Le Perroquet Libéré

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Quelques questions en suspens sur les HLM

Depuis l'emballement médiatique de l'affaire Bolufer, la question brûlante des HLM parisiens est repassée au second plan. C'est dommage car des questions essentielles demeurent sans réponse...



Fadela Amara
Fadela Amara
Lorsqu'on évoque les remous provoqués par le scanddale Bolufer (ce dircab de Christine Boutin royalement logé pour pas cher dans un immeuble de la Régie immobilière de la Ville de Paris), la municipalité parisienne botte en touche en déclarant qu'il s'agit d'une "queue de comète" des dérives de l'ère Chirac-Tibéri.

C'est un peu léger comme ligne de défense pour des gens qui sont aux responsabilités depuis sept ans maintenant et qui ont claironné très fort qu'ils avaient mis un terme aux pratiques critiquables d'antan...

Le cas Amara


On aimerait en effet connaître les arguments de la mairie justifiant certaines procédures d'attribution récentes. Celle dont a bénéficié Fadela Amara, par exemple. Car c'est en 2004 que la présidente de Ni Putes Ni Soumises s'est vu remettre les clés d'un appartement de 55 m2 dans le 13ème arrondissement contre un loyer très modéré (500 euros). Outre le prix, on peut en effet être surpris par la nature de l'appartement proposé (un 3-pièces pour une personne seule) ainsi que par la rapidité de la procédure : fraîchement débarquée de Clermont-Ferrand -où elle siège toujours au Conseil municipal-, Fadela Amara a été logée en quelques semaines alors que le délai moyen d'attente sur les listes de demandeurs de HLM est d'environ six ans. De même, l'association Ni Putes Ni Soumises a été relogée par l'OPAC grâce à la municipalité actuelle peu après avoir été condamnée par le tribunal pour non-paiement de loyers à l'association culturelle de gauche qui lui sous-louait un étage alors que la médiatique association engrangeait des subventions mirobolantes venant de toutes parts.

D'autres noms sont sortis dans la presse (voir notamment un article de Valeurs Actuelles paru en 2005 et qu'on peut toujours lire sur le blog de Roger Karoutchi), permettant au citoyen de se poser des questions quant à la réalité de la moralisation des procédures d'attribution et de l'égalité de traitement appliquée aux demandeurs.

Heureux élus


Par ailleurs, selon le rapport de l'Inspection générale de la Ville de Paris, un quart des élus ou collaborateurs d'élus parisiens sont logés dans le parc immobilier de la Ville et 66 personnes appartenant à cette élite municipale ont obtenu un logement social depuis 2001.

A quel titre ? Selon quelles modalités ? Beaucoup aimeraient le savoir.

Ce rapport précise même que le cabinet du maire de Paris a attribué directement 5 logements. Les Parisiens ont le droit de savoir qui ont été les heureux bénéficiaires de la bienveillance de leur maire afin de s'assurer que les standards éthiques et administratifs ont bien été respectés. Logés avant 2004 par un maire élu en 2001, ont-ils bien attendu les six années de délai habituel ?

Opération bail propre ?

Pierre Castagnou
Pierre Castagnou

Le scandale Bolufer a embarrasé la mairie qui a refusé de rendre publique la liste des bénéficiaires de logements de la Ville au motif qu'une telle publicité était proscrite par la CNIL. Or, depuis, le président de la RIVP, Pierre Castagnou (par ailleurs maire PS du 14ème arrondissement) s'est engagé à rendre publique la liste des 315 logements de standing de la régie. Faut-il en déduire que la publication de listes de bénéficiaires n'est plus en contradiction avec la CNIL?

Et pourquoi se limiter aux apparts de standing ? Le scandale concerne aussi ceux qui occupent indument des appartements loués à des prix inférieurs au marché, ce qui permet à des élites tout à fait à même de se loger sur le marché privé (élus, chargés de mission, cadres et fonctionnaires) de réaliser de sacrées économies sur leur budget logement, premier poste budgétaire du quidam parisien. C'est toute la liste qu'il faut rendre publique si l'on veut clore la polémique.

Bertrand Delanoë a annoncé son intention de saisir la Chambre régionale des comptes pour effectuer un contrôle sur la gestion de la RIVP. Malheureusement, si l'on ne peut que se féliciter qu'un corps de contrôle indépendant procède aux vérifications qui s'imposent, on regrettera le caractère tardif de cette saisine qui ne permettra pas aux citoyens d'être renseignés avant la date du scrutin municipal.

Compte tenu de l'importance de la problématique du logement aux yeux des Parisiens, il est particulièrement dommageable qu'ils ne puissent pas voter aux élections municipales en sachant exactement à quoi s'en tenir quant à la moralisation de l'attribution des HLM.

Mardi 15 Janvier 2008
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