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Piscine flottante : veni, vidi, Vinci ?

Moins d'un an après l'ouverture de la piscine Joséphine Baker, la Ville de Paris a congédié l'opérateur chargé de l'exploitation du bassin flottant, la société Vert Marine. Selon des témoignages recueillis par Le Perroquet Libéré, cette éviction pourrait faire l'affaire du groupe Vinci, un mastodonte du CAC 40 dont les intérêts dans la capitale sont déjà considérables.



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Comme l'a confirmé Le Parisien dans son édition du 16 mars 2007 (cliquer ici), la mairie de Paris a décidé de mettre un terme au contrat de service qu'elle avait passé avec la société Vert Marine pour l'exploitation de la piscine Joséphine Baker. Cette décision était attendue après l'incendie survenu dans les salles attenant au bassin en novembre 2006 et la révélation par Le Parisien en janvier dernier de l'absence d'assurance couvrant la Ville pour un tel dommage (cliquer ici). Une carence qui avait, semble-t-il, stupéfait les services de la mairie.

Mais, en prenant pour argent comptant la version de la mairie, Le Parisien est peut-être passé à côté d'une bonne compréhension de ce qui se joue actuellement autour de la piscine Joséphine Baker.

Selon des sources internes à Vert Marine, qui se sont confiées au Perroquet sous couvert d'anonymat, l'absence d'assurance dommages, loin d'être une surprise pour la mairie, aurait été connue dès l'origine par les services de la municipalité. En effet, faute de référence permettant d'établir un prix acceptable par l'ensemble des parties, aucun assureur n'aurait voulu couvrir les risques pesant sur cet "ouvrage unique au monde" de 5.600 tonnes et 90 mètres de long flottant sur la Seine. Selon ces sources, la question de l'assurance aurait surtout servi de prétexte à la Ville de Paris pour congédier un opérateur devenu encombrant. En effet, depuis la mise en service de la piscine Joséphine Baker à l'été 2006, les relations n'étaient pas au beau fixe entre l'entreprise chargée de l'exploitation, la société Vert Marine, une grosse PME dont le professionnalisme dans la gestion des piscines est reconnu, et GTM Bâtiment, la filiale du groupe Vinci qui a réalisé cet ouvrage hors du commun. La volonté louable des services municipaux de séparer le marché de conception du marché d'exploitation n'aurait pas résisté à la rivalité entre les deux entreprises et la multiplicité des interlocuteurs municipaux (direction de la jeunesse et des sports, direction du patrimoine et de l'architecture, direction juridique) qui se traduisaient notamment par une insuffisante coopération technique et une grande complexité des circuits de décision. Compte tenu du poids du groupe Vinci dans la capitale -où il gère notamment la plupart des parking souterrains-, Vert Marine ne se faisait guère d'illusions sur ses chances de s'imposer. D'ailleurs, début février, des responsables de Vert Marine avaient confié au Perroquet Libéré qu'ils s'attendaient à être congédiés avant la fin du mois de mars.

Qui croire, finalement ? Les informations diffusées par les uns et les autres n'expriment qu'un point de vue partiel et doivent être prises avec réserves. D'autant plus que l'on ne sait pas tout : Le Parisien annonçait par exemple dans son article du 31 janvier la tenue d'une réunion entre Vert Marine et la municipalité mais le quotidien n'est pas par la suite revenu sur ce qui en est sorti. Vraisemblablement la rupture amiable du contrat entre les deux parties dont il a été fait état depuis.

La Ville de Paris vient de lancer un nouvel appel d'offres pour l'exploitation de la piscine Joséphine Baker. On verra bien si c'est Vinci qui sort du chapeau, ce qui consituerait une entorse au principe de la séparation entre la réalisation et la gestion de la piscine...

En tous cas, quel que soit le prestataire choisi, il faudra que la Ville montre que cette histoire d'assurance non souscrite n'était pas un leurre et qu'elle rende public le contrat qu'elle prétend négocier. Les Parisiens ont le droit de savoir sous quelles conditions est couvert un investissement qui a tout de même coûté la bagatelle de 17 millions d'euros.

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Visiter le site de Vert Marine : cliquer ici

Les chiffres clés de la piscine Joséphine Baker : cliquer ici

Délibération du Conseil de Paris relative à la résiliation amiable du contrat passé par la Ville avec la société Vert Marine : cliquer ici
Délibération du Conseil de Paris relative au lancement d'un nouvel appal d'offres : cliquer ici

Sur la piscine Joséphine Baker, lire aussi les articles suivants :
- Jospéhine Baker, la piscine qui fait plouf
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Mercredi 28 Mars 2007
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