Il importe par ailleurs de s'interroger sur le sérieux de l'étude des dossiers de subventions par les services de la Ville de Paris.
En effet, dans son argumentaire à l'attention des élus du Conseil de Paris (
cliquer ici), le maire de Paris explique que Cineffable, présentée comme une association ayant pour objet de
"lutter contre toute forme de sexisme" (on a vu ce qu'il faut penser de ce voeu pieux...), organise non seulement son festival
"réservé aux femmes" à l'automne mais aussi une session mixte au printemps, le
"Best Of Mixte".
"Ces festivals sont de fait indissociables et l'association entend les reconduire en 2007" se réjouit ainsi le maire de Paris. Ouf ! Les apparences sont sauves.
Or, si Bertrand Delanoë s'était vraiment penché sur le dossier de Cineffable, il aurait vu que la session mixte a justement été abandonnée cette année, pour cause de fréquentation insuffisante. C'est du moins ce qu'expliquent les organisatrices sur leur site :
"Le célèbre Best Of Mixte (BOM) ne sera pas cette année. Pourquoi ?
Cet évènement, créé il y a plus de 10 ans par des cineffabuleuses passionnées, a rassemblé des milliers de lesbiennes accompagnées de leurs amis. Non seulement ces trois jours permettaient de revoir le meilleur de la programmation du festival d'octobre mais aussi de créer des évènements spéciaux : la nuit du cinéma lesbien qui fait peur (« Ca va trancher dans les brushings ! »), la nuit culte (« Gouine night is falling ! »), la nuit anniversaire (« 10 ans 10 films ! »), l'invitation de réalisatrices françaises et étrangères, la présence des représentantes de la mairie de Paris (nous n'oublierons jamais Clémentine Autain, s'exclamant le bras levé : « Vive la culture lesbienne ! ») , des avant-premières remarquables (The Girl de S. Zeig et M. Wittig)…
Malheureusement après un pic de fréquentation à 1400 personnes, le BOM n'a cessé de voir décroître ses ferventes admiratrices jusqu'à moins de 400 spectatrices. A cela, l'équipe a tenté d'avancer plusieurs raisons.
Tout d'abord les sorties DVD. Nous notons depuis quelques années une concomitance entre les sorties DVD et le festival d'octobre. En juin, le DVD d'un film tout public est en librairie depuis 8 mois. Or, c'est justement ces films qui nous permettaient d'attirer les festivalières pour découvrir, en plus, des films d'auteures ou des documentaires qui eux, n'auront pas la chance de sortir en DVD.
Ensuite, les fortes chaleurs des dernières années n'ont pas poussé les lesbiennes à rechercher la fraîcheur de la climatisation d'une salle de cinéma mais plutôt celle des parcs, jardins et fontaines.
Alors pesant le coût en énergie lesbienne et le coût financier, nous avons décidé d'arrêter cet évènement devenu déficitaire. Ce qui ne veut pas dire que Cineffable ne sera pas présente aux alentours de la fierté lesbienne, mais peut-être d'une autre manière… En tout cas nous espérons que vous vous souviendrez longtemps de ce mini festival et que vous y avez trouvé beaucoup de bonheur…
A bientôt pour une autre aventure..."
Puisque Bertrand Delanoë semble ignorer l'adresse du site internet de Cineffable, c'est en ligne
ici !
Si la mairie de Paris tient à soutenir des extrémistes du mouvement homo bafouant le principe d'égalité, elle devrait au moins revoir à la baisse cette subvention dans la mesure où le périmètre de la manifestation financée a été sensiblement réduit d'une année sur l'autre. S'agissant d'argent public, ce serait quand même la moindre des choses !
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