Grosse polémique sur le web ! Alors que la campagne des municipales démarre à peine, le magazine en ligne
iPol démontre que les figurants d'une vidéo de la Panaf' TV sont aussi des militants, avec un titre censé rappeler des temps que la droite veut croire révolus :
« Les faux électeurs de Panaf Tivi ».
Côté UMP, la réaction ne tarde pas : concerné au premier chef -et quelque peu ridiculisé- par la vidéo d'iPol, Vincent Roger, la tête de liste du 4ème arrondissement, dénonce un montage d'une « officine delanoesque », rappelant des « méthodes staliniennes ». Une réponse il est vrai un peu naïve et pas très percutante, mais pas de quoi fouetter un chat.
Mal lui en a pris ! Le maire sortant a immédiatement tapé sur les doigts de son jeune adversaire, à travers la diffusion -via la presse- d'une
lettre sévère sonnant comme une mise en demeure :
« je vous prie, dans les meilleurs délais, de veiller à rétracter publiquement ces accusations diffamatoires sur votre Blog et à en faire disparaître immédiatement les assertions incriminées ». Les lecteurs du Perroquet Libéré reconnaîtront leur cher maire à cette sensibilité à fleur de peau, cet autoritarisme et ce goût très prononcé pour les procédures judiciaires qui constituent sa touche personnelle. Une fois encore, le maire fouettard montre les dents.
La polémique paraît pourtant bien misérable.
Certes, iPol n'est pas une officine de l'Hôtel de Ville. Mais il faudrait être aveugle pour ne pas s'apercevoir de la différence de traitement assez nette entre Bertrand Delanoë et Françoise de Panafieu qui caratérise ce site internet. Cela a d'ailleurs été mis en évidence par le site d'Arrêt sur image (
cliquer ici).
Partenaire du quotidien
Libération, iPol se définit comme une « webTV ». Lancée en janvier 2007 à l'occasion des présidentielles, son équipe est composée d'une dizaine de journalistes et techniciens en provenance du monde des médias (Canal+, Paris Première, Reservoir Prod, Image et compagnie...). Son rédacteur en chef est Mathieu Maire du Poset, ancien webmaster du blog de Jack Lang et ancien rédacteur en chef de Désirs d'avenir, le site de campagne de Ségolène Royal.
Peut-on d'ailleurs reprocher à iPol son prisme partisan ? Assurément non : le canular un peu orienté est de bonne guerre sur le web et il contribue souvent à animer le débat qui s'enlise souvent dans un ronron formaté opposant des énarques de droite à des énarques de gauche. En outre, les reportage d'iPol sont de bonne qualité, s'appuyant sur un véritable professionalisme en matière de réalisation et empruntant ses codes au monde de la télé. A la rigueur peut-on reprocher à iPol un traitement trop people tenant à distance les sujets de fond ainsi que l'usage des ficelles les plus agaçantes de la télé, comme la voix off faussement éberluée.
On regrettera simplement pour sa crédibilité que le site iPol soit si discret sur son financement, lui qui n'offre aucun espace publicitaire. Ainsi, on apprend sur son site qu'il est adossé à une boite de production nommée Bubble, une SARL au capital de 5.000 euros (d'après nos recherches créée en 2007 et domiciliée rue du Sentier, dans le 2ème arrondissement), qui ne dispose pas de site web corporate. Impossible donc d'en savoir plus sur ses activités. Un de nos lecteurs nous a indiqué qu'il avait écrit à deux reprises à l'adresse contact d'iPol pour s'assurer de l'indépendance financière (et donc éditoriale) du site. Ses messages restent sans réponse à ce jour.