de Pariscide, Les gâchis de l'ère Delanoë.

Cette 4ème édition de Paris Plage n'est-elle pas la preuve de son succès ?
Paris Plage connaît effectivement un succès populaire indéniable. Mais à Paris aujourd'hui, tout ce qui est gratuit marche bien. On peut donc se demander dans quelle mesure ce succès ne renvoie pas à la réduction des activités gratuites dans la capitale, où les conditions de vie tendent à se durcir. Si chaque année, Paris Plage est l'occasion d'attirer l'attention sur une réalisation positive de Bertrand Delanoë, depuis son échec aux JO, c'est à double tranchant.

C'est-à-dire ?
L'opération Paris Plage est bien vue quand elle apparaît comme un plus. Mais si l'action du maire ne se résume plus qu'à ce genre de divertissement, dans une ville en panne de projet, c'est un peu court. Il est amusant de constater que l'opposition de la droite à l'action de Delanoë étant à peu près inexistante, on avait l'impression que les seules choses qui pouvaient affecter Delanoë étaient la pluie -qui menace la fréquentation de Paris Plage- et la canicule- révélatrice des défaillances politiques. Maintenant on sait qu'il y a aussi le CIO...

Cet échec aux JO peut-il fragiliser Delanoë ?
Je pense qu'il est très atteint par cet échec, comme l'a montré sa réaction à l'encontre des Anglais. Il a énormément perdu dans cette affaire. Localement, car c'était son projet phare de mandature, avec tout ce que ça entraînait de cercle vertueux. Politiquement aussi, car Delanoë a beaucoup affaibli sa position au sein du PS, avec un éventuel destin présidentiel en ligne de mire. Ce n'est finalement pas très grave d'avoir raté les JO. Mais qu'un homme politique ait pu miser autant sur une instance aussi opaque que le CIO, je trouve ça un peu inquiétant du point de vue démocratique.

La Nef - Octobre 2005

Pariscide (Guillaume Desanges)

Bertrand Delanoë compte-t-il tuer Paris? À lire le dernier essai de François Devoucoux du Buysson, le lecteur peut légitimement s'interroger. Après s'être attaqué à l'idéologie « gay », l'auteur des Khmers roses, s'emploie à dénoncer le bilan calamiteux de l'actuel maire de Paris. Pariscide est une virulente charge contre les méfaits d'une équipe municipale obnubilée par l'idéologie libérale-libertaire. Intégrisme écologiste, communautarisme, politique-spectacle, clientélisme, incapacité à résoudre le problème du logement et de la circulation, François Devoucoux passe au crible tous les dossiers « chauds » de la Capitale. Entre une opposition silencieuse et une majorité roseverte-rouge appliquant à la lettre la culture bobo, Paris agonise. Toujours avec humour, l'auteur propose une enquête fournie sur la situation politique parisienne et trace un portrait corrosif d'un maire de Paris qui se verrait déjà à l'Élysée.
Un essai salutaire pour prendre la mesure des « gâchis de l'ère Delanoë ».

par Guillaume Desanges dans la revue La Nef, n°165




Pascal Sevran - janvier 2006

Le privilège des jonquilles (droits réservés)
Le privilège des jonquilles (droits réservés)
"Le privilège des jonquilles" (Albin Michel), page 215.

"D'une plume élégante et venimeuse, Pascal Sevran est le Saint-Simon des fastes de Bertrand D.". Rien que ça ! Paucard, toujours à l'affût du moindre accroc à la tunique du maire, me faxe ce matin ces deux lignes drolatiques extraites d'une charge de cavalerie contre Bertrand, sa vie, ses oeuvres. Le type qui a écrit cela ne doit pas me détester puisqu'il m'a envoyé son livre, aimablement dédicacé. Je l'ai jeté aussitôt, sûr de n'y trouver que du mouron pour les petits oiseaux, des histoires de perroquet en play-back, de Paris-Plage et autres nuits blanches. Je m'en suis moi-même amusé. Les Parisiens en raffolent. Alors, ça va !

