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Tramway des Maréchaux : un bilan 'fortement négatif' selon un rapport d'universitaires


Dans une étude qui vient d'être rendue publique, trois universitaires spécialistes des transports dressent un bilan sévère de l'installation du tramway des Maréchaux, décidée sous Jean Tibéri et réalisée à grand renfort de communication par Bertrand Delanoë.

Sa mise en service n'aurait engendré aucun report de la voiture vers les transports en commun. Pire, elle aurait fortement aggravé la congestion de la circulation automobile sur le périphérique. Ce faisant, elle aurait contribué à une augmentation sensible des rejets de CO2.

La dimension strictement parisienne du projet associée au choix idéologique du boulevard des Maréchaux - pour prendre de la place à la voiture - a un coût, estimé par le rapport à 900 M €.



Tramway des Maréchaux : un bilan 'fortement négatif' selon un rapport d'universitaires
Trois chercheurs, les Professeurs Prud'homme (Paris XII), Kop (Paris I) et le doctorant Koning (Paris I), ont effectué une recherche sur le tramway des Maréchaux ouvert il y a un an entre Ivry et Garigliano. Cette recherche s'appuie notamment sur une enquête auprès de 1000 usagers du tramway.

Parmi les principales conclusions de ce travail scientifique et indépendant :

  • Le tramway a représenté un investissement de 315 millions d'euros financé sur fonds publics. Il augmente donc les impôts -ou la dette publique- de ce montant.

  • Le tramway n'a pratiquement pas entraîné de report modal. Seulement 2,6% des usagers du tramway étaient préalablement des usagers de la voiture. Le tramway a réduit le nombre de déplacements en voiture dans Paris de moins de 1/1.000

  • Le tramway (et les rétrécissements de voies qui l'ont accompagné) a diminué de 40% les déplacements automobiles sur les boulevards des Maréchaux. Pour l'essentiel, les automobilistes ainsi évincés se sont reportés sur le boulevard périphérique adjacent. Le trafic a en effet augmenté bien davantage sur la partie Ivry-Garigliano du périphérique que sur le reste du périphérique.

  • Le tramway a engendré des gains pour les usagers du tramway, qui en sont satisfaits : des gains de temps (4 M €/an) ; de confort, difficiles à estimer (4 M €) ; ainsi qu'un gain de décongestion du métro, encore plus difficile à estimer (4 M € également).

  • Le tramway a entraîné des pertes de temps pour les automobilistes qui continuent d'utiliser les Maréchaux et qui roulent moins vite (-7 M €), pour ceux qui rentrent dans Paris et doivent s'arrêter pour laisser passer le tramway (-2 M €), et surtout pour les usagers du périphérique. Le périphérique est en effet une voie souvent congestionnée et l'augmentation du nombre de véhicules entraîne des ralentissements qui font perdre du temps (peu) à tous les utilisateurs (nombreux) du périphérique. Les calculs effectués font apparaître un coût important à ce titre (-33 M €).

  • Le tramway a contribué à augmenter les rejets de CO2 à Paris. Les rejets de CO2 au km augmentent lorsque la vitesse diminue. D'un côté, le tramway engendre une diminution des rejets de CO2 du fait du remplacement des autobus au gazole par un tramway à l'électricité, et du faible transfert modal. D'un autre côté, il engendre une augmentation des rejets de CO2 du fait de la réduction de la vitesse des voitures qui continuent d'utiliser les Maréchaux, de l'allongement des parcours des véhicules qui se sont reportés sur le périphérique, et surtout du fait du ralentissement (faible) de tous les véhicules (nombreux) qui utilisent le périphérique. Au total, le tramway augmente les rejets de CO2 d'un peu plus de 3.000 tonnes par an.

  • Au total, le solde des gains et des pertes sociales annuelles engendrés par le tramway est négatif (-28 M € par an). En termes d'utilité économique, sociale et environnementale, l'investissement initial ne sera donc jamais récupéré. La somme actualisée (à 4%, sur 30 ans) des gains et des coûts, y compris le coût d'investissement, s'établit à près de -900 M €. Ce petit milliard peut être considéré comme une mesure du gaspillage que représente le tramway.

