À 18 heures, Marie-Pierre de la Gontrie, adjointe socialiste au maire de Paris, chargée de la démocratie locale et des relations avec les associations, par ailleurs première vice-présidente du conseil régional d'Île-de-France, reçoit une cinquantaine d'associations LGBT en l'hôtel de ville.
Pas grand chose à dire en fait, ni d'un côté ni de l'autre, si ce n'est pour s'autocongratuler et rappeler qu'un vote heureux est attendu lors des prochaines élections municipales.
De fait, le bilan de la municipalité parisienne vis-à-vis des associations LGBT est globalement positif. Une vingtaine d'entre elles, nous indique l'édile, a reçu une subvention en 2006, sur la trentaine qui a déposé une demande (à comparer, précise-t-elle, avec les 5.000 demandes de subvention déposées en 2006 par l'ensemble des associations parisiennes, satisfaites en tout ou partie pour la moitié d'entre elles).
Quelques points noirs quand même :
le flop du centre d'archives LGBT, pudiquement évoqué, en l'absence (voulue ?) de nos virulents amis du
Conservatoire des archives et des mémoires LGBT de l'Académie gay & lesbienne. (Heureusement qu'ils étaient absents d'ailleurs, vu leur habitude de mettre très franchement les pieds dans le plat... Auraient-ils fait tâche ?)
Autre point noir : l'attitude de Bertrand Delanoë le 3 septembre lors de l'inauguration de la place Jean-Paul-II à Paris.
Philippe Lasnier,
le très actif «Monsieur LGBT» de la mairie de Paris, rappelle que lors de son discours, le maire avait dit leur fait aux prélats présents, notamment sur l'homophobie du défunt pape ou sur son refus de la capote ; Philippe Lasnier indique également que les pays africains les plus touchés par le sida ne sont pas catholiques. Pour autant, SI-LGBT et nous-mêmes rappelons l'attitude policière et le manque de dialogue entre la mairie et les associations LGBT, le maire ayant même traité les militantEs présentEs de «sectaires» («Je ne suis pas le maire des sectaires mais celui des Parisiens», de mémoire, le jour même sur LCI).
Dernier point noir, que n'apprécie guère Madame de la Gontrie qui prend un air pincé et chuchote dans l'oreille de ses voisins pendant que nous lui parlons : le silence de Bertrand Delanoë au sujet de l'affaire Occolier, ce maire socialiste du Vauclin en Martinique qui a mené les dernières campagnes électorales sur un programme ouvertement homophobe. Madame ne voit pas le rapport avec la présente réunion. Estime-t-elle qu'un maire socialiste n'est en rien tenu par les faits et gestes d'un autre maire socialiste ? Ne voit-elle pas qu'en ce cas, être socialiste ne serait plus qu'être le membre d'un vague cartel électoral sans âme ni cohérence ? (Nous avons eu cette lâcheté de ne pas lui poser ces questions, que nous formulons d'ailleurs a posteriori. Mais nous les reposerons, durant la campagne municipale, à qui de droit. Avec sans doute la même indifférence et le même mépris comme réponses : l'outre-mer, c'est loin, et en plus c'est des noirs.)
Madame de la Gontrie donne quand même des précisions intéressantes sur les appartements «relais» gérés par Aides pour les jeunes LGBT à la rue et en danger de recourir à la prostitution ; un centre d'accueil de 50 places, dont 25 en chambre individuelle, devrait également ouvrir pour ces jeunes en 2008, boulevard de Strasbourg. Nous sommes vivement intéressés car nous avons des cas de jeunes en danger que nous pouvons difficilement soutenir.
Rencontrés lors du
(très bon) coquetel qui suit : le président du Ravad, qui s'intéresse à nous uniquement pour nous demander d'un air gourmand si nous sommes une «scission» d'An Nou Allé (ce goût du scandale...), ce à quoi nous lui répondons par la négative puisqu'aucun membre de cette dernière association ne l'a quittée pour nous rejoindre ; des représentants, charmants, de Personn'Ailes, qui évoquent les problèmes liés aux pathologies «évolutives» comme la scoliose ou le sida lors des visites médicales du personnel d'Air France.
DAC
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