90 Minutes (Canal +) - 14 février 2006

Les dossiers noirs de Paris (droits réservés)
Les dossiers noirs de Paris (droits réservés)
Bertrand Delanoë face aux dossiers noirs de Paris (Pascal Catuogno)

Lire le résumé du documentaire

Bertrand Delanoë a conquis la capitale en mars 2001. La droite perdait alors les clefs de la mairie, après plus de vingt ans de règne continu. Du jour au lendemain, les projecteurs se braquaient sur un homme peu connu des Français. Un personnage discret, qui depuis son entrée au Parti Socialiste a creusé son sillon dans l'ombre des ténors du parti.
Pour 90 MINUTES, Pascal Catuogno a enquêté sur le parcours de Bertrand Delanoë ainsi que son bilan à la mairie de Paris.
Depuis quatre ans, Bertrand Delanoë est confronté aux dossiers noirs de toutes les grandes villes du monde : crise du logement, circulation folle, pollution et qualité de la vie. Des dossiers qu'il a bien du mal à épurer.
Dans sa campagne pour la mairie, Bertrand Delanoë faisait de la précarité et de la justice sociale sa priorité absolue : « Nous serons les bâtisseurs d'harmonie urbaine par la justice sociale ». Il sait que la crise du logement est le problème numéro un à Paris.
Pourtant, quatre ans après son élection, Paris n'a jamais été aussi fermé aux pauvres. Les classes moyennes sont contraintes de quitter la capitale pour aller vivre en banlieue. Paris est en train de vivre la plus grosse opération immobilière d'Europe. Dans de nombreux quartiers, des blocs d'immeubles entiers sont rachetés par des fonds de pension américains, et revendus « à la découpe ». Pour des centaines de locataires l'alternative en fin de bail est soit de racheter leur appartement au prix fort, soit déménager. Les promesses de construction de logements sociaux sont difficiles à réaliser.
Parallèlement, Paris est devenu un vaste chantier. Poussé par ses alliés Verts, Bertrand Delanoë modifie considérablement les voies de circulation dans Paris : couloirs de bus, terre pleins centraux, pistes cyclables. Cette circulation restreinte et les embouteillages ont un but : dégoutter l'automobiliste. S'il y a bien eu une nette diminution de la circulation (13% de véhicules en moins), la pollution demeure inquiétante et les transports en commun n'ont pas augmenté pour absorber le surplus de voyageurs.
A grand renfort de communication et de réunions publiques dans tous les arrondissements de Paris, Bertrand Delanoë a réussi à présenter aux parisiens un parcours presque idéal. Mais il sait qu'il sera jugé pour les prochaines municipales en 2008, non sur le blason redoré de la ville, mais sur le nombre de projets concrets qu'il réalisera en matière de progrès social, de logement et de santé publique.
Bertrand Delanoë a accepté de répondre à toutes les questions soulevées par cette enquête.

LIVRES DE REFERENCE
1) « Bertrand Delanoë – Qui c'est ce garçon ? » de Philippe Martinat – Edition Belfond, mars 2004.
2) « PARIScide – les gâchis de l'ère Delanoë » de François Devoucoux du Buysson- Edition de la Table ronde, mai 2005.
3) « La vie passionnément »de Bertrand Delanoë – Edition Robert Laffont, septembre 2004.

La nuit des petits couteaux (Jean-Luc Romero) - février 2006

La nuit des petits couteaux (droits réservés)
La nuit des petits couteaux (droits réservés)
Des voies nouvelles pour un Paris Autrement (extraits du livre, paru aux édition Jean-Claude Gawsévitch)