En termes d'économie politique cependant, le projet est probablement intéressant pour la municipalité de Paris. Les principaux bénéficiaires sont les usagers du tramway, qui sont majoritairement des Parisiens, c'est-à-dire des électeurs. Les coûts sont pour les automobilistes, qui sont principalement des banlieusards, et qui ne votent pas à Paris. Le bilan environnemental est négatif, mais est discret : les voitures en moins sur les boulevards des Maréchaux se remarquent davantage que les voitures en plus sur le boulevard périphérique. Il n'est donc pas surprenant que le projet ait eu, et garde, la faveur d'à peu près tous les élus de Paris. Cette opposition entre l'intérêt de la partie (Paris) et du tout (l'agglomération) éclaire les débats actuels sur l'utilité d'un « Grand Paris ».



Pour lire l'intégralité du rapport, cliquez ici



Les chercheurs

Rémy Prud'homme
Après des études à HEC et à Harvard, Rémy Prud'homme est devenu Professeur d'économie. Il a longtemps enseigné à l'Université Paris XII (Institut d'Urbanisme de Paris), où il est maintenant professeur émérite), et à de nombreuses reprises au MIT. Il a aussi été directeur-adjoint de l'environnement à l'OCDE, et travaillé comme consultant pour la plupart des grandes organisations internationales, notamment la Banque Mondiale. Ses travaux ont principalement porté sur les finances publiques et sur les transports. Il a, avec Michel Didier, rédigé le récent rapport du Conseil d'Analyse Economique sur Infrastructure de transports, mobilité et croissance .

Pierre Kopp
A suivi ses études à Panthéon-Sorbonne où il est maintenant professeur et directeur du master d'économie publique. Il a travaillé comme consultant pour de nombreuses institutions internationales dont la Banque Mondiale. Il a publié de nombreux articles consacrés à différentes facettes de l'intervention publique, aussi bien dans le domaine des transports que de celui des politiques de Défense nationale ou de lutte contre les drogues illégales.

Martin Koenig
A fait une maîtrise et un DEA d'économie à l'Université Paris I. Bénéficiaire d'une allocation de recherche, il travaille actuellement à une thèse consacrée à l'économie des transports urbains.

Mercredi 23 Janvier 2008
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1. Posté par Romain le 24/01/2008 10:21
Etant économiste du transport (et ancien étudiant de M. Kopp), je ne peux pas laisser cet article sans faire une remarque de bon sens que cette enquête occulte.

Si on suit le raisonnement de ces 3 chercheurs, il est probable que l'on aurait jamais construit le métro parisien. Comment imaginer du report modal sur un délais aussi court ? C'est impensable ! Il faut généralement plusieurs années pour que l'on puisse obtenir un report significatif (changement de comportement et réorganisation spatiale). Il est étrange que ce rapport ne parle absolument pas de ce point là et se limite à une analyse statique.

Avec une telle logique, il est certain que l'on aurait jamais construit le métro parisien car son coût aurait paru astronomique au regard des bénéfices directs. Pourtant, un siècle plus tard, la ville de Paris vit à son rythme.

Enfin, on peut évidement se poser des questions sur l'étrange coïncidence entre la parution de cette étude et les élections municipales...

2. Posté par Vassia Karabelias le 24/01/2008 11:12
Merci pour la communication de ce rapport, qui vient appuyer toutes les analyses rationelles du passé, et nos theses de toujours - à nous, riverains des Bds des Maréchaux qui avons lutté contre et voté à 91% CONTRE ce projet et POUR la réhabilitation de la Petite Ceinture ferroviaire..A savoir lutté contre la destruction de nos quartiers, de leur urbanisme, de leur tissu social et de leur cadre de vie ( nous n'oublions pas les 700 platanes centenaires qui bordaient nos boulevards, abattus par les ''écologistes'' autour de Mr.Baupin et de ses ''verts''pour etre remplacés par du ciment ). Pourvu que la catastrophe n'aille pas plus loin..

3. Posté par Raglouf le 24/01/2008 11:13
Pour ma part, je suis enfin content que l'on reconnaisse le rendement médiocre d'un tel investissment. Le tramway c'est sympa mais les maréchaux ne le sont pas. En voiture, nous sommes bloqués par les feux incessants, en 2 roues on ne passe plus entre les voitures, en vélo on a pas tous 18-35 ans et à pied, ca reste les maréchaux....

Résultat au lieu d'investir dans un métrophérique plus tôt pour désengorger Paris et les parisiens (oui j'en suis), on nous a baladés et imposé une sombre m***** et je pèse mes môts.

Vive les transports à Paris mais pitié à pas à ce rapport.

