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Rencontre amicale au stade Jean Bouin

Le 13 décembre dernier, à l'occasion de l'inauguration du centre d'expertise du « Team Lagardère », Bertrand Delanoë a annoncé qu'un stade de rugby de 20 000 places serait construit d'ici 2012, sur le site de l'actuel stade Jean-Bouin (1), géré par son proche ami Arnaud Lagardère et accueillant l'équipe de rugby du Stade Français, conduite Max Guazzini, autre ami de Delanoë depuis les « années Dalida ».

Une annonce qui surprend tant par sa précipitation que par l'énorme gabegie qu'elle annonce…



Une étude exploratoire très formelle

(droits réservés)
(droits réservés)
Le 9 décembre, en effet, la mairie a lancé un marché pour une étude exploratoire sans doute complexe sur les montages financiers et juridiques envisageables pour la construction et l'exploitation du stade par un opérateur privé (cliquez ici). Quatre jours plus tard seulement, le maire annonce à la presse la construction de ce stade, comme si tous les problèmes de financement étaient par avance résolus !

Le projet est pourtant d'une ampleur considérable ! Comme en atteste le cahier des charges de la Ville (cliquez ici), qui prévoit la création des installations suivantes :

  • un stade dédié au rugby d'une jauge minimale de 20 000 places et de ses locaux annexes (vestiaires, billetterie, rangements, locaux stadiers...) ;
  • des locaux destinés au club résident comprenant le siège du club (250 m²), un centre médical (850 m²), les locaux vestiaires-accueil (420 m²), les locaux annexes (salon, salle presse de 960 m²) et les locaux de fonctionnement (1.460 m²) ;
  • des locaux à vocation commerciale avec liaison directe sur rue pour une surface de 5.400 m² ;
  • des locaux destinés à un club autre que le club résident (de qui s'agit-il ?), d'une surface totale de 4.570 m² et dont le financement pourra être assuré par le club attributaire ;
  • un espace de 2.000 m² destiné aux loges et locaux de convivialité ;
  • un parc de stationnement en sous-sol d'une capacité estimée à 200 places mais pouvant être augmentée.

Nul doute que les Verts seront les premiers à s'élever contre ce bétonnage supplémentaire de la ceinture verte de Paris…

Le cahier des charges indique par ailleurs que Le Stade Français s'engagerait à y jouer l'ensemble des matchs du TOP 14 à domicile ainsi que tous les matches de poules de HCUP à domicile, soit environ 16 matches par saison. Bonne nouvelle pour les riverains, qui devront supporter des nuisances supplémentaires à celles déjà subies du Parc des Princes, voisin immédiat du futur stade de rugby (les 2 stades ne seront séparés que par une petite rue).

Des solutions alternatives un peu vite écartées

Plus grave est la gabegie qu'annonce un tel projet : des investissements colossaux pour une quinzaine de matches par an… Pourtant, près de dix stades ont été créés à Paris depuis 1977 et les matches de rugby importants du Stade Français sont régulièrement délocalisés au Stade de France (2), au Parc des Princes ou au Stade Sébastien-Charléty (13ème arrondissement), ces deux derniers grands stades appartenant à la Ville de Paris.

De l'avis d'un grand nombre de connaisseurs, le Stade Charléty est particulièrement adapté au rugby. Construit entre 1991 et 1994 par les architectes Henri et Bruno Gaudin, il comporte un grand stade d'une capacité de 20.000 spectateurs sur gradins couverts pour la pratique de sports collectifs majeurs et notamment le rugby sous ses différentes formes (équipes de 7, 13 ou 15 joueurs). Ce stade est par ailleurs desservi, depuis peu, par le beau tramway de Bertrand Delanoë !

Rappelons que la construction du stade Charléty a coûté 750.000.000 F (3) à l'époque de sa construction, ce qui permet d'évaluer à 142.000.000 € le coût possible de la reconstruction du stade Jean-Bouin, d'une capacité identique… Soit la construction de plusieurs centaines de logements sociaux et de plusieurs dizaines de crèches.

Un constat d'autant plus sévère que, plus de 10 ans après sa livraison, le stade Sébastien-Charléty peine à trouver un rythme de croisière et connaît toujours des difficultés d'exploitation.

L'utiliser plus régulièrement pour les matches de rugby disputés par le Stade Français améliorerait à coup sûr le bilan d'exploitation de ce stade et pourrait diminuer d'autant les compensations financières versées par la Ville de Paris à l'actuel exploitant.

Mais ce n'est certainement pas l'avis d'Arnaud Lagardère, ni celui de Max Guazzini…

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(1) Dépêche AFP du 13 décembre 2005

(2) L'équipe de Max Guazzini a d'ailleurs pris goût à la fréquentation du Stade de France qui permet d'organiser de somptueuses fêtes rassemblant près de 80.000 spectateurs ; bénéfice de chacun de ces matches, selon Le Parisien (6 mars 2006) : 550.000 euros

(3) Coût cité par Serge BLISKO, Maire du 13ème arrondissement lors du CONSEIL D'ARRONDISSEMENT DU 25 NOVEMBRE 2002 (lire le compte-rendu)


Mercredi 08 Mars 2006
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