Dès qu'on parle des gays, dans le milieu politique parisien, tout devient irrationnel. Un journal satirique sur internet, Le Perroquet Libéré, dénonce les erreurs de gestion prêtées à Bertrand Delanoë. Mais l'essentiel de ces indignations est consacré aux actions qui sont menées en direction des homosexuels.
Etonnante, cette obsession des rédacteurs de cette lettre : ils voient des dérives communautaires permanentes et des homos partout. Il faudrait d'ailleurs demander à un psy ce qui justifie une telle obsession.
Rien n'échappe aux coups de bec du Perroquet qui, pour être juste, découvre parfois quelques petites perles. Mais bon, de là à critiquer dès que le mot gay ou lesbienne est prononcé, il y a une marge qu'ils franchissent allègrement ! Ainsi, le 21 octobre 2005, évoquant les souris qui prolifèrent dans le 3ème arrondissement, ils n'hésitent pas à conclure : "Qui aurait cru qu'on manquerait de tapettes dans le Marais ?" Pas fin, le Perroquet !
Car ce bon François Devoucoux du Buysson, responsable de cette lettre satirique, sait parfaitement qu'à Paris, il y a de 10 à 15% d'homosexuels qui n'ont pas toujours été à la fête dans notre bonne ville. J'en ai même parlé avec lui en juillet 2005 dans un bistrot en face de la région : il a dû oublier !
Sous les précédents mandats, aucune association homosexuelle ne bénéficiait de subventions alors que certaines jouent incontestablement un rôle important et que notre capitale a la communauté gay la plus touchée par le sida de toute l'Union européenne. N'oublions pas qu'un gay sur cinq à Paris est contaminé par le VIH/sida ! Sans compter le travail que font certaines associations pour limiter le suicide des adolescents homosexuels ou en faveur de la lutte contre les discriminations.
En 2004, 3149 associations étaient subventionnées par la mairie de Paris à hauteur de près de 174 millions d'euros. Et parmi ces associations, seule une dizaine d'associations homosexuelles -une petite vingtaine en 2005- sur les centaines bénéficiaient d'une aide publique ! On est donc très loin des abus dénoncés par le Perroquet ou par certains élus de droite qui voient rouge dès que le mot homo se retrouve dans une délibération, à l'image de Dominique Baud, élue du 15ème arrondissement, obsessionnelle sur la question.
Certes, un terrible précédent qu'a dénoncé, là à juste titre, François Devoucoux du Buysson (Pariscide, Les gâchis de l'ère Delanoë, éditions de La Table Ronde), a plombé beaucoup d'initiatives en faveur des associations gay et lesbiennes. En septembre 2002, le Conseil de Paris a voité une subvention de 100.000 euros pour la préfiguration d'un Centre d'archives et de documentation des homosexualités, dont l'utilité est évidente.
A l'époque, j'ai donc pris ma plus belle plume pour demander aux conseillers de Paris de droite de voter pour cette subvention. Philippe Séguin, alors président du groupe RPR au Conseil, m'assura du vote de son groupe. Effectivement, l'immense majorité du Conseil de Paris adopta cette subvention et, ce faisant, la création du CADHP. Quelle déconvenue de constater que quelques années plus tard personne ne sait réellement ce qu'est devenue cette initiative et que ces 100.000 euros se sont presque envolés en fumée ???
Mais est-ce parce qu'un projet n'a pas abouti et que les deniers publics ont ainsi été mal engagés que les centaines d'associations homosexuelles de Paris doivent être sanctionnées ? Sanctionne-t-on un club sportif qui demande des subsides municipaux au motif qu'un autre club a dilapidé une précédente subvention ?

Nous (gratuit gay) - février 2006

Delanoë attaqué sur ses subventions (Patrick Rogel)