A bon entendeur

4. Posté par Thomas ZLowodzki le 24/01/2008 12:19
Merci de la communication de ce rapport.

Cela illustre bien la politique-communication de Delanoë. De l'affichage, mais pas de réel souci pour l'intérêt général, encore plus quand ce ne sont pas ses élécteurs.

Une remarque : il me semble que si le principe du tramway avait été décidé sous Tibéri, la localisation n'était pas encore fixée. J'en ai discuté encore récemment avec un Conseiller de Paris UMP qui me disait qu'il aurait souhaité que ce tramway puisse s'appuyer sur le tracé de "la petite ceinture" (ancienne voie ferrée)...

Cordialement

http://thomaszlowodzki.hautetfort.com/


http://thomaszlowodzki.hautetfort.com/

5. Posté par Rémy Prud'homme le 24/01/2008 12:46
Réponse à Romain (1er commentaire), qui pose une question sur" l'étrange coïncidence entre la parution de cette étude et les élections municipales...”. Premièrement, il aurait été difficile de faire paraître, et donc d'avoir fait, ce travail avant la mise en service du tramway - qui est intervenue quatorze mois avant ces élections. Nous avons fait notre travail d'analyse en une douzaine de mois, ce qui n'est pas si mal, compte-tenu du fait que nous le faisions à nos moments perdus (puisque nous n'avions aucun financement), qu'il fallait laisser passer quelque mois pour effacer l'effet de démarrage, que nous avons effectué une enquête originale, et que certaines des données utilisées n'ont pas été très faciles à obtenir. Deuxièmement, la question insinue, sournoisement, que nous roulons pour un parti. Cette insinuation calomnieuse est absurde : le tramway a été décidé par un parti et réalisé par un autre, et sa prolongation est voulue par les deux partis. Difficile d'imaginer un investissement aussi peu partisan. Nous ne travaillons que pour la vérité et pour les citoyens, pour ceux de la banlieue comme pour ceux de la ville de Paris.

6. Posté par Patois le 24/01/2008 13:01
Hé bien je ne suis pas économiste, mais j'attends encore une étude comparative entre une ligne de bus au gaz naturel et un tramway.
Quels sont les intérêts, notamment financier pour installer un tramway, dont il ne sera pas possible de modifier le parcours ou de l'allonger sans un coût très important?
315 millions d'euros pour combien de kilomètres?
Le lobby Vert fait des ravages..!


7. Posté par le gargaillou le 24/01/2008 14:22
Ce rapport démontre que dans une agglomération telle que la région de Paris, le tramway n'est pas une solution lorsqu'il prend une place déjà utilisée par d'autres moyens de transport. Ce qui conforte l'erreur fondamentale commise quand la décision a été prise de le construire sur les Bd des Maréchaux au lieu de rénover la Petite ceinture qui, il faut le rappeler est toujours en friche. Quel gachis !! C'est l'organisation Delanoé qui a décidé de ne pas l'utiliser et la précédente municipalité.
Le contre exemple est le T2 qui en empruntant des voies ferrées existantes est un succès qui n'a fait que diminuer les émissions de CO2 a) car il n'a pas ralenti la circulation alentour b) il a engendré un report progressif vers un transport en commun.

Dans la même ligne, un métro souterrain est une infrastructure de long terme qui n'a pratiquement aucun impact sur l'environnement et qui génère un report progressif et irréversible venant des autres modes de transport. Malheureusement, c'est un investissement beaucoup plus lourd qui demande du courage et une vision notamment de la part des politiques. Il est tout à fait regrettable que l'investissement (notamment en logiciel) réalisé pour la ligne 14 n'a toujours pas après 10 ans été transféré à d'autres ligne, que le nombre de métros sur pneu stagne également depuis 10 ans et que rien n'est fait pour traiter la question de la ligne 13 saturée de longue date.
Le tramway est un système court-termiste et à la mode et qui a déjà été éliminé des voies parisiennes dans le passé. On peut pronostiquer que le même sort adviendra au T3 dans quelques années.

8. Posté par Romain le 24/01/2008 14:23
Monsieur Prud'homme,

Je prends acte de votre réponse.
Mon doute persiste néanmoins car pour moi l'erreur est grossière. Cette étude repose en grande partie sur des données prises à un instant t et on suppose que cela se poursuivra année après année... En matière de transport, c'est une ineptie !
Je travaille dans le transport de marchandise, c'est sans doute différent du passager mais je ne pense pas me tromper en affirmant qu'une modification de l'offre de transport finira par changer l'organisation urbaine autour du tramway. Pour être un peu plus concret, les futurs riverains de la ligne effectueront leur choix de localisation avec cette nouvelle donnée (si certain ne l'avait pas déjà anticipé). Les gains sont alors difficile à estimer et se répartissent sur du très long terme (et certainement pas sur la 1ère année).
Pour avoir récemment travaillé sur un cas de report modal dans le transport de marchandises, on évaluait un report progressif sur 5 ans !
Cette absence de prise en compte temporelle dans votre conclusion (pas un mot à ce sujet !) me rend dubitatif.

