C'est ce qui va transformer cette séquence en péripétie de la campagne municipale.
Relayée par de nombreux sites internet, la vidéo, va connaître une diffusion très rapide sur internet. C'est ce qu'on appelle le "buzz". Un terme à la mode qui tend à devenir un synonyme de lynchage. En effet, les sites qui ont accéléré la diffusion de la vidéo, ceux de
Guy Birenbaum et
Jean-Marc Morandini notamment, ont sonné l'hallali en insistant sur le caractère
"nauséabond" ou
"scandaleux", voire même
"antisémite" et
"homophobe", du contenu de la vidéo au moyen d'extraits d'une vidéo qui est elle-même un extrait d'une séquence plus longue. Le tout relayé par
"la blogosphère", concept aux contours flous qui désigne souvent un agrégat de prosateurs narcissiques et suiveurs prompts à faire passer le message de l'appel au meurtre virtuel par un simple copier-coller. Pas besoin de procéder à une analyse balancée et argumentée des fameux propos tenus dans cette vidéo, il suffit de hurler avec les loups. La messe est dite. Il s'agit non seulement de lyncher Yvan Stefanovitch pour ses propos mais aussi Jean-Marie Cavada pour son silence devant ces propos. On en est là dans la France d'aujourd'hui : on peut aussi bien être lynché pour ce que l'on dit et pour ce que l'on ne dit pas !
Le reste, c'est de la politique au sens pas noble du terme. C'est là qu'intervient quelqu'un comme Patrick Klugman, ancien président de l'UEJF devenu vice-président de SOS Racisme (associations qui biberonnent au lait des subventions de la Ville de Paris) et accessoirement candidat sur les listes Delanoë. Dans un bel élan de récupération politicienne, Patrick Klugman demande des
"excuses" à Jean-Marie Cavada pour n'avoir pas réagi aux propos d'Yvan Stefanovitch. La nouvelle génération politique de notre pays, ça promet !
Le plus pitoyable dans cette affaire, c'est sans doute la réaction de Jean-Marie Cavada. Soi-disant occupé à discuter avec sa voisine, une colistière dont il souligne le patronyme (
cliquer ici), le candidat UMP se défausse en prétendant qu'il n'a pas entendu les déclarations controverséees d'Yvan Stefanovitch. D'ailleurs, précise-t-il, s'il avait entendu de tels propos
"discriminatoires" (sic), il les aurait évidemment condamnés. Un bel exemple de lâcheté et d'irresponsabilité. Et ça veut être ministre...
Depuis, dans la presse et sur internet, on glose sur les capacités auditives de Cavada ou le supposé antisémitisme de Stefanovitch. En revanche, on ne lit nulle part le moindre commentaire au sujet de ce qui constituait sans doute le propos le plus intéressant dans les affirmations d'Yvan Stefanovitch : le fait que la mairie de Paris subventionnerait des crèches liées au mouvement Loubavitch exclusivement réservée à des enfants de confession juive. Est-ce que c'est vrai ? Est-ce que c'est bien ? Bertrand Delanoë serait-il donc aussi clientéliste que ses prédécesseurs ? Et quid de la laïcité sur laquelle Bertrand Delanoë fait justement la morale à Sarkozy ? Des questions intéressantes qu'il est pertinent de poser à l'occasion d'une campagne électorale. Pourtant, cela ne semble intéresser ni les candidats ni les journalistes ni ceux qui ont hurlé avec les loups après voir vu cette fameuse vidéo...
Reste que cet épisode en dit long sur le climat détestable de la campagne municipale.