Françoise de Panafieu, principale rivale de Bertrand Delanoë pour les élections parisiennes de 2008, critique les subventions municipales aux associations gays. La Ville de Paris est-elle trop généreuse avec les homos? Qui touche et combien? Nous a enquêté…
De Panafieu polémique
Il y a un an, l'UMP parisienne aurait sucré de son ‘Paris perdu de Bertrand Delanoë' les passages critiquant le «clientélisme» et le «communautarisme» supposés du maire socialiste. Françoise de Panafieu, la «roller-skateuse aux cheveux blancs» (dixit Romero), revigorée par les sondages qui la donnent la mieux placée à droite pour battre le PS en 2008, n'a pas les mêmes scrupules dans ‘Mon Paris gagnant'. Citant des chiffres inexacts, la députée y affirme que «les associations luttant contre la discrimination des homosexuels sont particulièrement gâtées» et que «la générosité du maire est à la mesure de la reconnaissance qu'il attend». Annick Lepetit, porte-parole du PS, rétorque que Bertrand Delanoë est un «élu responsable», «soucieux de défendre les libertés, la tolérance et le respect de l'autre», tandis qu'Anne Hidalgo, sa première adjointe, rappelle que «toute subvention donne lieu à un vote au Conseil de Paris». Ce que l'UMP sait fort bien pour s'y être régulièrement opposée et avoir critiqué l'influence d'un omniprésent «lobby gay»…
Paranoïa sur l'homosexualité
Tout aussi trompeuse est la liesse de nombreux gays qui acclament le nouveau maire sur le parvis de l'Hôtel de Ville, le 18 mars 2001. Laurent Jagueneau, porte-parole de 3HVP (la toute nouvelle association des employés municipaux gays), vit de l'intérieur la vague rose: «C'est pire», affirme t-il à notre confrère Illico. «Beaucoup de gens ont cru que les gays allaient être protégés, alors ils se sont lâchés; il y a eu une sorte de déchaînement homophobe dans certains services», encore soumis à la main-mise RPR. Assiégé, le nouveau maire se contente de demander de faire remonter informations et témoignages à Philippe Lasnier, son «conseiller-médiateur» avec la communauté, ainsi qu'à Christophe Girard, adjoint à la Culture, tous deux homosexuels. Dans une ambiance de paranoïa, le premier n'hésite pas à rappeler aux journalistes que les conversations téléphoniques sont enregistrées et que la mairie peut compter sur un performant service juridique, tandis que le second «promet à ses contradicteurs, comme Delfeil de Ton, auteur d'un éditorial irrévérencieux dans Le Nouvel Observateur, qu'ils auraient affaire à la police communautaire Act-Up Paris et SOS Homophobie», affirme François Devoucoux du Buysson, responsable du site www.communautarisme.net et auteur d'un récent ‘Pariscide: les gâchis de l'ère Delanoë'.
Un million pour les gays en 5 ans
Cinq ans après, le point d'achoppement est toujours le même: «Toutes les associations [gays] méritent-elles vraiment d'être encouragées et financièrement soutenues?», se demande de Panafieu. Vaste question! Depuis l'alternance, environ 1 million d'euros leur ont été dévolues. C'est mieux que zéro, mais pas beaucoup plus: 0,2% du budget consacré au monde associatif parisien. Devant ces critiques, la Ville, généralement affable sur son soutien aux homos, se croit aujourd'hui obligée de préciser que seules 17 structures avaient reçu en 2005 un montant de 247.000 euros. Des sommes en concordance avec les étiages listés par le site satirique Notre Dame de Paris (www.notre.dame.de.paris.free.fr): 45.740 euros pour le 2e semestre de 2001, 273.000 en 2002, 228.950 en 2003, une chute à 142.000 en 2004 et 15.000 depuis le début 2006. Cependant, à y regarder de plus près, deux associations, le Centre d'archives et de documentation (CADH) et le Centre gai & lesbien (CGL) accaparent à elles seules près de la moitié des subsides gays et illustrent la dérive que connaissent les structures municipalisées (lire encadré). «Cette bérézina a obligé la municipalité à reprendre les choses en main… quitte à renouer avec des pratiques autrefois vilipendées», comme attribuer des fonds à des organismes présidés par des adjoints au maire, dénonce François Devoucoux du Buysson. Et de regretter que «la droite qui avait déjà stupidement voté cette première subvention [au CADH, ndlr] s'est ainsi privée de la meilleure occasion à ce jour de confondre Bertrand Delanoë en pointant le décalage entre son discours sur l'éthique publique et ses pratiques de réseau».
Les chouchous… et les autres