9. Posté par Paul Dreyfus le 24/01/2008 14:41
Je pense, Romain, que la problématique est ici très spécifique. Comment attendre, à terme, un report de la voiture vers le tramway quand une part très importante des déplacements en voiture sont des déplacements banlieue-banlieue ? Le tram' n'est-il pas, quelque-part, une réponse strictement parisienne à un problème régional ? Votre comparaison avec le métro est mauvaise. Il y avait à l'époque une réelle innovation, avec un mode de transport qui faisait gagner du temps. Notons ici que le tramway ne fait que remplacer le bus PC sans apporter autre chose qu'un confort et une vitesse de trajet TRES relativement supérieure. L'avenir est aux modes de transport régionaux, rapides, voire souterrains.

10. Posté par Pernety le 24/01/2008 16:01
... remarque subsidiaire : combien de personnes paient quand ils prennent ce tramway ? Si son tracé avait emprunté l'ancienne petite ceinture, il y avait des gares, donc des passages à péage ! Mais peu importe, le nombre d'électeurs favotables à une certaine politique (Solidarité ... Aides multiples et variées ... Mixité sociale) augmente avec le nombre de fraudeurs et de profiteurs !!! En revanche, les éternels imbéciles qui paient leur titre de transport verront le prix de ce dernier augmenter en cours d'année. Eh oui, il faut bien compenser le manque à gagner pour la RATP !!!

11. Posté par Suzanne le 24/01/2008 16:55
J'ai vecu dans deux villes de tramway aux USA, Pittburgh et Boston. Comme nous étions heureux de se débarrasser des trams à Pittsburgh, quel pollueur visuel! Des fils partout, des rails impossible à naviger! Une horreur! Quelle bonheur le jour ou ils les on supprimés! A Boston, c'est le grand diviseur de la ville, un destructeur de quartiers, une sorte de mur qui détruit et divise. Bientôt, la Ville de Paris se rendra compte que l'environment autour du tramway est dangereux. (il faut tuer quelques piétons, d'abord) Comme à Boston, on a construit des barrières les long des rails entre les arrêts, pour empêcher les pietons de traverser. C'est d'une laideur inimaginable! Les grillages, le béton, le long des lignes du tramway qui gachent la vue sont une catastrophe esthétique. Le tramway le long de la Seine à Issy les Moulineaux est également un scandale. Les bords de la Seine font partie du patrimoine mondial et on ne trouve pas mieux que de coller des rails qui empêche l'accès aux bords de Seine! Décidément, les hommes politiques sont tombés sur la tête.. Le tramway est inefficace et laid. Cela donne une satisfaction aux hommes politques et aux écolos, et c'est tout. Le bon vieux métro....qu'est-ce qu'on a contre le métro??? Cela coût plus cher, eh alors....doit-on subir la pollution visuelle de ces tramways monstrueux pour donner satisfaction à des hommes politques qui cherchent à tout prix à plaire aux écolos? Les tramways sont une horreur! Débarassez nous de tout ça! (il y a quelques années, on n'a pas trouvé mieux à faire que de supprimer le petit train....alors, pourquoi? On ne sait pas...trop pratique, peut-être?) Arrêtez les dégats maintenant de toute cette correction politique nauséabonde et contruisez des métros. Voilà un systeme qui marche!
Suzanne Weinberg Architecte

12. Posté par Georges le 24/01/2008 21:04
2,6% de report voitures vers tramway. Donc rien. C'est au mieux la marge d'erreur du système d'appréciation.
http://de leur résultat

13. Posté par Rémy Prud'homme le 25/01/2008 10:03
Réponse à Romain (commentaire 8)

D'un point de vue théorique, l'objection est recevable. Pour faire une bonne analyse coûts-bénéfices, faudrait en effet en principe connaître, année après année sur trente ans, tous les coûts et tous les bénéfices engendrés par le tramway, ou plus exactement tous les coûts et tous les bénéfices associés à une évolution sans et avec tramway. Mais l'objection est stérile, car elle ne débouche sur rien. Personne ne peut décrire ainsi le futur, on ne peut donc pas faire d'analyse coûts-bénéfices, faisons confiance à nos préjugés.

