Le Perroquet Libéré

"Je vous demande d'être des citoyens actifs et de nous dire ce qui ne va pas" (Bertrand Delanoë)

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Tout sauf Panafieu ?

Pour les autres candidats aux primaires de l'UMP comme pour Delanoë, l'homme à abattre est une femme.



La femme à abattre (droits réservés)
La femme à abattre (droits réservés)
Qui affrontera Bertrand Delanoë en 2008 ?

Les adhérents de l'UMP doivent choisir leur candidat pour les municipales parmi quatre challengers : Françoise de Panafieu, Claude Goasguen, Pierre Lellouche et Jean Tibéri. Avec ces primaires, il s'agissait officiellement de susciter un vrai débat d'idées et une saine émulation afin de choisir le meilleur candidat. face à Delanoë.

Pour ce qui est du débat d'idées, on ne peut pas dire que les candidats ont rivalisé d'originalité. Partie plus vite et plus fort, Françoise de Panafieu a donné le la. Ses formules comme "le Paris d'Amélie Poulain", ce Paris sous cloche digne d'un décor de cinéma qui se dessine aujourd'hui, ou "le Paris des aidés et des aisés", qui rejette les classes moyennes au-delà du périphérique, ont été reprises sans vergogne par ses concurrents. De même, sur la forme, on ne peut que constater que le plan média de Françoise de Panafieu a été pompé par les autres. Elle sort un livre, ils sortent un livre. Elle passe chez Ardisson, Pierre Lellouche se précipite chez Ardisson. Elle fait une apparition remarquée dans l'émission télévisée de Ruquier, Lellouche et Goasguen foncent chez Ruquier...

Pour ce qui est de l'émulation, la concurrence vire au règlement de comptes. Vexés de se voir largement distancés dans les sondages (62% d'opinions favorables pour Panafieu, contre 37% à Lellouche et Tibéri, Goasguen étant relégué loin derrière), les adversaires de Panafieu semblent s'être donné le mot pour multiplier les attaques personnelles à son égard. Claude Goasguen s'est fait siffler pour une remarque sexiste pendant un débat devant les militants de l'UMP. Pierre Lellouche l'a attaquée sur ses origines sociales : une aristophobie indigne de ce champion de la lutte contre l'antisémitisme qui semble avoir oublié que les nobles et les juifs ont en commun d'avoir été persécutés au seul motif de leur naissance... Et que dire du gonflement spectaculaire du nombre d'adhérents de l'UMP Paris dénoncé par les soutiens de Françoise de Panafieu qui craignent des magouilles destinées à lui faire barrage le jour du vote ?

Intéressé au premier chef par les primaires parisiennes (qu'il utilise comme un rodage d'une méthode de désignation du candidat de l'UMP en vue d'une autre échéance, en 2007...), Nicolas Sarkozy a irrité les autres challengers en cachant mal sa préférence pour Françoise de Panafieu. Mais, surtout, Françoise de Panafieu a déjà été désignée comme la meilleure candidate face à Delanoë par... Delanoë lui-même ! En effet, sortant de la réserve qu'il observait jusqu'à présent à l'égard de ses opposants, Bertrand Delanoë a ciblé ses attaques sur le maire du 17ème en polémiquant sur les projets d'aménagement des Batignolles, en discutant ses chiffres sur le déclin touristique de Paris ou en critiquant son livre Mon Paris gagnant. L'adoubement de Françoise de Panafieu par Bertrand Delanoë vaut toutes les primaires. Car le maire de Paris, conscient des ratés de son action (logement, circulation, emploi, pour ne citer que les plus spectaculaires) et des limites de sa communication (axée sur le festif et les bons sentiments), a bien vu le danger que pouvait représenter Françoise de Panafieu pour sa réelection. En 2008, la nouveauté et la modernité (abusivement associée au féminin dans les médias), seront davantage du côté de Françoise de Panafieu que de celui de Bertrand Delanoë.

Le capital sympathie et les sondages flatteurs de Françoise de Panafieu ne permettent pas de préjuger du résultat du vote des militants, d'autant plus incertain qu'il se jouera entre quelques milliers d'électeurs seulement (moins de 10.000 adhérents de l'UMP pouvaient prétendre voter selon un décompte effectuée début février). Jean Tibéri peut compter sur de fidèles soutiens dans le parti, de même que Claude Goasguen, ex-UDF qui peut bénéficier d'une dispersion des suffrages des anciens du RPR entre les trois autres candidats, tous héritiers du parti gaulliste.

Les scrutins militants ne sont pas la garantie du choix du meilleur candidat et le syndrome Lipietz (candidat choisi par les militants Verts pour la présidentielle de 2002 avant d'être remplacé par Noël Mamère après des sondages catastrophiques) pourrait frapper l'UMP parisienne. Un vote trop influencé par les luttes de courants favoriserait ainsi un apparatchik et donnerait au final un mauvais candidat incapable de rassembler au-delà de son parti et immédiatement sanctionné par les sondages.

La stratégie du "Tout sauf Panafieu" qui semble guider la troika des autres candidats aux primaires de l'UMP est surtout celle de Bertrand Delanoë. De quoi se demander si, en choisissant un autre candidat que Françoise de Panafieu, la droite parisienne ne perdrait pas les municipales de 2008... dès 2006 !

Lundi 13 Février 2006
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