Et, en effet, les soupçons de copinage n'épargnent pas son adjoint Christophe Girard depuis le financement de structures dont il fut président (84.000 euros pour le Festival du film gai & lesbien) ou membre (13.550 euros pour SOS Homophobie, 28.700 pour ProChoix et 32.000 euros avec le ministère de la Santé pour Act-Up Paris qui montrera, en perturbant une conférence sur la santé gay à l'Hôtel de Ville en novembre 2005, qu'elle n'a décidément pas la reconnaissance du ventre…). Inversement, pour ceux qui ne font pas partie du sérail, obtenir ne serait-ce qu'un rendez-vous avec le «conseiller-médiateur» relève du parcours du combattant. En juillet 2001, Cineffable, organisatrice de 13 éditions du festival ‘Quand les lesbiennes se font du cinéma', lequel accueille entre 7.000 et 9.000 spectatrices, doit patienter plusieurs mois avant d'être reçue, non par Philippe Lasnier, mais 5 minutes par la directrice du service cinéma de la mairie. L'association, qui ne demandait pas grand-chose, si ce n'est le prêt d'une salle, se voit conseiller de remplir un dossier de subvention «qui permettrait de louer un lieu plus cher».
Saupoudrage financier
La subvention est finalement refusée à la fois par «manque de budget» et parce que l'événement est non-mixte. «On se demande si [cet] argument avancé par Philippe Lasnier, relève de la mauvaise foi pure et simple, de la misogynie où d'une lesbophobie qui n'ose pas dire son nom», lâche alors l'historienne féministe Marie-Jo Bonnet. «Il suffit de comparer les subventions allouées au mouvement gay [masculin, ndlr] pour comprendre que la disparité est enracinée jusque dans le domaine économique». Ce n'est que la mobilisation du gratin goudou, alors très remonté contre le «sexisme» du projet-phare de CADH, qui fait fléchir la mairie, laquelle fait voter deux fois 15.000 euros à Cineffable, plus 10.000 pour Archilesb!. La Fédération sportive gaie et lesbienne (FSGL) connaît pareille mésaventure, malgré ses entrées à la mairie (Philippe Lasnier fut président du club gay Paris Aquatique). Car il ne s'agit plus de saupoudrer 4.000 euros mais de contribuer à un projet de 11 millions... «Réalisme» et «grande prudence par rapport au budget total impliqué» deviennent de rigueur, d'autant qu'«aucun événement gay ne manie un tel budget»… Du coup, l'«aide» municipale se limite à une lettre de bonnes intentions du Mr. Gay puis, très tardivement, du maire. Mais pas d'argent public, à cause de «la frilosité et la réticence des sponsors privés vis-à-vis de la cible gay»!
Les «bobos» virent à droite
Cet argument, combiné à la baisse de popularité de Bertrand Delanoë chez les bourgeois bohèmes qui l'ont élu (moins 18 points depuis 2003) tendrait à confirmer la constatation que fait Devoucoux du Buysson (et vraisemblablement aussi de Panafieu): «Un homosexuel bourgeois ressemble de plus en plus à un bourgeois homosexuel en vieillissant et il est probable que les électeurs parisiens qui s'identifient au mouvement gay se montreront plus sensibles aux arguments politiques leur permettant de valoriser leur patrimoine immobilier et d'alléger leur fiscalité qu'à des controverses relatives à des droits qu'ils ne sont qu'une minorité à réclamer, comme le mariage ou l'adoption». Dit simplement : à voter à droite. Par ailleurs, en finançant la vieille garde associative plutôt que des événements «fun», Bertrand Delanoë prend le risque de s'aliéner la part la plus jeune de l'électorat gay, qui le crédite encore de 78% de confiance pour faire avancer l'égalité des droits. Mais qu'en sera-t-il en 2008? P. Rogel
La dérive des centres municipalisés
Annoncé pour 2003, le Centre d'archives et de documentation (CADH) est repoussé à 2007 tandis que le Centre et gai & lesbien (CGL) cumulera le même retard lorsqu'il aménagera dans ses nouveaux locaux en juin. Le fait que le CADH ait dilapidé 100.000 euros en salaires, loyers et «charges externes» fait bondir Michel Chomarat, initiateur avec la mairie PS de Lyon d'un projet similaire, qui a abouti plus rapidement et pour moins cher: «On croit rêver face à l'incurie récurrente et au manque de contrôle manifeste des deniers publics. Comment en est-on arrivé à ce point d'amateurisme et de copinage?». Pour Marie-Helène Bourcier, d'Archilesb!, il s'agit ni plus ni moins que de «réaliser une promesse électorale à n'importe quel prix», soit 820.000 euros d'ici 2007, puis 334.300 par an. Du coup, pour partager les risques, on sollicite le ministère de la Culture tout en conservant une solution de repli: associer le CADH au CGL. Le problème est que cet autre canard boiteux, qui doit 47.000 euros à un salarié, est en quasi-faillite malgré des perfusions municipales de 330.490 euros depuis 2001…