D'un point de vue pratique, la question est de savoir si les simplifications – nécessaires – faites sont raisonnables ou non. Nous le pensons. Le remplacement du PC par le tramway introduit un changement si minime (un gain de temps et de confort réel mais très faible) qu'il n'est pas raisonnable de penser que ce changement puisse, à lui tout seul, induire d'importants changements de localisation. Même le rétrécissement des voies sur les Maréchaux, qui ne concerne en général qu'un morceau des trajets, induit surtout un détour par le périphérique, bien plus que des changements de trajets (même si à terme, il contribuera à augmenter les déplacements banlieue-banlieue au détriment des déplacements Paris-Paris, avec les augmentations de trajets et de CO2 que cela implique) et encore moins des changements de mode.

Les déplacements en voiture sont de 10 km, les déplacements en tramway de 2,5 km : ils ne sont guère substituables. L'exemple des autobus parisiens est édifiant. Lorsqu'on a supprimé des voies automobiles pour élargir les voies réservées aux bus, on nous a assez affirmé que cela allait, au bout d'un certain nombre d'années, entraîner un report modal massif. Ceux qui doutait, comme nous, étaient des méchants. Cinq ans après, on voit les résultats: selon les propres chiffres de la RATP, le trafic des bus, qui stagnait depuis 1997, a diminué d'année en année depuis 2002. En 2006 (derniers chiffres publics) il est en voyageurs*km égal à 91% de ce qu'il était en 2002. Soeur Anne, vois-tu venir le report modal ?

L'hypothèse que les chiffres calculés pour 2008 rendent assez bien compte du futur, toutes choses égales par ailleurs, n'est donc pas farfelue. De toutes façons, nous présentons des comptes pour 2008, en annualisant l'investissement. Il font apparaître pour 2008 un coût net des gains élevé. Pour transformer, pour d'autres années, ce coût net en un gain net, il faudrait des changements de comportements absolument considérables et tout à fait improbables. Il ne suffit pas de dire: d'autres scénarios sont possibles, donc le vôtre ne vaut rien, il faut aussi mettre sur la table ces autres scénarios, et voir leurs conséquences en termes de gains et de coûts. Essayez de le faire, vous verrez. Beaucoup des chiffres, à commencer par le plus important, le coût d'investissement, et à continuer par les gains des utilisateurs du tramway, ne changeront pas.

14. Posté par Dan le 25/01/2008 10:31
Petite rémarque basique: le tramway s'adresse uniquement à ceux qui empruntent son trajet actuel, disons en partant d'un terminus A pour arriver jusqu'au terminus B, stations intermédiaires comprises. Ainsi, la personne venant d'avant le terminus A ou bien se rendant au-delà du terminus B ne trouvera dans cette ligne de tramway qu'une solution partielle à son problème, elle se rabattra donc sur sa voiture. En d'autres mots, le tramway dans sa configuration actuelle - ligne unique, pas très longue, site choisi selon des critères plutôt de disponibilité, pas de véritables contraintes économiques car décision politique, etc. - n'est pas une solution alternative pour des personnes utilisant normalement leur voiture mais une nouvelle solution pour certaines personnes dont en bonne partie des personnes qui n'utilisent pas leur voiture: on ne s'adresse pas au même public, on a crée une solution, les besoins viendront après mais pas de la part de ceux qui étaient en principe visés cad les automobilistes.

15. Posté par michel le 25/01/2008 10:38

le pire étant que si vous voulez passer du métro par exemple porte d'italie au tramway vous devez payer un nouveau ticket !!! il est vrai que mr Beaupin ne se deplace que dans le 4 ou le3 arrondissement et que mr Delanoe s'interesse plus à sa residence de Bizerte .....
en tout cas je constate tous les jours que de la porte d'ivry à la porte d'italie on bouchonne sur 5 feux rouges et le tram !!!!
encore bravo aux intellectuels de la mairie de paris

16. Posté par HOULBRESQUE le 25/01/2008 15:15
Je suis très heureux que des universitaires aient osé faire une analyse des pour et des contre du tramway et surtout qu'ils l'aient publiée§ Car actuellement il n'est pas politiquement correct d'être contre le tramway.
J'habite Angers, ville qui n'a nul besoin d'un tram, mais dont le maire est de gauche. Résultat pour des raisons idéologiques autant que mégalomaniaques, il entraine la ville et l'agglomération dans des dépenses somptuaires d'une première ligne de tram, soi-disant pour des raisons "écologiques".
Si au moins cette étude pouvait arrêter une telle connerie?

