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Wi-fi gratuit : le principe de précaution doit être respecté jusqu'au bout, y compris en période électoraleLe dispositif « Paris Wi-Fi », mis en place par la mairie cet été, offre la possibilité de se connecter gratuitement à Internet sans fil, dans les parcs et jardins, mairies d'arrondissement, bibliothèques ou encore musées de la Ville de Paris. Lancé dans la précipitation à moins d'un an des élections municipales, ce dispositif a déjà du plomb dans l'aile, suite à la désactivation de plusieurs bornes dans des bibliothèques où des agents se plaignaient de maux de têtes et nausées. Alors que l'impact sur la santé des ondes Wi-Fi - de même fréquence que celles des fours micro-ondes - n'est pas encore connue de manière précise, notamment chez les enfants, Le Perroquet Libéré demande à la Ville d'aller au bout de son timide revirement en désactivant l'ensemble de ses bornes dans les parcs et jardins. Ainsi serait respecté le principe de précaution qui, depuis 2005, est inscrit dans la Constitution.
Le dispositif "Paris Wi-Fi" a été mis en place cet été par la Mairie de Paris et la Région Île de France. Près de 400 bornes ont progressivement été installées dans plus de 260 lieux municipaux (jardins, mairies, bibliothèques ou encore musées de la Ville – cliquer ici ), offrant la possibilité aux Parisiens de se connecter gratuitement à l'Internet sans fil haut débit.
En février 2007, à la suite d'un appel d'offres, c'est le duo SFR-Alcatel Lucent qui avait remporté le marché d'installation de ce dispositif, engendrant la grogne du concurrent France Telecom, pointant la concurrence déloyale entre les opérateurs et la Ville de Paris qui en résulterait (France Télécom a attaqué le 28 mars la mairie de Paris pour excès de pouvoir). Mais aujourd'hui, à la question juridique s'ajoute une vraie problématique de santé publique. Suite à l'installation des bornes Wi-Fi en septembre 2007 dans quatre bibliothèques parisiennes (Italie, Lancry, Vandamme et Faidherbe), une quarantaine d'agents ont manifesté de curieux symptomes : maux de têtes, vertiges, fatigue… Sur un effectif total de cent personnes, la proportion de personnes touchées dans les quatre bibliothèques concernées est importante : presque la moitié du personnel ! La Mairie a finalement déconnecté ces installations. Depuis, nombreux sont nos lecteurs qui, inquiets, nous interrogent sur cette épineuse question. Le Perroquet n'est certes pas un expert sur le sujet, mais des recherches sur quelques sites nous conduisent à relayer cette inquiétude. Officiellement, la technologie Wi-Fi ne pose pas de problème, en raison de son faible rayonnement (puissance dix fois moins importante que le téléphone portable). Pourtant, plusieurs collectifs de scientifiques indépendants montent au créneau (dont le CRIIREM de Michèle Rivasi, ancienne députée apparentée socialiste et ex-présidente de Greenpeace-France, connue surtout pour avoir dénoncé, la première, la fiction d'un nuage radioactif de Tchernobyl stoppé par les frontières françaises). D'abord parce que le Wi-Fi est une fréquence supplémentaire qui s'ajoute de manière permanente à une ambiance électromagnétique. Ensuite parce qu'il s'agit d'ondes pulsées, à la différences des ondes continues radio-télé. Enfin et surtout parce que la fréquence utilisée – la même que celle des micro-ondes -, a pour effet d'agiter les molécules d'eau, ce qui ne devrait pas être sans effets sur le corps humain, en majeure partie constitué d'eau… Côté puissance, les normes européennes sont 20 fois plus sévères pour les fours micro-ondes (seuil de sécurité de 5 mWatt pour les fuites de rayonnement) que la France ne l'est pour le Wi-Fi (100 mWatt représente le maximum autorisé pour les particuliers, mais qu'en est-il des bornes publiques ?). Or, si l'on en croit les observations de l'Institute of Electrical and Electronic Engineers' journal on Microwave Theory and Techniques, rapportées par le CRIIREM, l'énergie absorbée par un cerveau d'enfant de 5 ans est 1,5 fois supérieure à celle d'un cerveau d'adulte. A titre indicatif, les ondes de téléphone portable traversent intégralement le cerveau d'un enfant. C'est d'ailleurs pour cette raison que l'Allemagne et l'Autriche ont recommandé aux établissements scolaires d'éviter de recourir à la technologie Wi-Fi pour lui préférer des connexions filaires. Aussi et compte-tenu qu'un faisceau d'indices laisserait supposer que les cerveaux en développement des enfants pourraient réagir plus fortement à l'exposition aux rayonnements, Le Perroquet Libéré demande-t-il à la Mairie de Paris d'appliquer strictement le principe de précaution, désormais inscrit dans la Constitution, en déconnectant les bornes Wi-Fi des parcs et jardins. Il n'y a pas de raison que les petits Parisiens soient plus exposés aux risques que les enfants allemands ou autrichiens. On comprend que le Wi-Fi, avec les multiples possibilités qu'il offre, corresponde à l'utopie du jeune citadin libre de toute attache mais néanmoins connecté à la vie du monde, qui plaît tant au maire de Paris. Néanmoins, il nous semble plutôt sain de protéger les espaces verts où s'amusent nos enfants et où devrait être privilégiée l'harmonie avec la nature, des nouvelles technologies les moins utiles en de pareils endroits. Dans un jardin d'enfants, il n'est pas nécessaire de pouvoir se connecter sur Facebook ou de lire les actualités. Le développement durable, c'est aussi ce regard nécessaire sur le progrès qui permet de faire le tri entre ce qui est utile et ce qui ne l'est pas. Sur le sujet, lire aussi notre promenade virtuelle au Parc Monceau Lundi 10 Décembre 2007
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