E-llico - 24 mars 2006

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Subventions LGBT à Paris : Anne Hidalgo répond aux accusations de Sophie Coignard

Avec son livre "Marchand de sable", Sophie Coignard rejoint les rangs de ceux qui s'en prennent, de biais, à l'homosexualité de Bertrand Delanoë en ciblant son prétendu clientélisme vis-à-vis des associations LGBT. Réplique d'Anne Hidalgo pour Illico.
Prétendue enquête mais vrai pamphlet, "Le marchand de sable" de Sophie Coignard est le dernier avatar en date des torpilles contre Bertrand Delanoë. Transports, communication, logement… tout y est passé au crible et dénoncé : c'est bien entendu aussi le cas du soutien aux associations LGBT. Le maire de Paris n'est pas inattaquable et le jeu démocratique nécessite même qu'il le soit. Reste qu'en matière d'homosexualité, les attaques ont des relents douteux et sont souvent caricaturales voire mensongères.
S'inspirant, sur cette question, largement de la trame d'un essai anti-Delanoë de 2005 (1), Sophie Coignard entend dénoncer le "clientélisme" du maire qui se serait évertué "à distribuer l'argent par poignées à toutes sortes de structures pour peu qu'elles appartiennent à la mouvance gay". Les chiffres que donne la journaliste, pour exacts qu'ils soient, ne sont jamais mis en perspective avec d'autres, et lui permettent d'alimenter le procès en communautarisme contre Delanoë.
Or, si en 2004, la Ville a accordé, sur votes en conseil de Paris, un total de 247 000 euros répartis entre 17 associations LGBT, cette somme ne représente que… 0,14 % du total des subventions aux associations votées par la Ville ! A titre de comparaison, les associations Jeunesse reçoivent 2,3 millions d'euros, les associations de personnes handicapées 1,5 million d'euros, comme celles de lutte contre le sida… Des chiffres qu'aucun des détracteurs de Delanoë ne donne. Comment l'expliquer ?
"Ce procès en communautarisme est un biais pour attaquer l'homosexualité du maire, explique Anne Hidalgo, sa première adjointe. La droite considère qu'en ciblant de la sorte, elle conforte une partie de son électorat. Je crois qu'il serait plus simple qu'elle dise clairement qu'elle n'entend pas soutenir les associations LGBT et que ce qui était pratiqué avant - aucune subvention aux associations LGBT - était bien. Il y a une évidente orchestration des attaques sur cette question avec le livre noir de l'UMP, le "Perroquet libéré", le livre de Françoise de Panafieu et maintenant celui de Sophie Coignard, des ouvrages ou journaux dans lesquels on trouve parfois des attaques extrêmement homophobes. Je trouve que d'un point de vue démocratique, c'est un procédé assez inacceptable. Les faits sont là pour prouver que ce qui est dit est faux ou à tout le moins caricaturé. Les associations LGBT reçoivent des subventions dans le strict respect des procédures utilisées pour l'ensemble des associations. Cela ne fonctionne pas à guichet ouvert comme le prétend Sophie Coignard." "Quand on regarde la droite agir sur cette question, on se dit qu'elle a atteint la limite mais à chaque fois elle va plus loin" note Anne Hidalgo.

Propos recueillis par Jean-François Laforgerie

"Le marchand de sable", par Sophie Coignard, éditions Albin Michel.
(1) "Paris cide", par François Devoucoux du Buysson, créateur du bulletin satirique "Le Perroquet libéré" (Note du Perroquet Libéré : à l'époque de sa sortie, E-llico s'était bien gardé d'évoquer cet ouvrage après avoir fait des pieds et des mains auprès de l'éditeur pour l'obtenir; la rédaction de ce périodique gay lié à un business de vidéos pornos avait fidèlement suivi la consigne municipale d'ignorer ce livre et de faire confiance aux étouffeurs des médias parisiens).

Nous (magazine gay) - avril 2006

"Delanoë sous le feu des critiques" (Patrick Rogel).

‘Le Marchand de sable', pamphlet de Sophie Coignard (Albin Michel) et clin d'œil à Paris Plage, grippe un peu plus une «méthode» Delanoë qui, selon l'auteur, «endort avec sa communication à outrance et empêche le débat». L'ouvrage est donc remis sur le métier, après celui de François Devoucoux du Buysson (‘Pariscide'), le reportage de Pascal Catuogno pour ‘90 Minutes' (Canal+) et notre enquête de février. Est une nouvelle fois montré du doigt le Centre gai & lesbien (CGL), exemple de l'opacité des subventions aux associations (la mairie refuse la publication de la liste des bénéficiaires) et de la gestion hasardeuse des sociétés d'économie mixte (dont certaines seraient devenues déficitaires depuis l'alternance de 2001). Le CGL, bénéficiaire de la générosité de la mairie (330.490 euros jusqu'en 2005), réagit vivement contre cette soi disant «utilisation de l'homophobie pour salir le bilan municipal». Il est bien seul. L'association ArchiQ! vient à l'inverse de demander le remboursement des 100.000 euros de subventions versées au CADHP, autre centre gay municipalisé, et la démission de ses responsables…


Et aussi à la radio...

L'auteur a été invité à parler de son livre sur plusieurs antennes :

- Radio Nova (émission d'Emmanuel de Brantes et Jean Rouzaud)

- Radio Aligre (émission d'Eugénie Barbezat)

- Radio FG (émission d'Antoine Baduel)

- Radio Courtoisie (émissions d'Alain Paucard et Thibault Lefranc)

Pariscide, Les gâchis de l'ère Delanoë


Vendredi 14 Avril 2006
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