17. Posté par el spirito le 25/01/2008 19:54
Le terminus (ou le départ) de ce tramway est tout à fait symbolique ...car il s'agit de France Télévision!!!

à croire que ce coûteux jouet,aussi inutile que génant n'a été construit que pour les usagers de la com!!!

N'espèrez pas qu'il se prolongera vers Auteuil et Passy....y'à des limites à la mixité socialetout de même!

18. Posté par transporté ..............par la colère: l"octroi rétabli à P le 27/01/2008 20:47
bravo pour l'analyse du rapport en question que que je partage totalement allant au boulot tous les jours depuis la banlieue vers Paris. De plus en plus infernal chaque jour! ! !.

Delanoé et ses affidés ont rétabli l'octroi aux portes de Paris et créé une nouvelle Bastille pour privilégiés qu'il faudra faire tomber,............ seuls ceux qui bossent peuvent penser ca. mais comme a PAris il y en a de moins en moins qui bossent, et qui doivent leur planque à la gauche , ca va etre dur de les déloger,.......


19. Posté par transporté ..............par la colère: l'octroi rétabli à P le 27/01/2008 20:49
résumé de la politique des transports à Paris:

L'OCTROI RETABLI A PARIS,........!

20. Posté par paul le 28/01/2008 07:45
Quelqu'un aurait-il l'adresse postale de Françoise de Panafieu ? Il faut lui envoyer cette étude en recommandé avec accusé de réception...

21. Posté par Julien le 29/01/2008 07:11
Cette étude prêche les convaincus ici.
D'ailleurs je passerai outre la dernière phrase de la réponse 17. Mais concernant la petite ceinture, bien que je sois totalement contre l'idée de transformer ce qui pourrait nous être utile, en coulée verte, je crois qu'une partie des rails à l'ouest et au sud est inutilisable.

22. Posté par Davidoff le 29/01/2008 14:07
Encore un débat animé, beaucoup d'automobilistes mécontents sur ces pages, mais peu d'utilisateurs du dit tramway. J'en suis un , et également ancien utilisateur de feu le pc, dont les voies, meme en site propre, étaient constamment envahies par des livreurs, dont la régularité était sujette à caution, et qui , non ce n'est pas de la préhistoire, n'était même pas un double bus en 1998... Alors, j'aimerais que les intervenants se mettent aussi à la place des usagers nombreux de cet arc des maréchaux, qui apprécient beaucoup de pouvoir se déplacer en un temps raisonnable, grâce à ce tracé et la priorité donné au tram aux feux, sans être bloqué par des automobilistes ne respectant pas le partage de la voierie.
L'offre étant présente, qu'attendent donc les automobilistes pour l'emprunter plutôt que prétendre gagner du temps en ne jouant pas l'intermodalité ? Le coût à payer me semble en réalité psychologique : je ne veux pas quitter ma voiture pour prendre un bus, un tram, un vélo, un métro car "c'est plus pratique de faire tout de bout en bout". Certes, quand ça roule ! Ce confort indéniable est malheureusement incompatible avec une politique visant à réduire la place de l'automobile pour la santé et l'environnement. En revanche, l'offre de transport actuelle et à venir (covoiturage, auto-partage, renforcement des TC, pistes cyclables tous azimuth) offre une alternative valable, celle choisie par une grande proportion de franciliens d'ailleurs !

23. Posté par Professeur Spaulding le 30/01/2008 17:04
Dès lors que la plupart des personnes se rendant à Paris pour leur travail ou pour leurs sorties habitent en banlieue, tout ce qui concerne la circulation à Paris (et pas que la circulation) ne peut être abordé sainement que du point de vue de l'ensemble Paris + Banlieue. Toute approche parisiano-parisienne des problèmes de circulation est absurde par construction, privilégie l'électorat inscrit à Paris, au mieux néglige les banlieusards, au pire, et c'est généralement le cas, les brime: tramway, Decaux obligé pour les vélos en banlieue, sens uniques anti visiteurs, etc. Cette situation perdurera tant que les responsables politiques de tous bords, en banlieue comme à Paris, préfèreront conserver le découpage actuel, parfaitement obsolète mais facilitant le clientélisme et procurant de nombreux et juteux mandats en tous genres. Aux municipales, ceux qui veulent que ça change voteront pour les candidats en faveur du remplacement de l'émiettage actuel par une structure de type Gross Paris.

