Avec l'arrivée de Vélib je constate un certain nombre de problèmes graves, notamment en comparaison avec Lyon:
1) L'absence de réelle concertation sur l'implantation des stations, les abonnements coûteux (les tarifs lyonnais sont bien plus attractifs: 1h gratuite pour ceux qui prennent un abonnement annuel sur la carte de transports, même si l'on ne renouvelle pas l'abonnement de transports en commun), les vélos toujours aussi lourds. De même le tarif des heures supplémentaires est prohibitif à Paris, la pompe à vélo s'est transformée en matraque-pompe à fric.
2) Des emplacements de stationnement pour deux-roues et vélos ont été supprimés pour être remplacés par le système collectiviste, je trouve cela choquant. Il me choque moins de supprimer quelques places pour voitures ou de la place sur certains trottoirs très vastes, car le stationnement des vélos est assez compact, de plus à Lyon chaque vélo est emprunté 10 à 15 fois par jour si ma mémoire est bonne, ce qui fait un service rendu par mètre carré d'espace public occupé très satisfaisant, plus satisfaisant qu'une place pour voiture. De plus Vélib pourra remplacer l'usage de la voiture sur un certain nombre de trajets, même si ce ne sont que quelques % le gain existera et le bilan sur le stationnement ne devrait donc pas être négatif même si quelques places, aussi rares que possible j'espère, seront supprimées.
3) La voirie parisienne n'est toujours pas adaptée au vélo, sauf sur les axes les moins fréquentés. Les grandes places (République, Bastille, Concorde, Madeleine...) sont difficilement praticables pour les débutants et les pavages de certains secteurs notamment sont un réel danger. Des axes majeurs (boulevard Haussman, rue de Rivoli) ont leur bitume absolument défoncé dans les couloirs bus/vélos, ces couloirs étant en plus particulièrement pénibles notamment en heures de pointe, à cause de la circulation trop intense et des gros plots de feux rouges qui réduisent la largeur à chaque intersection, rendant les dépassements difficiles et dangereux. Nul doute que Vélib fera des morts à cause du manque d'entretien de la voirie et de l'absence d'un réseau cyclable cohérent (pas forcément de pistes dédiées au vélo, mais de voies adaptées à une pratique sûre)
4) Il semblerait que les plans des stations vélib ne seront même pas édités... Pratique quand on veut rejoindre un quartier que l'on ne connaît pas!
5) Autre problème, énorme, probablement le plus révélateur, la limitation de Vélib aux murailles de Paris, alors qu'il aurait été évident de mettre en place ce système avec des villes voisines qui font partie de la même aire urbaine. Par exemple un trajet de Paris 11e à Saint-Mandé ou Vincennes se fait très bien à vélo, le métro n'est pas toujours adapté à ce genre de trajets, mais pour cela il ne faudra pas compter sur Vélib. Le vélo est très pratique pour relier Paris et la petite couronne (sauf au niveau de certaines portes, Bagnolet par exemple), de même que les villes de petite couronne entre elles, là où les transports en commun sont si insuffisants. A Lyon, les villes de la communauté urbaine qui n'ont pas intégré le système Vélo'v le réclament aujourd'hui, mais "trop tard, les contrats sont signés"... Ce serait certainement une idée folle que de tirer des leçons de l'expérience lyonnaise, à Paris on reste dans les murs, les yeux rivés sur le calendrier électoral. Il ne manquerait plus que les Parisiens puissent s'ouvrir sur leur banlieue et découvrir comme la politique peut être meilleure dans une ville de droite !
On y sera, nous électeurs parisiens, au rendez-vous du calendrier électoral ! Et ça ne sera pas en faveur de ces dictateurs qui se sont emparés des clés de l'Hôtel de Ville pour faire subir à tous leur manque de vision.
Pierre B., 11e arrondissement