Le service minimum dans les transports en commun est une réforme souhaitée par la majorité des usagers. Cette réforme a été timidement introduite dans la loi sur le dialogue social votée à l'été 2007 conformément à une promesse de campagne du président Sarkozy. La mise en oeuvre concrète du service reste soumise à des accords syndicats-direction dans les entreprises de transport.
Il y a là de quoi s'interroger : est-ce que le fait de pouvoir compter sur une rame sur 4 ou 5 les jours de grève apporte vraiment quelque chose aux usagers ? Il ne faut pas prendre le métro bien souvent pour ne pas savoir que le système du trafic minimal n'est pas de nature à garantir la continuité du service public et pose des problèmes de sécurité majeurs : avec quelques rames par heure, les quais du métro seront vite bondés et les risques de mouvements de foule ou de malaises seront décuplés.
Pourtant, à Paris, le service minimum existe. Ca s'appelle la ligne 14. Une ligne moderne, rapide et relativement confortable qui est la seule à fonctionner sans perturbation les jours de grève. A quoi doit-on ce petit miracle ? Au fait qu'elle est automatique.
Pendant les grèves de novembre 2007, les usagers parisiens qui n'avaient pas envie d'attraper la crève ou de risquer leur peau en Vélib ont appris à utiliser la ligne 14 pour réduire la durée de leur trajet à pied. Le seul défaut de la ligne 14, c'est qu'elle ne dessert pas beaucoup de stations sur un trajet limité à l'axe Saint-Lazare/Olympiades et ne peut rendre service qu'aux usagers habitant ou travaillant dans les quartiers concernés.
Dans le but d'établir un service minimum digne de ce nom, il faut automatiser au plus vite les lignes 1 et 4 du métro qui desservent respectivement les axes est-ouest et nord-sud de la capitale. Les personnels concernés pourraient être utilement réaffectés au renforcement de lignes défaillantes -comme la 13 ou la 9- ou à des tâches d'accueil, ce qui ne fera pas de mal à la RATP. Le coût financier d'une telle évolution (de l'ordre de 2 Mds d'euros à répartir entre l'Etat, les collectivités locales et la RATP) serait largement compensé par la fin du gâchis économique et fiscal que constituent la perte de milliers de journées de travail à chaque jour de grève.