24. Posté par XAVIER le 31/01/2008 14:55
La trique popu !
Cette politique de pervers (pères verts ?), clairement exprimée par au moins un de nos édiles : faire souffrir les automobilistes, n'est pas nouvelle. Je l'ai vécue en tant que cycliste parisien (premier vélo parisien parti à la redistribution sociale/iste (nb : volé) dans les années 80, automobiliste à mes rares heures) avec à titre d'exemples minimalistes tirés de mes seuls trajets habituels : il y a pas mal d'années la disparition d'un passage souterrain évitant un carrefour rive gauche en face du Louvre, la mise en place d'un sens interdit d'environ 10m rive droite qui empêche de revenir vers l'est par la rive droite sauf à prendre les voies hautes des berges (gloups ! prudence !), installation d'autoroutes à taxis (voies pour bus) selon des schémas délirants (le premier jour de mon passage matinal après l'ouverture de ladite autoroute à taxi en face d'Austerlitz, les pompiers ramassaient une crêpe humaine ( ?) sur la chaussée), depuis quelques semaines installation de panneaux pour limiter le passage des piétons qui traversent dans les clous à Austerlitz (à qui profite nos impôts ? y a t'il eut trop de morts ?), suppressions des voies de dégagement de bus (il faut doubler dans un flot de voitures) ou latérales pour tourner (queues de poissons des voitures qui tournent alors que je vais tout droit), suppression de voies de circulation (les bus se retrouvent coincés par les bennes à ordures…), modification des schémas de circulation avec maintenant passage obligatoire par des petites rues détournées au lieu de plus larges et directes (petites rues maintenant enfumées et embouteillées) où il n'y avait pratiquement personne avant, etc.
On peut penser que cette idéologie perverse, inconsciente pour être gentil, (consciente pour celui qui l'a exprimée) est à l'origine du choix des Maréchaux pour le tram au lieu de la reprise de la petite ceinture (même partielle : allez au sud de Londres utiliser le TramLink qui est en site propre –une ou deux voies sur un ancien trajet de train - sur une bonne partie de son trajet et qui fonce ! jamais le tram parisien ne le battra à la course sauf peut-être à installer un chasse-piéton ou chasse-voiture à l'avant – il n'y a plus ou pas encore de buffles à Paris !).
La haine de l'autre-omobiliste comme celle de classe, on ne se refait pas quand on veut faire l'homme nouveau. N'importe comment les études de marché électoral montrent que les vaches à lait à quatre roues ne sont pas les plus nombreuses à Paris.
Tout le monde à pied ou à vélo ou en transport des communs, ça fera plus de place pour les voitures officielles (circulant à vide pour justifier l'emploi des chauffeurs ?).
A vélo les arthritiques ! A vélo les artisans (en chine on transporte bien des billards sur des vélos !), à pied pépé, dans les escaliers du métro mémé !
Sont-ce les mêmes, partisans de la trique, qui viennent nous dire que la répression ne fonctionne pas ?
La trique vous dis je !
Xavier

http://pas.de.pub

25. Posté par DBL8 le 03/02/2008 09:56
Combien coutent, tout comprit la destruction des voies de circulations, constructions des rails et voitures de trams, ainsi que la fabrication et la pose des caténaires (poteaux compris)? Sans faire aucune allusion aux pots de vin sur la pose des rails. Rappelez-vous une émission de TV à ce sujet, ou un industriel disait et donnait la magouille sur les amortisseurs caoutchouc placé de chaque côté !
Combien auraient couté la fabrication de véhicules propulsés à l'électricité (bateries) ou au gaz ? Les voies de circulations peuvent être créées sans toutes les refaire, juste en posant des plots de délimitation de circulations. Mais voilà, des industrielles n'auraient pas trouvé leurs bonheurs (financier) dans ce choix, car à mon avis, c'est bien d'un choix pour faire leurs plaisirs plutôt que celui d'une facilité de transport !
Et que dire, c'est déjà évoqué avant dans un autre comm, des caténaires qui remplacent les cables d'EDF et télécom ? Pendant des années les verts (maintenant ils sont plus que murs, voire gâtés) ont grogné après ses cables, ceux actuels ne sont pas laids ?
Et dire qu'ils veulent mettre ses dits trams, en banlieue !
http://lesgrands-champs.over-blog.com

26. Posté par ' Drôle de Tram' le 04/02/2008 11:24
En étant d'accord avec ce qui précède (bravo pour le rapport!) Deux petits points:
- Ce tram fait partie du plan de Baupin de transformer 'Paris en un enfer pour les automobilistes'
- Accessoirement a servi à la creation d'oeuvres d'art complètement inutiles le long de son tracé (payées par le contribuable?....)

27. Posté par florito le 05/02/2008 10:56
Moi j'ai plusieurs questions à poser aux réalisateurs de ce rapport ainsi qu'aux personnes qui le soutiennent :
- comment quantifier financièrement la requalification urbaine des espaces publics ? les voiries qui ont été refaites ? les espaces piétons élargies ? l'engazonnement qui apporte : humidité dans un espace urbain qui en est dépourvu, rétention des eaux lors de fortes pluies ? comment quantifier l'apport de biodiversité liée à la végétalisation du parcours ?
- comment quantifier le fait que l'on puisse mettre son vélo dans le tram ? chose impossible dans le PC
- comment diminuer les gaz à effet de serre lié à l'automobile ? en surdimmensionnant les axes et en supprimant les bus et voies dédiées ? sachant que le parc automobile grandit chaque année et que la voirie est un espace fini ce serait absurde non ?... ou alors en incitant les automobilistes à de la modération quand on sait que 60 % des trajets font moins de 3 km ... et que les utilisateurs sont souvent seuls dans leur véhicule, le covoiturage serait peut-etre à développer non ? ça marche dans les grandes villes européennes et meme américaines pourquoi pas chez nous ? A moins que l'égoisme et le repli sur soi soit une réponse à toutes ces questions ...

28. Posté par T2Lover le 05/02/2008 23:52
Et le tramway T2 qui part de La Défense, dont le trajet pour l'amener à la Porte de Versailles était déjà prêt .(A peine un kilomètre à terminer) .. Ca aurait emmené des milliers de travailleurs à La Défense ... La Mairie de Pourri a fait pression pour que son trajet soit détourné.
Alors que c'est justement le genre de trajet qui encourage les automobilites à prendre les transports en commun. Je ne parle même pas des salons à la Porte de Versailles qui drainent des dizaines de milliers de personnes. Mais non, les salons professionnels n'intéressent pas nos Bobos - le travail, ça leur fait peur !

29. Posté par Jean Louis Husson le 15/02/2008 18:15
il faut tout de même rappeler que le tramway a des connections avec deux lignes de RER (B et C), 4 lignes de métro dont trois se prolongent en proche couronne (Ivy Montrouge, villejuif, Issy). Il ne peut donc être jugé "exclusivement parisien". il devrait faciliter les échanges Paris /banlieue et réciproquement (exemple , aller de Mairie d'Ivy à place Balard, ou même d'Issy les moulineaux à Ivry voire Vitry, d'autant que de nombreuses lignes de bus rejoignent aussi les Maréchaux, depuis et vers la banlieue. Même si le résultat est un bilan négatif sur le trés court terme on ne peut porter un jugement aussi définitif. Les comportements ne se modifient pas en un an et l'optimisation des trajets des individus et des reports intermodaux se fera progressivement ; l'équipe de Rémy Prud'homme, que je salue au passage, pourra envisager une nouvelle évaluation plus utile et probante dans 2 ou 3 ans !

30. Posté par g le 20/02/2008 23:11
tramway question simple a plusieurs centaines de millions d'euros,:

pourquoi alors qu'existe la petite ceinture autour de paris realisée entre 1850 et 1880, n'a t on pas utilisé un budget a reamenager et moderniser cette infrastructure qui fait le tour de paris(ce qui aurait couté beaucoup moins cher) plutot que de faire uniquement entre le 15e et le 13 eme un tramway pour probablement 4 à 10 fois plus cher au km?

il n'est pas inutile d'utiliser l'intelligence en politique!! c'est quelquefois mieux que la demagogie...

je n'ai trouvé nulle part la reponse a cette question d'efficacité dans la depense publique sur cet exemple qui ne semble pas interesser les parisiens a part qq uns dont je suis.

mais ce mal est general en france .....regardez le parlement ne se preoccupe pas de l'efficacité de nos depenses publiques...en particulier en matiere de depenses sociales qui explquent l'existence d'impots tels la csg crds qui auraient du etre supprimés en 2008 (dixit le texte de loi lors de leur creation)!!

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